Nous avons vu « Jésus »

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La fresque musicale « Jésus, de Nazareth à Jérusalem »* est jouée depuis le 17 octobre au Palais des Sports de Paris. Elle sera à l’affiche jusqu’au 31 décembre avant une tournée par plusieurs grandes villes comme Nantes, Marseille, Toulouse, Lyon… et Bruxelles.
Nous sommes allés la voir et avons aussi interrogé des personnes à la sortie.
Nous avons vu « Jésus »

Utile pour susciter des échanges

Est-ce vraiment le Jésus des évangiles? Je dirais que c'est une facette.
Cependant, le tout est assez fidèle aux textes bibliques. Avec toutefois quelques libertés d'interprétation que je n’ai pas trop aimées, mais qui sont de l'ordre du déjà-vu : un peu trop de rôle pour Marie la mère de Jésus par rapport à la sobriété des évangiles ou l'accent mis sur les sentiments amoureux que Marie-Madeleine aurait développés envers Jésus.
J'ai été choquée par le choix de personnifier les tentations de Jésus dans le désert par une horde de femmes qui dansaient autour de lui. Vraiment malvenu et sans lien avec la Bible.
Malgré ces maladresses, je salue le respect que Pascal Obispo semble avoir pour la Bible, Dieu, Jésus, les croyants et les non-croyants. Le spectacle est sobre et simple. Pour moi, c’est un bon tremplin pour amorcer une discussion.
Tsing Hung

Un titre qui tient ses promesses

C’est un spectacle qui est totalement axé autour de Jésus. Comme le précisait l’apôtre Paul, l’Évangile de Dieu « concerne son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur ».
Oui l’Évangile c’est la Bonne Nouvelle, et comme le dit le chant phare du spectacle : « La bonne nouvelle, c'est lui ». Suivre Jésus depuis Nazareth jusqu’à Jérusalem nous révèle sa sagesse, sa compassion, son étonnante capacité à changer la vie de ceux qui le rencontrent.
À son contact, la vie devient différente.
Pierre, André, Jacques et Jean quittent leurs filets de pêcheurs pour le suivre. Dans cette fresque musicale, Pierre l’exprime avec un chant touchant :
Toute ma vie j'avais routine, routine
Les pieds collés dans les filets, me lever, naviguer,
Pécher, me recoucher, j'étais comme ces poissons
Qui étouffent à l'air libre
Et voilà il arrive !
Deux mille ans après, combien de nos concitoyens étouffent et croulent sous le fardeau de l’existence ? Le spectacle nous montre une issue inattendue : oui « La bonne nouvelle, c'est lui ».
David Brown

Un nouveau commencement

Ce n’est pas tant le spectacle qui m’a impactée mais le fait que l’on parle de Jésus autour de moi, dans les médias, sur les réseaux sociaux. Voir le nom de Jésus en grosses lettres sur les affiches dans le métro m’a remplie de joie ! Jésus reste une figure centrale, incontournable, même de nos jours. Ce n’est pas Pascal Obispo qui me contredira, lui qui a composé tous les chants de cette comédie musicale grand public.
Peut-être le plus beau, celui que je retiendrai, au-delà du tube « La bonne nouvelle », c’est le chant de la fin qui propose « un nouveau commencement ».
Au fond c'est cela l’histoire de Jésus. Quand on pense qu’elle est finie, en fait, cela ne fait que commencer. Avec le choix de croire et de le suivre, ou de rester en retrait.
Peut-être d’autres que moi l’auront saisi en écoutant les paroles et se diront aussi que, désormais, « rien ne sera plus jamais comme avant » et ils se mettront à leur tour à vivre ce nouveau commencement.
Ce sera alors vraiment une bonne nouvelle !
Anne-Marie Delaugère

Joies et regrets

J’ai aimé

Le principe même de consacrer un spectacle à Jésus alors que la religion chrétienne fait face à l’indifférence ou est souvent moquée dans les médias.
Sa personne y est respectée. Ses paroles sont transcrites généralement avec une belle fidélité et ses titres de Messie et de Fils de Dieu sont bien mis en avant.
J’ai moi-même été ému par plusieurs scènes qui rapportent l’attitude de Jésus. Ému par son amour, fier d’être son disciple aujourd’hui.

J’aurais aimé

Une scène des évangiles où Jésus apparaît en tant que ressuscité après sa mort. Certes, sa résurrection est mentionnée mais seulement à travers des paroles rapportées par des femmes. On est témoin que la nouvelle déclenche la joie générale, mais le spectateur pourra toujours l’interpréter plus comme une invitation à ne jamais désespérer que par la victoire définitive de Jésus sur la mort.

