Marthe Girard, la bénédiction des enfants « maudits »

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Nicolas Fouquet est chargé de mission au SEL.
Marthe Girard, la bénédiction des enfants « maudits »
Marthe Kere est née en 1960 à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Sa famille est nombreuse – elle a dix frères et sœurs – mais n’est pas particulièrement pauvre. Marthe se tourne très jeune vers Dieu et son enfance se résume surtout au triptyque maison-école-Église. Une fois son bac en poche, elle s’envole pour la France afin d’y poursuivre une formation d’assistante sociale, avant de s’orienter vers l’économie rurale. Après son mariage en 1992 avec Henri Girard, un technicien agricole originaire du nord de la France, Marthe le suit à Guiè, un village du Burkina Faso situé en zone rurale. Pour elle, qui était plutôt citadine, c’est un profond changement. Mais, après tout, elle avait dit à Dieu dans une prière quelques années plus tôt qu’elle était disposée à le servir où bon lui semblerait !

Une vocation imprévue

Une fois arrivée à destination, Marthe Girard ne sait pas vraiment quoi faire. Sa vocation va naître de la découverte d’un fléau propre au milieu rural et qui lui était jusqu’alors inconnu : l’abandon des enfants considérés comme maudits. Une coutume de la région veut qu’un couple ne peut pas se former au sein d’un même village car les habitants se considèrent descendants d’un même ancêtre fondateur. Tout enfant issu d’une telle union est considéré comme maudit. Personne ne peut alors le recueillir, au risque d’attirer sur soi le malheur.

Répondre à un besoin

En janvier 1995, un bébé, orphelin de mère et à demi-mourant, est apporté aux Girard ; les soins prodigués lui redonneront vie ! Marthe prend conscience que Dieu l’appelle à un ministère dans ce domaine. Rapidement, par le bouche à oreille, les orphelins et les enfants souffrant de malnutrition affluent : une pouponnière est alors mise en place ! L’objectif est de recueillir et de prendre soin des bébés pendant leurs premières années. Ensuite, les enfants orphelins retournent dans leur famille proche, et ceux qui ont été abandonnés sont adoptés au Burkina Faso ou ailleurs.

Un double témoignage

Les besoins sont de plus en plus importants et Marthe Girard a du mal à y faire face. Un partenariat est mis en place avec le SEL, une association protestante de solidarité internationale, dans le cadre de la pouponnière. La cinquantaine d’enfants accueillis peut ainsi recevoir régulièrement une alimentation en quantité et de qualité suffisantes. Par son action, Marthe Girard rend un double témoignage : non seulement elle secourt des personnes vulnérables, mais, en plus, elle démontre aux populations locales qu’aucune malédiction n’est attachée à ces enfants.

Vous pouvez retrouver le portrait de Marthe Girard et bien d’autres dans le livre « Ils ont aimé leur prochain ».


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