Je ne crois que ce que je vois

Dès que l’on pense à l’éventualité d’un Dieu, nous nous heurtons à une difficulté : nous ne le voyons pas. C’est une difficulté légitime parce que nous faisons habituellement confiance à nos sens qui nous renseignent sur la réalité. Pourtant, certaines choses existent bien sans qu’on ne les voie. L’amour n’est pas tangible et pourtant qui nierait l’existence de ce sentiment ? La Bible d’ailleurs prend l’exemple du vent pour parler de Dieu : nous ne le voyons pas, lui, mais ses effets (Jean 3.8). Après tout, si Dieu existe vraiment, s’il est un être différent et supérieur aux êtres humains, alors peut-être utilise-t-il d’autres moyens pour se montrer à nous ?

Nous ne sommes pas les seuls à avoir du mal à croire sans voir… La Bible parle d’un ami de Jésus, Thomas, surnommé le sceptique. Pour croire que Jésus était revenu à la vie, il voulait toucher les cicatrices sur le corps de Jésus. Jésus lui a donné ce qu’il voulait mais il lui a aussi dit : « C’est parce que tu m’as vu que tu as cru ? Heureuses sont les personnes qui n’ont pas vu et qui croient ! » (Jean 20.29) Selon Jésus, Thomas avait reçu déjà assez d’indices pour croire en lui.

Effectivement, il existe des indices, des signes, qui nous pointent vers l’existence de Dieu. Certes, ils ne sont pas là pour prouver son existence car autrement Dieu ne serait pas Dieu, un être qui, par essence, nous dépasse. Car si on arrivait à prouver Dieu, on lui imposerait des limites données par notre raison humaine alors que nous comprenons bien que si Dieu existe, il doit être transcendant et infini. Cela dit, cela n’empêche pas d’avoir des indications convaincantes sur son existence en observant ce qui nous entoure.

Un simple regard à l’univers et nous sommes submergés de questions : d’où vient-il ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? De telles réflexions ouvrent la porte à la possibilité qu’il existe quelque chose ou quelqu’un en dehors de notre monde. Ensuite, l’organisation de l’univers si complexe et sa beauté pointent aussi vers l’existence d’un artiste dont on ne voit que l’œuvre d’art. D’autre part, nous voyons qu’en société, il y a un besoin d’une référence extérieure, supérieure et objective pour pouvoir déterminer ce qui est bien et ce qui est mal. Et si cette norme, c’était Dieu, parfait et sans changement ? Enfin, nous remarquons qu’il y a une recherche existentielle en tout être humain. Ne serait-ce pas encore là une empreinte de Dieu, cachée derrière la soif de spiritualité ?

L’Histoire nous parle finalement d’un homme pas comme les autres qui a déclaré être Dieu : Jésus. S’il est bien ce qu’il dit être, alors Dieu a été tangible à un moment de notre ère ! Un indice non négligeable… Mais au-delà de tous les arguments qu’on pourrait présenter, il en reste un plus convaincant que tout : l’expérience personnelle de Dieu. Beaucoup en témoignent, aujourd’hui, comme hier. Dieu se fait voir en se manifestant dans la vie des êtres humains. À nous de le… voir.

Alors oui, nous ne voyons peut-être pas Dieu directement mais nous voyons certainement des effets, des traces de sa réalité. L’accumulation de ces indices peut nous mettre la puce à l’oreille et sous-entendre l’existence d’un Dieu bien réel. Malgré tout, douter de cela n’est pas anormal quand on touche à une dimension qui nous dépasse, infiniment. C’est ce qu’on appelle la foi ; une confiance non pas aveugle mais guidée par tous ces éléments, qui ne peuvent pas être que des simples coïncidences.

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