La prédication d’évangélisation 2 : Apologétique

Jean était un athée plutôt militant. Issu du monde des métalleux, il ne s’est rendu à notre culte que par amour pour une femme de l’assemblée. Ce jour-là, nous avions un culte spécial qui abordait le lien entre Jésus et Marie-Madeleine. Le film tiré du roman Da Vinci Code était projeté dans toutes les salles et je venais de publier Le mariage de Jésus((Florent VARAK, Le mariage de Jésus. Lyon, Éditions Clé, 2005.)). Ce culte visait à équiper l’Église dans ses discussions, et à donner quelques repères aux non-chrétiens qui passeraient par là. Jean ne s’est pas converti immédiatement. Mais la prédication, prenant en compte les opinions courantes et présentant de façon cohérente les données de l’Écriture, a commencé le travail de sape de ses convictions anti-chrétiennes.

Vincent s’est rendu dans notre assemblée à un moment douloureux de son parcours. Études supérieures, engagement professionnel exceptionnel, il était le conseiller des experts de sa profession, avec accès direct aux ministres de tutelle. L’environnement chaleureux de l’assemblée et l’attachement à un exposé systématique de l’Écriture l’a interpellé. Il ne s’est pas converti pendant une prédication, mais c’est clairement cela qui l’a conduit à suivre notre parcours découverte((Florent VARAK, L’Évangile.net – La grande histoire: découvrir l’essentiel de la Bible en 12 sessions avec vos amis. Marpent, BLF éditions/ Majestart, 2019. Voir Franck SEGONNE, L’évangélisation durable -Une vie à partager, Lyon, Éditions Clé, 2020, et notamment « Comment organiser l’Église pour faciliter une évangélisation durable », pp.225-231.)).

Dans les deux cas, la grâce souveraine de Dieu s’est plu à utiliser le culte, et notamment la prédication, pour défaire quelques nœuds d’opposition ou d’a priori à l’encontre des évangéliques et de la foi chrétienne. Inspirée par l’Esprit (2 Tm 3.16), la Parole du Christ est intrinsèquement capable de faire naître de nouveau (cf. 1 P 1.23, Jc 1.18), de tenir en joue les mensonges qu’elle entend balayer.
L’objet de cet article est d’explorer des pistes concrètes qu’un prédicateur peut employer pour développer son apologétique lors des prédications.

I. Clarifications

Je propose de comprendre la prédication comme « la proclamation d’un texte de l’Écriture, analysé dans son contexte pour en déduire le sens. Ce sens devient le thème principal du message qui sera énoncé en fonction d’un auditoire déterminé en vue de son salut et de sa croissance((Florent VARAK et Philippe VIGUIER, Manuel du prédicateur – Du texte au message, Lyon, Éditions Clé, 2017, p.53.)). »

La prédication d’évangélisation serait la proclamation d’un texte riche en notions liées à l’Évangile((Greg Gilbert propose d’articuler l’Évangile avec quatre grands thèmes : Dieu, l’homme, Jésus et la foi, dans Greg GILBERT, Qu’est-ce que l’Évangile, Lyon, Éditions Clé, 2012. Ceci dit, l’Évangile est plus qu’un message balisé de quelques points de repère : c’est la vie même de Jésus (Mc 1.1), un message précis (Mt 26.13) que l’on doit proclamer (Ac 15.7), mais que l’on peut trahir (Ga 1.6-9), et qui garantit le salut (1 Co 15.1-2). Keller souligne que « l’Évangile est un message qui parle de la façon dont nous avons été sauvés d’un danger » (Timothy KELLER, Une Église centrée sur l’Évangile – La dynamique d’un ministère équilibré au cœur des villes d’aujourd’hui, Charols, Éditions Excelsis, 2018, p.27) et développe, en 600 pages, ses dimensions nombreuses !)), dont l’essence est la personne même de Jésus-Christ. Cet Homme par excellence, ce Dieu incarné, invite à un changement fondamental de nos vies, associé à une confiance exclusive et loyale en lui. Il est le médiateur exclusif avec le Père ; il est seul capable de sauver, de réparer, de rassasier et d’orienter nos vies défaillantes.

