Comprendre nos différences pour bien communiquer

La communication est un art. Elle se complexifie encore plus lorsque l’on traverse les frontières culturelles et les fossés générationnels. Cela se passe parfois déjà avec les voisins de palier.

Regards et toucher

Démontrer du respect à l’autre par notre manière d’être, de regarder, de parler, ou de se taire, varie d’une culture à l’autre. Dans certaines cultures asiatiques, éviter le contact visuel est considéré comme respectueux, tandis que dans les cultures occidentales, il est souvent interprété comme de la timidité ou de l’indifférence. De même, le toucher en public est acceptable dans certaines cultures, mais il est considéré comme déplacé dans d’autres, même pour un couple marié.

« Oui » ou « non » ?

Dans un monde globalisé, il est crucial de ne pas juger trop vite le comportement de quelqu’un. Ainsi, on n’interprétera pas forcément un « oui » ou un « non » de la même façon, suivant la culture dans laquelle on a grandi. Il est par exemple assez rare de répondre par « oui, je le ferai » à une requête importune en Occident, alors qu’il est tout à fait possible de le faire en Afrique sans qu’on n’ait pour autant l’intention d’honorer la demande. Il s’agit simplement de ne pas offenser la personne qui pose une question.

Manger de la viande ?

Certaines organisations missionnaires excluent ainsi les candidatures de végétariens parce qu’il est impensable de ne pas manger la viande pour laquelle des hôtes locaux auront sacrifié beaucoup d’argent en signe d’hospitalité pour un occidental. Mais à l’inverse, ne proposer que des mets carnés lors d’un événement serait un faux-pas à éviter en Occident, puisque de plus en plus de jeunes font le choix de renoncer à consommer de la viande pour des raisons éthico-écologiques. La Bible a cela d’intéressant qu’elleprésente à la fois la viande comme un signe de la bénédiction de Dieu et sa consommation comme une réjouissance, mais elle nous invite aussi à respecter la planète et les animaux ; l’élevage intensif tel que nous le connaissons aujourd’hui étant simplement impensable dans le monde moyen-oriental où la Bible a été écrite.

Rapport au temps

Si un Suisse est invité à un repas, il lui faudra arriver entre 5 et 15 minutes après l’heure indiquée. Il serait malhonnête d’arriver avant, car les hôtes ne seront pas prêts. En revanche, il serait impoli d’arriver beaucoup plus tard car les hôtes seraient alors en train d’attendre. En Amérique Latine et en Afrique, le laps de temps acceptable serait plutôt d’une demi-heure.

Pieds et chaussures

Ainsi, les chrétiens d’Asie savent bien qu’en entrant dans un temple bouddhiste et en s’asseyant à terre, il faut veiller à ce que les pieds soient orientés à l’opposé de la divinité (tout comme on se déchausse pour entrer dans une mosquée). En Occident par contre, les anciennes générations tendent à démontrer leur sens de l’hospitalité en priant leurs hôtes de ne pas se déchausser en entrant chez eux.
Dans un événement récent organisé en Corse, par exemple, une partie du public s’est offusquée des sandales décontractées, pourtant de marque, portées par un intervenant. Son message ne pouvait pas être pris au sérieux car il n’avait pas pris la peine de se chausser correctement selon eux.

Respect du sacré

Jusqu’à récemment, les touristes pouvaient monter sur le rocher d’Uluru (Ayers Rock) en Australie, au mépris des supplications des autochtones qui le considéraient comme un lieu sacré. La sécularisation de la relation au monde conduisait ainsi beaucoup de gens à s’autoriser à passer outre les considérations de politesse.

Le Christ et les conventions sociales

Les évangiles montrent que Jésus a toujours mis l’accent sur l’importance de comprendre et d’aimer son prochain, indépendamment de ses différences.
L’épisode des noces de Cana au cours desquelles il a changé l’eau en vin est un exemple très parlant. D’une part, on le voit sensible aux réalités de la civilisation dans laquelle il se trouve. En effet, il accomplit ce miracle parce qu’il voit que le vin manque et que cela va attirer un déshonneur terrible sur les mariés et leur faire perdre la face aux yeux de leurs invités. D’autre part, il prend ses distances par rapport à certaines pratiques d’obéissance absolue dues aux parents. En effet, il ose répondre à sa mère : « Mère, est-ce à toi de me dire ce que j’ai à faire ? »
Sa rencontre avec la femme de Samarie est une autre occasion où Jésus a dépassé les conventions sociales qui n’auraient jamais permis à un homme juif seul de s’adresser à une femme seule avec qui il n’était pas marié. Pour Jésus, le fait que cette femme, probablement plusieurs fois répudiée, soit une créature de Dieu prend le pas sur les normes de son époque. Son échange avec elle est plein de respect.
Quant au notable qui a « oublié » l’usage de l’époque d’honorer ses hôtes en leur lavant les pieds, il n’hésite pas à lui reprocher de ne pas avoir rempli ses obligations, même si c’est avec délicatesse.

Un message souvent biaisé

Je constate que l’Évangile valorise à la fois toutes les cultures en même temps qu’il les critique.
L’explication est simple quand on sait que la Bible enseigne que tous les humains sont créés et aimés par Dieu, mais qu’en même temps les hommes manifestent de bien des manières leur désir d’indépendance vis-à-vis de lui. Ceci les pousse à chercher leur propre intérêt avant celui des autres. C’est pour cela que les codes culturels sont à la fois le reflet de la bonne création voulue par Dieu, mais aussi celui de la corruption engendrée par cette coupure d’avec le Créateur. Cette rupture entache en effet toutes les relations interhumaines et donc notre manière d’être en relation entre cultures différentes et entre générations.

La bonne nouvelle qui libère

Grâce à l’Évangile, je suis libéré de l’impression d’être le centre du monde ou que ma culture serait supérieure à celles des autres. Je peux ainsi redécouvrir les richesses de nos politesses lorsqu’elles valorisent et encouragent les personnes que je rencontre. Je peux aussi me permettre des impolitesses (par rapport aux attentes de mon environnement), lorsque je souhaite ainsi favoriser l’épanouissement des humains avec qui je suis en contact.

La Bible a changé mon regard

La Bible m’a appris que les êtres humains sont tous créés à l’image de Dieu. Quelles que soient les différences linguistiques, ethniques, culturelles, économiques, sociales… qui nous séparent. Je sais ainsi que chaque être humain est digne de respect et aimé de son Créateur. Si donc, quelqu’un agit d’une manière qui m’étonne, je dois comprendre que c’est pour une raison qui m’échappe peut-être, mais qui n’est pas, a priori, ridicule. Si mon attitude instinctive est de montrer du mépris pour l’autre, je dois comprendre que c’est un biais raciste condamnable qui se manifeste chez moi. Je dois le combattre.

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