Je reste sur ma faim

Bravo pour ce refrain : « La Bonne nouvelle, c’est lui » (Jésus). C’est une belle trouvaille portée par une mélodie qu’on a envie de chanter à la fin avec les acteurs. Mais comment interpréter la phrase qui suit : « La bonne nouvelle, c’est nous » ?
Oui, Jésus a bien dit à ses disciples qu’ils étaient la lumière du monde. Leur vie transformée est une bonne nouvelle pour ceux qui les entourent. Le problème, c’est que chacun est entraîné à chanter ce final du spectacle sans avoir été appelé à faire un choix de vie radical pour suivre Jésus. L’enthousiasme suscité par les émotions gomme le choix radical de vie que le Jésus ressuscité attend de ceux qui veulent le suivre aujourd’hui.
Ça ressemble à l’Évangile, ça a le goût de l’Évangile, mais ce n’est plus tout à fait l’Évangile.
Georges Mary

Il conforte les croyants mais n’est pas « évangélisateur »

Pour moi, c’est un spectacle agréable, fidèle dans les grandes lignes. J’ai été captivée mais pas « prise ». Il lui manque un « je ne sais quoi ».
Trop scénique peut-être ? On reste spectateur. Du coup, on ne se sent pas interpellé. Le message d’amour est passé mais il manque le souffle du Ressuscité !
Quand on écoute Pascal Obispo, il dit rester sur les impressions du catéchisme de son enfance. Il n’évoque nulle relation personnelle avec Jésus. On ne pourra donc pas lui reprocher de ne pas pouvoir transmettre ce qu’il n’a pas !
Restons sur le final : la Bonne Nouvelle, c’est Lui ! La Bonne Nouvelle, c’est nous !
Gisèle Fabre McAfee
Les tentations de Jésus, personnifiées entre autres par les danseuses qui l’assaillent, ne sont pas bibliques mais bigrement d’actualité quand on voit les blondes et les brunes en bande passante sur nos écrans qui nous demandent si on est célibataire.

Ils ont répondu à nos questions

Nous avons interrogé près de quarante personnes à la sortie du spectacle.
À leur très grande majorité, elles nous ont toutes répondu avec une grande gentillesse. Parfois individuellement, parfois à plusieurs, entre amis ou en famille.

Pourquoi êtes-vous venu voir ce spectacle ?

Les réponses ont généralement oscillé entre : « J’aime Jésus », « Je suis un aficionado de Pascal Obispo », « J’aime les comédies musicales », ou encore « On en parle autour de moi ».

Avez-vous aimé ?

Assez unanimement, toutes ont déclaré avoir passé un bon moment à revivre l’histoire de Jésus racontée sous la forme de tableaux évocateurs de quelques grandes scènes de sa vie terrestre. Dans ce qu’ils ont aimé, on trouve pêle-mêle : les chants magnifiquement interprétés, l’efficacité de la mise en scène, la sobriété des décors, les voix sublimes…
D’autres ont mentionné la longueur des transitions entre deux scènes qui ralentit le rythme ou encore les libertés prises par rapport au texte de l’Évangile.

Avez-vous appris quelque chose sur Jésus ?

Même si beaucoup ont déclaré ne rien avoir appris, pour la plupart, le spectacle a rendu les choses plus vivantes, plus palpables. Être immergé à l’époque de Jésus, le voir passer dans les allées en a ému plus d’un. On s’est approprié son message d’amour.

Pour vous qui est Jésus ?

Des réponses diverses : un grand homme, un pacificateur, quelqu’un qui est là-haut mais aussi le plus souvent quelqu’un que l’on perçoit comme un ami, un confident, un protecteur. Pour d’autres, pas de doute : il est le Fils de Dieu, leur sauveur et leur Seigneur. Ou encore le Messie qui apporte la Bonne nouvelle.

Est-ce que le spectacle vous donne envie d’en savoir plus sur Jésus et de lire les évangiles ?

Pas forcément si l'on en croit la majorité des réponses. La question a parfois agacé : « Pour y chercher quoi de plus que je ne sais déjà ? » Ceux qui ont la Bible chez eux ont souvent reconnu la laisser sur l’étagère. Seuls quelques spectateurs ont déclaré lire chaque jour dans la Bible des trésors nécessaires pour leur vie quotidienne. Ils étaient prêts à en témoigner.
Anne-Marie Delaugère

Réflexions entendues

- C’était bien. Jésus, on connaît, la Bible on l’a déjà lue.
- Ah mais quand même on connaît !
- Chacun a sa foi, c’est personnel, il y a d’autres fois.
- J’ai été choquée que certains derrière disent « Gloire à Dieu ! » C’est une salle de spectacle, tout le monde n’est pas croyant.
- Cela me donne envie de lire la Bible !
- C’est un spectacle bien fait, plutôt fidèle.
Couple avec deux 2 enfants, invités par la marraine du garçon :
- Les parents, en parlant des enfants : « Ils ne connaissent pas, c’est trop tard maintenant. »
- La fille (12 ans) : « Alors il faut lire la Bible ? »
- Le garçon (10 ans) : « J’ai appris que Jésus avait souffert avant la croix. »
Gisèle Fabre MacAfee
* La comédie musicale de Pascal Obispo, mise en scène par Christophe Barratier.



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