Cette prétention universelle du christianisme passe mal auprès de nos contemporains qui jugent peu crédibles des propos aussi « intolérants ». L’apologétique est précisément la discipline qui cherche à défendre la véracité de cette Bonne Nouvelle. Le mot apologie retranscrit un terme qui signifie une « défense présentée à((Maurice CARREZ et François MOREL, Dictionnaire grec-français du Nouveau Testament, Paris, Delachaux et Niestlé, 1995.)) », un plaidoyer en faveur d’une personne (Ac 25.16) ou d’une idée, notamment celle de l’Évangile (Ph 1.7). On est dans le registre de la démonstration, de la persuasion, de la confrontation d’une erreur ou d’une calomnie, pour « induire un choix favorable((Henri BLOCHER, La foi et la raison, coll. Éclairages – Apologétique, Charols/Vaux-sur-Seine, Excelsis/Édifac, 2015, p.6.)) ». L’apologétique, en tant que discipline, touche à de nombreux domaines que nous restreindrons, pour cet article, aux seuls éléments directement liés à la prédication.

Une éthique exemplaire doit accompagner la démarche. Les apologètes doivent : 1) vivre selon Christ – l’amour et le respect de Jésus devraient se percevoir – ; 2) continuellement améliorer leur art de la défense((Henri Blocher commente ce texte : « Les chrétiens doivent être […] prêts à dérouler un discours qui défende le choix qu’ils ont fait, à donner ainsi “raison” de l’espérance qui est en eux » (op. cit., p.7))) – la spontanéité n’est ni spirituelle ni suffisante – ; 3) parler avec douceur et respect – l’insulte et le mépris n’ont aucune place :

« Mais sanctifiez dans vos cœurs Christ le Seigneur ; soyez toujours prêts à vous défendre contre quiconque vous demande raison de l’espérance qui est en vous : mais (faites-le) avec douceur et crainte, en ayant une bonne conscience, afin que là même où l’on vous calomnie, ceux qui diffament votre bonne conduite en Christ soient confondus. » (1 P 3.15-16)

II. Cinq fondamentaux de la démarche

1. Clarifier le texte

Il y a quelques mois, lors d’une semaine de formation à la prédication avec des étudiants, j’ai écouté et corrigé 40 prédications. Certaines étaient des perles… d’autres l’étaient moins ! Je me suis amusé à considérer l’immense patience du Seigneur qui écoute chaque semaine des milliers de prédications finalement relativement approximatives de sa pensée. C’est un miracle quand un non-chrétien comprend quelque chose ! Aucun prédicateur ne l’admet suffisamment : il arrive que l’on parle de l’Évangile de façon obscure ! Voilà pourquoi Paul demande la prière, afin qu’il puisse parler clairement (« rendre visible, manifester, montrer avec évidence, faire connaître((Maurice CARREZ et François MOREL, op. cit.)) ») du mystère du Christ (Col 4.3-4).

Clarifier, c’est viser le cœur, « centre de la personne qui pense((Henri BLOCHER, op. cit., p.38.)) ». Énoncer l’Évangile génère un combat dont la compréhension est l’enjeu. Avec la parabole du semeur, le Seigneur explique que le diable empêche la Parole de pénétrer (Mt 13.19, Lc 8.12, 2 Co 4.3-4). Cette imperméabilité innée (Ep 2.1-3) exige l’effort du prédicateur pour rendre clair ce que la Bible enseigne((C’était déjà le cas au temps de la prédication du sacrificateur Esdras : « Ils lisaient distinctement dans le livre de la loi de Dieu et ils en donnaient le sens pour faire comprendre ce qu’ils avaient lu. » (Né 8.8). Une lecture fluide associée à une explication « réussie » est un art à cultiver.)).

La foi vient de ce qu’on entend. Dans le contexte de Romains 10.17, il s’agit de la Parole du Christ. Inspirée par l’Esprit (2 Tm 3.16) elle est intrinsèquement capable de faire naître de nouveau (cf. 1 P 1.23, Jc 1.18). Le prédicateur doit tenir l’Écriture en haute estime s’il veut voir son auditoire y croire aussi. Prêcher fidèlement ce que Dieu dit, pour qu’elle soit comprise, est déjà une apologétique qui renverse les raisonnements et humilie les constructions qui s’opposent à Dieu (cf. 2 Co 10.4-5).

