Ce n’est pas Dieu, c’est le hasard
Là où les chrétiens voient l’action de Dieu, on leur répond assez facilement : « C’est le hasard ». Est-ce plus raisonnable de penser ainsi ?
Pour beaucoup, le monde et ses habitants ont, en effet, été créés au hasard des mutations et de l’évolution. Ils n’y voient pas l’action créatrice de Dieu, comme l’enseigne la Bible, mais des évolutions successives et accidentelles, sans qu’aucune volonté ne soit à l’œuvre.
Même s’il n’est pas question de nier une certaine évolution-adaptation des espèces, ce discours « scientifique » reste largement hypothétique et insuffisant. Il n’explique pas, par exemple, le passage du « rien » au « quelque chose ». Par ailleurs, si l’on s’en tient à l’extraordinaire complexité de la réalité, on ne peut que répondre que « le hasard fait vraiment trop bien les choses ». Il paraît que, croire que le hasard au fil des millions d’années a conduit à la réalité actuelle dans toute sa richesse, revient à croire qu’en lançant en l’air des millions de lettres, elles pourraient retomber sous la forme d’un dictionnaire. Ceci est théoriquement possible mais la probabilité statistique que cela arrive est quasiment de zéro. C’est à se demander s’il ne faut pas plus de foi pour croire au hasard que pour croire à l’action créatrice de Dieu…
Il peut aussi arriver qu’un événement exceptionnel de notre vie nous interpelle : une rencontre bouleversante et imprévue, une expérience miraculeuse comme échapper de très peu à un accident… Ici aussi il faut le constater : ce que le chrétien peut comprendre comme un signe de Dieu se retrouve banalisé et vidé de tout contenu fort lorsqu’on invoque le hasard ou la chance au lieu de Dieu. Nous restons alors dans le confort de nos habitudes et de nos certitudes bien ancrées, sans remettre en question notre vision des choses, nos valeurs ou nos croyances.
Il ne s’agit certes pas de mépriser les théories scientifiques, ni de prendre pour signe de Dieu n’importe quel événement. À l’inverse, nous avons tout intérêt à ne pas nous enfermer sur nous-mêmes mais à rester éveillés, y compris à ce qui nous dépasse.
Dieu veut nous parler. Pour cela, il peut utiliser la nature ou certains événements de la vie. Est-ce pour rester sourds à ses appels que nous invoquons le hasard ? Que cache ce TSD (Tout Sauf Dieu) qui souvent oriente nos réactions ? Est-ce la paresse de se remettre en question ? Est-ce la peur que Dieu, s’il existe, bouleverse trop notre existence ?
Lecteur, rassure-toi ! Dieu ne s’impose pas à nous, il ne nous « coince » pas par une révélation qui nous laisserait sans échappatoires, tel « le hasard ». Il cherche à attirer notre attention avec douceur.
Et si nous laissions l’air du grand large nous sortir de notre vision étriquée de la réalité((in Croire et Servir n° 36)) ?