Dieu m’a guérie de mes souvenirs

Née dans une famille chrétienne, j’ai toujours entendu parler de Dieu et cru qu’il existait et qu’il m’aimait.

Abusée à sept ans

Hélas, suite au déménagement de ma famille à Madagascar, je tombe dans un environnement malsain. J’entends parler de sexe et de relations intimes par des enfants de mon entourage alors que je n’ai que sept ans. Je suis encouragée à séduire et à vivre des relations amoureuses. C’est alors que je suis abusée par l’un des garçons, un abus qui sera répété régulièrement pendant près de trois ans. Incapable de discerner la gravité de ces actes, je garde cela pour moi.

Des blessures que j’ai voulu oublier

Même si j’enfouis dans les années qui suivent mes blessures et ma souffrance émotionnelle, celles-ci sont indirectement visibles à travers mon comportement et mes relations. Je perds confiance en moi, je me sens coupable et vis avec le sentiment d’être sale et de n’avoir aucune valeur. Je suis devenue dépendante du regard des autres. Inconsciemment, je me construis autour d’un besoin irrépressible de plaire aux garçons et d’attirer leur attention afin de me sentir aimée et importante. Parallèlement, une colère immense grandit en moi, teintée d’amertume et d’un fort désir de justice et de vengeance.

Des relations chaotiques avec Dieu

Malgré tout, je fais mon chemin avec Dieu et me fais baptiser à 14 ans. Ma foi en Jésus est sincère, mais, comme je veux oublier mon passé, je ne le lui confie pas vraiment.
Après le bac, je quittele cocon familial et j’entame des études de pharmacie. J’entre alors dans une phase de rébellion contre Dieu, persuadée qu’il a échoué à prendre soin de moi. Je suis bien décidée à construire moi-même mon bonheur et place mes espoirs dans des relations amoureuses. Hélas, la colère, la frustration et la déception constantes les rendent stériles et toxiques. Désemparée, je me repens et reviens vers Dieu, convaincue que lui seul peut m’apporter le vrai bonheur. Je veux prendre un nouveau départ avec lui.

Mes blessures refont surface

J’ai 21 ans quand je rencontre mon futur mari Rija. Mais alors que je pensais avoir enfoui le passé, ma colère est toujours présente. En témoigne le mal que je fais à notre couple et qui le met en péril, car ma colère gangrène nos relations. J’aimerais changer, mais rien n’y fait : ni mes prières ni ma bonne volonté.

Le début du chemin de guérison

C’est au cours d’une retraite spirituelle que je réussis pour la première fois à mettre des mots sur les abus de l’enfance et à entamer un processus de pardon. Les conséquences sont inespérées : un véritable miracle ! En me libérant de ce poids, Dieu me libère de la colère. Les disputes quasi quotidiennes avec Rija disparaissent du jour au lendemain. Je cesse aussi d’être blessée pour un rien et de vouloir me venger. Je suis plus prompte au pardon. Nous rentrons alors dans le mariage beaucoup plus sereins et apaisés, reconnaissants envers Dieu.

Une nouvelle étape

Grâce à un suivi personnel, je comprends plus tard que la libération de la colère n’était qu’une première étape dans le long chemin vers la guérison. Je réalise également que j’ai encore du ressentiment envers beaucoup de gens, et surtout envers Dieu. Je décide donc de lui écrire une lettre où je lui exprime honnêtement toute ma souffrance et ma rancœur. Je la lui lis à voix haute. C’est alors que Dieu m’entoure de ses bras et que je sens un immense amour m’envahir. Les yeux de mon cœur s’ouvrent et je comprends enfin combien je suis précieuse pour lui. Je réalise qu’il ne m’a jamais abandonnée, qu’il comprend mes souffrances et que Jésus les a portées sur la croix afin de me rendre libre. Enfin, je me sens profondément aimée de Dieu.

La puissance du pardon

Les mois qui suivent, j’ai l’incroyable opportunité d’avoir plusieurs discussions à cœur ouvert avec le garçon qui m’avait abusée. Il s’excuse sincèrement et exprime ses profonds regrets quand il voit les conséquences de ses actes dans ma vie. Émue par ses paroles, Dieu me donne la force de l’aimer et de lui pardonner pleinement.
Je prends également la décision de raconter mon histoire à mes proches. J’avoue mon amertume envers ceux que je tenais en partie responsables de ce qui m’était arrivé, et Dieu m’accorde à nouveau de vivre le pardon.

Je désire témoigner

Aujourd’hui, je peux affirmer que Dieu a accompli pour moi ce que je croyais impossible : il a guéri mes blessures et transformé mon cœur. À présent, mon désir est de partager mon histoire afin que tous ceux qui souffrent puissent se tourner vers lui et connaître cette liberté et cette paix qu’il veut nous accorder en Jésus.

Abonnez-vous !

Recevez régulièrement nos revues chrétiennes pour nourrir votre foi, approfondir votre réflexion et rester accompagné tout au long de l’année.

Voir nos abonnements