Clarifier le texte, c’est aussi prendre en compte la capacité de compréhension de l’auditoire((Voir Matthieu GIRALT, « Prêcher dans une culture séculière », toutpoursagloire.com, https://matthieugiralt.toutpoursagloire.com/precher-dans-une-culture-seculiere-tim-keller/. Consulté le 18/07/2023.)), utiliser un vocabulaire précis ou bien explicité. Aujourd’hui « Pilate(s) » fait davantage référence à une pratique de gymnastique((https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A9thode_Pilates. Consulté le 18/07/2023.)) qu’au personnage historique. Une petite phrase explicative est tout ce qui est nécessaire pour éviter de perdre l’auditoire((Trevin WAX, « Comment Andy Stanley et Tim Keller prêchent en ayant les non-croyants à l’esprit », toutpoursagloire.com, https://toutpoursagloire.com/andy-stanley-tim-keller-prechent-ayant-non-croyants-a-lesprit/. Consulté le 18/07/2023.)). Les lieux, les histoires, les personnages bibliques que nous connaissons bien doivent être clarifiés a minima pour permettre à l’auditeur de suivre la prédication.

2. Communiquer selon l’auditoire

La communication a ses codes qui varient d’une culture à l’autre, et qu’il convient de prendre en compte. Kevin DeYoung((Kevin DEYOUNG, « Five Features of Preaching in the Book of Acts », TheGospelCoalition.org, https://www.thegospelcoalition.org/blogs/kevin-deyoung/five-features-of-preaching-in-the-book-of-acts/. Consulté le 23/12/2022.)) note cinq caractéristiques des prédications dans les Actes, dont l’adaptation à l’auditoire :

« Nous voyons tout au long des Actes des preuves de l’adaptation au public et à sa sensibilité, à ce que le public sait déjà ou ne sait pas. Les sermons ne se déroulent pas comme des messages en conserve avec une série de propositions doctrinales. La prédication est profondément théologique, mais pas au détriment du soin apporté à la communication de cette théologie d’une manière compréhensible. Le contenu de base reste le même, mais le point de départ et le type d’appel final peuvent changer((Ibid.)). »

Blocher le note comme un élément fondamental de l’apologétique :

« Comme le degré de déformation diffère selon les individus et les lieux, il faut toujours s’adapter à l’interlocuteur. Le premier objectif est de le « surprendre » : par rapport au système qu’il a établi (le verrouillage spirituel-intellectuel qui apaise son sentiment d’insécurité), réveiller ce qu’il a oublié et l’étonner. C’est ce qui peut, on l’espère, déstabiliser le système déformant par lequel il retient la vérité captive((Henri BLOCHER, op. cit., p.44.)). »

Voici quelques pistes pour le faire, en rien exhaustives.

  • La crédibilité n’est plus forcément issue de la compétence. Aujourd’hui, la citation d’un joueur de foot ou d’une actrice populaire vaut autant que la réflexion du philosophe. Connaître leurs propos, leurs idéaux, et les corréler ou les opposer à l’Écriture établit un pont utile avec l’auditoire qui pensera intuitivement que vous le fréquentez – ou au moins le monde dans lequel il évolue.
  • Le zapping constant d’une idée à l’autre s’est accéléré. De quelques minutes sur les programmes télévisés, l’attention est passée à quelques secondes sur les réseaux sociaux, avec les Tweets et les Like à tout moment de la journée et en tous lieux. Il faut en tenir compte pour le culte. Un auditeur décidera dans vos premières dix secondes s’il vous écoutera. L’interpellation de l’introduction est capitale, tout comme le développement d’un propos cohérent et unifié autour d’un thème unique. Il peut s’avérer pertinent d’ajuster la longueur des prédications, car une expression plus courte, ou du moins entrecoupée de virages suffisamment haletants pour retenir l’attention, facilitera l’intérêt.
  • La capacité affective à établir une relation émotionnelle avec l’auditoire jouera beaucoup dans l’attention de l’auditoire. Dans une série d’entretiens avec divers spécialistes du cerveau (Boris Cyrulnik, entre autres), Patrice Van Eersel note :

