Le cancer m’a ramenée à Dieu

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Témoignage de Bernadette Malecki.
Le cancer m’a ramenée à Dieu
Je suis née en Anjou en 1937, cette belle région de France contée par notre poète Joachim du Bellay qui parle avec mélancolie de la douceur angevine. Elle est riche de crus très appréciés, de célèbres roseraies et du château d’Angers qui abrite les célèbres tapisseries de l’Apocalypse. Avec 130 châteaux privés et habités, c’est une région luxueuse.

Mes débuts difficiles dans la vie

Par contre, ma famille était très pauvre. Quatrième d’une fratrie de six enfants, mon enfance a été marquée par la guerre, les restrictions, le manque de tout. Heureusement, nos merveilleux parents nous ont appris l’amour et le partage.
Ma famille était croyante. J’ai donc connu les messes, le catéchisme, la confirmation, la communion... Mais où était ce grand Dieu si bon, décrit dans mes livres de catéchisme, l’histoire sainte et mon missel ? On nous disait qu’il donnait tout et pourtant, nous, nous avions faim ! Alors, je le cherchais. Pour cela, j’aimais me réfugier seule dans le grenier pour y prier avec mes livres. J’y étais bien. Je réalise aujourd’hui que celui que je cherchais était déjà avec moi.
Les années ont passé. Un de mes frères est monté à Paris et je l’ai rejoint à 17 ans. J’ai alors beaucoup travaillé. Heureusement que j’avais une superbe santé. Je continuais toujours d’aller à la messe le dimanche matin et je priais.

Ma vie confortable m’a fait oublier Dieu

Puis j’ai rencontré mon mari, un fils d’émigrés polonais, catholique, pas plus riche que moi, mais un homme courageux. Il est parti deux années comme infirmier militaire en Algérie. Dès son retour, nous nous sommes mariés devant Dieu. Puis nous avons eu la grâce d’avoir une fille que nous avons baptisée.
Nos propres mamans ont prié pour nous toute leur vie. Dieu les a bénies, et nous également, car rien ne prédestinait mon mari à l’excellente situation professionnelle qu’il a exercée jusqu’à sa retraite. Cette opportunité fut un véritablemiracle pour moi. Cela m’a permis de quitter mon travail pour m’occuper de notre foyer et de notre fille. Notre vie était extrêmement confortable. Dieu avait enfin répondu à mes prières de petite fille pauvre, m’accordant bien au-delà de ce que je lui avais souvent demandé.
Dans ce nouveau quotidien agréable, j’ai oublié Dieu. Je ne l’ai même pas remercié ! Avec mon mari, nous étions tout simplement émerveillés de notre nouvelle vie. Jamais je n’ai pensé que c’était Dieu qui nous bénissait.

Un premier cancer

1983. Après 26 années tranquillement passées, on me diagnostique un cancer : un véritable raz-de-marée dans notre belle vie douillette. Alors, je me suis souvenue de Dieu et je l’ai supplié de m’aider. Je lui ai demandé dix années de sursis pour élever notre fille encore jeune. Mais surtout, je lui ai promis de revenir à lui.
Peu après, alors que j’étais dans l’attente craintive des résultats d’examens médicaux, je suis allée me réfugier dans la chapelle de la clinique pour prier. C’est en rentrant dans ma chambre que le chirurgien m’a appris ce qui était pour lui une bonne nouvelle : le cancer était très localisé et un traitement de radiothérapie serait suffisant. Très reconnaissante, j’ai remercié Dieu puis j’ai vécu le traitement avec son aide. Après quoi, j’ai été rattrapée par le quotidien. J’étais si contente de vivre que j’en ai oublié ma promesse.

Nouveau cancer et découverte de la Bible

1989. Un nouveau cancer s’annonce. Alors tout recommence : les examens, les rendez-vous médicaux, la chirurgie, les traitements... C’est alors que deux amies ont le cœur et le courage de m’apporter une Bible. Elles partagent avec moi la Bonne Nouvelle du salut que nous offre le Christ. Pas facile pour moi car je ne comprends pas tout et je bloque sur mon attachement à mon environnement religieux.
Jésus, lui, ne m’a pas bousculée. Il m’a laissé le temps de comprendre. J’ai ouvert la Bible et je l’ai dévorée. Plus je la lisais, plus je voulais la lire, parfois des nuits entières ! C’est ainsi que je suis entrée toujours plus dans sa présence. Je ressentais son amour qui remplissait mon vide intérieur ; ce que je cherchais depuis tant d’années ! En même temps, je pleurais désespérément sur mon ingratitude.

Un moment décisif

Un jour, mes deux amies m’ont invitée à assister à des baptêmes d’adultes. J’ai alors compris qu’il me fallait, moi aussi, « recevoir Jésus », c’est-à-dire l’accueillir dans ma vie. J’ai couru et j’ai bousculé ceux qui étaient devant moi pour lui offrir ma vie. Il était mon Sauveur, mon Maître, mon Frère, celui qui a donné sa vie pour me racheter. C’est alors qu’un grand calme m’a enfin envahie. Malgré ma joie, je pleurais encore. C’est plus tard que j’ai compris que ces larmes exprimaient une profonde repentance.

Des moments difficiles

Mon mari n’a pas accepté ces changements en moi. Il ne voulait pas me laisser partir vers l’inconnu, selon lui. Ce fut un combat de tous les jours. Nous nous aimions toujours après tant d'années de mariage mais, pour la première fois, nous n’étions plus dans le même monde. J’ai appris la patience et j’ai prié pour que Dieu le sauve. Il m’a fallu attendre vingt ans mais nous avons eu la grande joie de nous faire baptiser le même jour. J’avais la conviction qu’il fallait que je l’attende. Quelle grâce de se faire baptiser ensemble !

Nouvelle vie

Depuis 30 ans, ma vie a complètement changé. Mes priorités ne sont plus les mêmes. Tout ce qui comblait ma vie a pâli à la lumière du Christ. Chaque jour, je lui rends un culte. Il m’a tout pardonné et c’est ce qui me donne la paix. Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir atteint la plénitude de vivre avec et pour Lui. J’essaie d’être son ambassadrice et je m’investis dans la prière.

Un combat de chaque jour

J’ai vécu de grandes choses dans ma vie, de beaux miracles, des conversions dans ma famille. Mais avec tout cela, il m’a aussi fallu me battre contre ce cancer rebelle. Je viens de vivre ces derniers mois, une cinquième récidive. Mais toujours et encore, le Seigneur est avec moi dans la fosse de la maladie. Et j’en ressors encore plus forte dans ma foi et toujours plus reconnaissante de sa présence dans ces temps difficiles. Et cette fois-ci, j’ai retrouvé la santé si rapidement que je ne peux que dire : « Gloire à Dieu ! Louons-le car il est digne d’être loué. Il veille sur ses enfants. »


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