Je ne sais pas prier. Comment commencer ?
J’aimerais d’abord saluer l’honnêteté de cette question. Un disciple de Jésus lui a un jour fait cette demande : « Apprends-nous à prier((Luc 11.1)). » Je pense que cet apprentissage continue toute la vie. D’ailleurs, l’apôtre Paul a lui-même écrit : « Nous ne savons pas ce qu’il nous convient de demander dans nos prières((Romains 8.26)). » La première attitude dans la prière est donc l’humilité.
Communiquer avec un Dieu parfait
Il faut donc commencer par s’assurer d’être en bons termes avec lui. Dieu a tout fait pour rendre la réconciliation possible. Il est venu lui-même sur la terre en la personne de Jésus-Christ. Il a pris sur lui la condamnation que méritent nos mauvaises actions et pensées, à savoir la mort. Ainsi, si nous nous détournons de notre manière de vivre sans Dieu pour suivre ses voies et que nous plaçons toute notre confiance dans la mort que Jésus a soufferte à notre place, nous sommes quittes de nos péchés et réconciliés avec Dieu.
Il y a quelques temps, j’ai découvert une méthode simple pour adresser mes prières à Dieu((Cette méthode est présentée dans la formation de disciples Leçons de vie spirituelle (LVS), visible sur http://www.disciples.fr/accompagnement/outils)). Il s’agit de la méthode A, B, C, D.
A comme adoration
L’adoration vient de la prise de conscience de l’écart entre la grandeur de Dieu et notre petitesse. Il est le Tout-Puissant, le Créateur. Il est amour, parfait, juste, etc. et nous ne le sommes pas. Nous sommes des créatures fragiles, imparfaites, limitées. Adorer, c’est s’émerveiller de qui est Dieu et l’exprimer par nos mots, ou nos silences les plus respectueux.
B comme bénédictions
Nous remercions Dieu pour ses bénédictions : son action dans nos vies, les biens qu’il nous donne, notre santé, nos facultés, nos amis, le fait qu’il est venu nous réconcilier avec lui, etc. Nous exprimons à Dieu notre reconnaissance pour tout ce qu’il nous donne.
C comme confession
Ici, il s’agit de demander pardon à Dieu pour les choses que nous avons faites, dites ou pensées qui n’étaient pas dans sa volonté. Confesser, c’est exprimer à Dieu ce qu’il sait déjà. En plus de la confession, nous demandons l’aide de Dieu pour ne plus tomber dans les mêmes travers.
D comme demande
Nous faisons part à Dieu de ce dont nous avons besoin. Nous pouvons lui demander des biens matériels, mais aussi le courage et la force pour vivre selon ses désirs. Nos demandes peuvent nous concerner personnellement ou bien se porter vers notre famille, nos amis, le monde entier. Par exemple, on peut séparer nos demandes en quatre catégories : soi-même, sa famille, ses amis chrétiens et ses amis non-chrétiens. Chaque jour de la semaine, on peut prier pour plusieurs personnes dans chacune de ces catégories.
Adoration, bénédiction, confession et demandes sont des éléments à intégrer dans nos prières. Ces éléments nous aident à avoir une prière équilibrée. Cette méthode m’a permis de prendre conscience que mes prières étaient trop tournées vers la demande. Mais la prière n’est pas qu’une simple liste de courses adressée au Seigneur. Dieu n’est pas un distributeur de bénédictions. Il est une personne((Lorsque je dis que Dieu est une personne, je ne parle pas d’une personne humaine. J’entends par-là que Dieu a des caractéristiques personnelles comme une volonté, des sentiments, une pensée, etc. )). Il est digne de recevoir notre reconnaissance et notre adoration. Il prend également plaisir à écouter nos demandes et nos confessions. Cette méthode nous guide dans les paroles que nous pouvons adresser à Dieu.
Mais la prière n’est pas qu’un monologue. Elle comprend aussi une part d’écoute. Pour se mettre dans une position d’écoute voici quelques autres conseils qui sont à croiser avec la méthode A, B, C, D.
Pour que la prière soit aussi écoute…
Voici deux moyens à travers lesquels Dieu veut nous parler :
La Bible
Prenez une Bible, choisissez un texte que vous lirez et essayez ensuite de transformer en prière ce que vous avez compris.
Pour y arriver, nous pouvons nous poser des questions comme : qu’est-ce que j’apprends sur Dieu dans ce texte ? Qu’est-ce que j’apprends sur l’être humain ? Existe-t-il un conseil ou un reproche, un exemple à suivre ou à ne pas suivre, un principe de vie ? Nous pouvons réfléchir à ce que nous venons de découvrir. Nous pouvons chercher un moyen de l’appliquer dans notre propre vie. Sans doute trouverons-nous aussi le moyen de nourrir notre adoration, notre reconnaissance pour les bénédictions de Dieu, notre confession et nos demandes.
Le silence
Il est aussi bon de se tenir en silence devant Dieu. De profiter simplement de sa présence. De laisser notre cœur s’imprégner de sa pensée, de ses sentiments. De trouver la paix du cœur. Peut-être recevrons-nous une conviction intérieure. Peut-être Dieu nous mettra-t-il à l’esprit une idée, une personne, une direction pour notre vie. De ce silence émergeront alors des sujets d’adoration, de bénédiction, de confession ou de demandes.
Notre silence est un moyen de recevoir quelque chose de Dieu, mais pas seulement. Par notre silence nous exprimons notre respect de Dieu. Nous montrons que ce que nous avons à dire est moins important que ce que lui veut nous dire. Nous exprimons aussi notre dépendance et notre attente de son action. Nous offrons notre temps. Nous montrons que Dieu a tellement de valeur que nous sommes prêts à nous arrêter pour lui.
J’ai encore beaucoup de progrès à faire. C’est plus un art qu’une science. Je ne reçois pas forcément de convictions tous les jours. Mais les temps de silence sont des temps de qualité, comme une respiration spirituelle au milieu du tumulte de mes journées.
Je vous souhaite de beaux moments de prière, en paroles et en silence.
NB : la Bible contient plusieurs centaines de prières que vous pouvez adopter selon les circonstances que vous rencontrez.