« En fait, nous “attrapons” les émotions des autres comme des virus, en positif comme en négatif. Sitôt que nous entrons en relation avec quelqu’un, des millions de nos neurones cherchent, littéralement, à se connecter à ceux de l’autre. Du coup, notre cerveau n’est pas le même selon que nous trouvons notre interlocuteur plus ou moins sympathique, intéressant, drôle, tonique, excitant, stupide, suspect, mou, rigide, dangereux, etc. Si quelqu’un nous agresse en hurlant, ce seront les mêmes zones qui, en quelques secondes, seront activées dans nos deux cerveaux, qu’on le veuille ou non((Patrice VAN EERSEL et al., Votre cerveau n’a pas fini de vous étonner, Paris, Albin Michel, 2012, p.69.)). »

Il faut développer cette expression émotionnelle qui « connecte » avec l’auditoire. Keller donne quelques conseils pour toucher les gens : prêcher avec tendresse ; de façon créative ; avec le sens du merveilleux ; en marquant les esprits((Timothy KELLER, La prédication – Communiquer la foi à l’ère du scepticisme, Lyon, Éditions Clé, 2017, pp.171-184.)).

3. Connaître et répondre à la culture

L’Évangile est un message universel qui répond de manière individuelle aux préoccupations personnelles et collectives des nations. Nous sommes de plus en plus conscients que les réseaux sociaux sculptent la conscience sur la popularité – et non sur des valeurs morales objectives. Cette perception du bien (le nombre de « Like » sur un profil Instagram) se rapproche, certes sommairement, de la notion romaine de honte et d’honneur. L’émergence d’une écologie teintée de paganisme accroît le sentiment de dépendance (et de peur) face au monde spirituel. La prédication doit comprendre ces codes pour montrer comment l’Évangile répond à ces perceptions de plus en plus diverses.

Il est intéressant de noter que Paul « n’a jamais approché deux villes différentes de la même façon… », comme le soulignent les missiologues Um et Buzzard :

« Il savait que chaque ville avait une culture différente, une histoire différente qui devait être abordée de façon unique par l’Évangile immuable. Nous croyons que l’une des composantes les plus importantes du ministère de la ville est de restituer l’histoire d’une ville avec l’Évangile. Si nous sommes incapables de parler des aspirations, des désirs, des espoirs et des craintes les plus profonds de nos villes, nous manquons d’importantes occasions de faire des liens évangéliques. La même impulsion qui nous pousse à vouloir que nos livres aient une intrigue nous pousse à vouloir que notre vie ait une intrigue, un but. Nous avons besoin de sentir que nous allons quelque part, que nous faisons des progrès. Il y a quelque chose en nous qui ne se contente pas d’une simple explication psychologique de notre vie. Cela ne rend pas justice à notre conviction que nous sommes sur une sorte de voyage ou de quête, qu’il doit y avoir un sens plus profond à notre vie que celui de nous sentir bien dans notre peau. Seules les personnes qui ont perdu le sens de l’aventure, du mystère et du romantisme se préoccupent de leur estime de soi. Et à ce moment-là, ce dont ils ont besoin, ce n’est pas d’un bon thérapeute, mais d’une bonne histoire. Ou plus précisément, la question centrale pour nous ne devrait pas être : “Quelle dynamique de personnalité explique mon comportement ?”, mais plutôt : “Dans quel genre d’histoire suis-je((Stephen T. UM et Justin BUZZARD, Why Cities Matter: To God, the Culture, and the Church, Chicago, Crossway, 2013, p.119.)) ?” »

Comment découvrir la personnalité d’une ville ? Ces auteurs expliquent :

« Il y a des idoles sociales qui capturent la vie de la ville… des récits de péchés sur lesquels les gens comptent. Nous devons en faire l’exégèse. Nous devons les repérer. Nous devons saisir leurs valeurs fondamentales, leur histoire, leurs attraits et la forme qu’ils ont donnée à la ville… Nous devons saisir spirituellement l’horizon théologique de la ville((Ibid., p.107)). »

