Un vieux rêve : se baigner dans un fleuve

Certains aiment se baigner dans l’eau froide le 1er janvier. Chaque année, les adeptes de ce défi sont de plus en plus nombreux sous toutes les latitudes. D’autres aimeraient tant pouvoir se baigner dans la Seine et la Marne ou dans l’un de nos grands fleuves européens. Le sujet est débattu partout : à Vienne (le Danube), à Bâle (le Rhin), à Berne (l’Aar), à Londres (la Tamise)… Sans oublier, à Bordeaux (la Garonne) !

Toute une histoire 

Rendre les fleuves aux nageurs ne date pas d’hier. Dès le 17e siècle, les Parisiens s’aventurent dans le fleuve pour se détendre ou se laver. La pratique se maintient ensuite. La piscine Deligny (1801-1993) est alimentée par la Seine. Les accidents augmentent avec la révolution industrielle, car les berges de nos grandes villes se couvrent alors d’usines, et le trafic s’accroît. Finalement, la baignade est interdite dansla Seine (1923) et dans la Marne (1970). Mais les Parisiens continuent à profiter de leurs fleuves jusque dans les années 1960, où la population se détourne massivement des fleuves avec la généralisation de l’eau courante (1).

Pollutions et mauvais branchements

Le plus visible reste les déchets flottants à la surface. Il y a aussi les pesticides, le gasoil des nombreux bateaux qui circulent. Mais le fond du problème réside dans les WC. Lorsqu’il pleut beaucoup, les installations saturent obligeant à déverser le trop-plein dans le fleuve. Sans oublier, les mauvais branchements d’à peu près 30.000 foyers diagnostiqués dont les eaux usées vont directement dans la Marne ou la Seine (2).

Un espoir avec les JO ?

Le vieux « rêve » de pouvoir à nouveau se baigner dans les fleuves, qui semblait totalement inaccessible il y a peu de temps encore, semble en passe de devenir réalité grâce au gros coup d’accélérateur des Jeux olympiques de Paris 2024. Disputées entre les Invalides et la tour Eiffel, les épreuves de natation en eau libre et du triathlon doivent marquer un nouveau départ des relations entre le grand public et le fleuve. L’ouverture d’une vingtaine de zones de baignade en Île-de-France est prévue dans les années qui suivront. Dans Paris même, quatre sites sont à l’étude. Certains restent sceptiques.

Une flopée de poissons

Mais terminons avec un peu d’optimisme : il y a trente-quatre espèces de poissons dans la Seine et trente-sept dans la Marne, alors qu’il y en avait que trois dans les années 1990 (3).
Mais puisque l’on a grandi avec l’idée que les fleuves étaient sales, il faudra du temps pour que les mentalités changent.

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