J’ai été trop déçu par les chrétiens
Ce que j’entends parfois
Vous avez peut-être été déçu par les chrétiens. Peut-être qu’un très bon ami a simplement arrêté de vous parler quand il est devenu chrétien. Il a voulu se séparer de son « ancienne vie » et a rejeté tout le monde. Peut-être que vous comptiez sur l’aide d’un ami chrétien, et que ce dernier n’a pas levé le petit doigt. Peut-être même que vous étiez chrétien et qu’au jour de grande difficulté, tous les chrétiens autour de vous vous ont laissé tomber. Vous avez divorcé, et tout le monde vous a tourné le dos. Vous attendiez beaucoup des chrétiens, ces gens qui disent être différents, et ils vous ont déçu. Et pourtant ! Vous y avez cru. On vous avait promis une communauté, un soutien, des relations fraternelles. Vous n’avez rien eu de tout cela.
Ce que j’aimerais répondre
En écrivant ces lignes, j’ai marqué un temps d’arrêt. Il est tellement facile de se justifier, de trouver de bonnes raisons de ne pasavoir agi comme on le devait, ou comme on le voulait. Ce serait facile de trouver des excuses. Nous avions autre chose de plus important à faire. Nous voulions nous « consacrer à Dieu ». Nous avons tout simplement oublié, ajoutant hâtivement « Ça arrive ! » Le problème est que je ne veux pas justifier ni excuser. En revanche, il y a bien quelque chose à expliquer… et ce n’est pas la même chose ! Laissez-moi donc tenté de le faire.
Désolé d’être aussi direct, mais nous chrétiens sommes comme vous. Oui, nous avons rencontré Jésus-Christ, oui nous croyons en ce Dieu fait homme. Cependant, nous restons des êtres humains avec toutes leurs limites et leurs problèmes ; avec leurs déceptions et leurs erreurs. Tout comme vous, nous avons parfois déçu les autres, parce qu’aucun homme n’est parfait. L’apôtre Paul a même écrit ces lignes dans une lettre aux chrétiens de Rome : « Je ne fais pas le bien que je veux, mais je pratique le mal que je ne veux pas. » (Romains 7.19) Le théologien protestant Jean Calvin (16ème siècle) avait raison de commenter : « Les fidèles, aussi bon que soit le désir de leur cœur, et tout aussi encouragés qu’ils puissent l’être, sentant toutefois en eux-mêmes leur propre infirmité, n’estiment pas qu’une action puisse venir d’eux, pure et sans vice. » Nous vous avons déçus ? Cela ne va peut-être pas vous rassurer, mais nous nous décevons nous-mêmes !
Vous allez peut-être vous dire que si les chrétiens eux-mêmes savent qu’ils ne feront jamais ce qu’ils devraient faire, à quoi cela sert-il alors d’être chrétien ?
En fait, accepter de devenir chrétien, ce n’est pas devenir parfait instantanément. La foi reçue en Jésus nous rend libres de suivre cette nouvelle voie. Avec lui, nous avons une vie nouvelle qui nous rend capables de reconnaître nos fautes, qui transforme notre attitude quotidienne, et qui nous libère aussi de toute culpabilité mortifère. Cette promesse n’est pas facile à vivre, mais elle s’adresse à tous. Voilà la liberté que promet Jésus, et lui, il ne vous décevra jamais !