Comment faire ? L’impact de l’Écriture peut être favorisé par des illustrations issues des expressions artistiques les plus percutantes du moment. Les succès littéraires ou cinématographiques sont des fenêtres sur notre monde et un boulevard pour nos illustrations((Comme je ne suis pas très familier de ce qui « marche », je fais une recherche Internet « le top des chansons françaises 2020 » ou bien « les meilleurs films / documentaires 2020 »…)). Elles préparent une expression pertinente de l’Évangile. Il s’agit de remettre en cause les lieux communs de la culture, de s’aligner avec le ministère de l’Esprit qui dénonce les confiances erronées des non-croyants (leurs idoles, leurs accomplissements, tout ce qui relève de leur propre justice) pour souligner la suffisance de Christ((D. A. CARSON, The Gospel According to John, The Pillar NT Commentary, Grand Rapids, Eerdmans, 1991, pp.537-538. Voir également Florent VARAK, « L’Esprit dans la vie chrétienne », in La Revue réformée N°260, nov. 2011.)) (cf. Jn 3.19-20).

4. Relever la valeur ajoutée

Au siècle dernier, les hommes se sont battus pour défendre des systèmes idéologiques et politiques. Il semble que notre époque s’intéresse moins aux théories qu’aux bénéfices immédiats et tangibles qu’on peut tirer d’une idée. Chrétiens ou non, nous sommes assis sur les mêmes bancs à l’école de la vie. Réussir son couple est exigeant. Éduquer ses enfants, une gageure. Vivre en célibataire heureux, un ovni. Rester zen au travail, c’est notoirement illusoire. L’équilibre vanté par les spiritualités de bien-être bascule vite au moment de payer la note de leurs services…

Le réalisme biblique sur les souffrances de la vie, sur la douleur et la guérison des trahisons que l’on peut subir, la valeur des enfants et des aînés, l’appréciation des cadeaux de la vie, sans cesse exprimée par la reconnaissance, l’apprentissage d’une communication respectueuse dans l’ensemble de nos cercles – tout ceci est une défense vive de la vie chrétienne. En relever le bénéfice est une apologétique puissante pour ceux qui veulent plus que survivre.

En prêchant une douzaine de prédications sur l’Ecclésiaste, j’ai été émerveillé par la pertinence du propos((https://toutpoursagloire.com/podcasts/predications-tpsg/predication-tpsg-ecclesiaste-01-florent-varak#sommaire. Consulté le 18/07/2023.)). Nos prédications peuvent être des vitrines éclatantes de la sagesse et de la pertinence de la vie chrétienne, pour orienter favorablement l’auditoire non-chrétien à prendre la Bible au sérieux.

Prenons l’exemple omniprésent de la sexualité. On peut se sentir démuni quand la société avance, avec Onfray :

« Du côté de Shiva, la célébration de la vie, le partenariat avec les corps, la positivité du plaisir, la force de la jouissance, le sexe joyeux, la sexualité libre, la vitalité du sperme, le culte du phallus, les logiques culturelles du linga masculin et du yoni féminin, les jeux de l’amour dionysiaque, le moteur du désir, les femmes complices, la joie vertueuse, l’extase physique […]

Du côté du Christ, la célébration de la mort, le divorce avec les corps, la négativité du plaisir, la noirceur de la jouissance, le sexe sanieux, la sexualité coupable, le sperme peccamineux, véhicule du péché originel, le culte de la croix, un instrument de torture, les logiques de la honte et de la pudeur d’après la faute, les perversions de la chasteté et de la virginité, le désir coupable, les femmes démoniaques, les passions tristes, la continence physique((Michel ONFRAY, Le souci des plaisirs – Construction d’une érotique solaire, Paris, Flammarion, 2008, p. 30,138.))… »

Sa perspective est évidemment calomnieuse à l’égard du christianisme((Il suffit de considérer Gn 2.22-24, 26.8-9, Dt 24.5, Pr 5.18-19, 1 Co 7.3-5, etc.)). Et en même temps, bien des gens vivent cette liberté comme un esclavagisme. Le journaliste Jean-Claude Guillebaud remarque l’impasse de cette soi-disant liberté :

« Nous pensions saisir enfin ce qui nous était interdit, la jouissance sans entraves, et voilà que celle-ci glisse entre nos doigts comme une poignée d’eau, nous laissant frustrés et abasourdis. Nous sommes résolument libérés, en effet, mais seuls et comme encombrés par notre propre plaisir ramené à peu de chose. D’où l’inlassable recherche, jour après jour, image après image, performance après performance, de cet hypothétique “fabuleux sexuel” dont parlait voici près de quarante ans Paul Ricœur((Jean-Claude GUILLEBAUD La Tyrannie du Plaisir, Paris, Points, 2007, p.383-384.)). »

Dans le même texte, il ajoutait d’ailleurs de façon prémonitoire :

« Voilà l’homme engagé dans une lutte exténuante contre la pauvreté psychologique du plaisir lui-même, qui n’est guère susceptible de perfectionnement dans sa brutalité biologique((Ibid.)). »

Ces contrastes, formulés en-dehors de nos cercles, relèvent la pertinence de l’enseignement biblique : ni libertinisme ni castration – mais l’expression d’une affection loyale au sein de relations protégées par une alliance. Cela devient de plus en plus enviable aux libertins désabusés, et de loin préférable à un moralisme réducteur !

a. Donner sens à la rédemption

Dans notre monde saturé d’informations, ce qui en donne sens manque en réalité profondément. Prêcher l’Évangile, ce n’est pas prêcher un message mieux que les autres. C’est prêcher Jésus, qui donne sens à toute expérience humaine. Qu’il soit énoncé dans son déroulé historique, ou qu’il soit formulé sous forme de proposition, l’Évangile donne sens à l’ensemble de nos situations.

L’Évangile est un drame historique qui décrit un sauvetage héroïque entre le paradis initial, perdu, de la Genèse et celui annoncé dans l’Apocalypse. Les nostalgiques comme les révolutionnaires y trouvent leur compte. Aux disciples dépités rencontrés sur la route d’Emmaüs, Jésus explique qu’il est, lui, le centre de cette histoire. Dans toute Église, il est important de souligner l’aspect rédempteur du message de l’Évangile, qui possède « une polyvalence surnaturelle pour répondre aux espoirs, aux peurs et aux idoles particulières de chaque culture et de chaque personne((Timothy KELLER, Une Église centrée sur l’Évangile, op. cit., p.44.)) », écrit Keller, ajoutant :

« En Jésus, Dieu se substitue à nous et, en notre nom, paie la dette (Mc 10.45 ; Jn 12.20-36 ; 1 Tm 2.6) ; vainc les puissances mauvaises (Col 2.15 ; 1 Jn 3.8) ; porte la malédiction et la colère divine (Mt 27.45 ; Ga 3.13 ; 1 Jn 2.2 ; 4.10), nous assure le salut par la grâce, non par nos œuvres (Ep 2.8-9 ; 2 Tm 1.9), et devient même pour nous un exemple (1 Tm 1.16 ; Hé 12.2 ; 1 P 2.21). Au cœur de toute la théologie des écrivains bibliques se trouve la rédemption par substitution((Ibid., p.40.)). »

Keller est l’auteur actuel le plus performant sur cette question. Il affirme :

« Un sermon peut n’être rien de plus qu’une agréable conférence jusqu’à ce que Jésus en devienne le sujet ; c’est alors qu’il cesse d’être une bonne leçon d’école du dimanche pour se hisser au rang de sermon véritable((Timothy KELLER, La prédication, op. cit., p.184.)). »

Son livre recèle des conseils plus approfondis pour que nos prédications soient rédemptrices.

Prédication
Colossiens 3.12-15 – Mariage de Nicolas et Karine

C’est assez courageux et surprenant de se marier. Vous avez 28 et 24 ans respectivement, et vous prenez un engagement que la Bible veut permanent. Avec une espérance de vie moyenne en France de 82 ans, vous avez devant vous, potentiellement, plus de six décennies de vie commune. Six décennies ! Plus de 60 ans – plus longtemps que ma vie tout entière ! Se marier aujourd’hui, et à votre âge, est donc un pari gigantesque.

Vous allez former plusieurs couples tout au long de votre vie :

  • Le couple des débuts avec l’effervescence affective et émerveillée de ces moments ;
  • Le couple de la fatigue avec des enfants dont l’arrivée change… à peu près tout !
  • Le couple de la construction avec les projets de stabilisation familiale, l’aménagement d’une maison, le choix des loisirs et des vacances, les ajustements professionnels ;
  • Et bien d’autres étapes qui sont bien trop loin de votre imagination.

Gérard Mermet, sociologue français, recense et anticipe les changements sur le couple et la famille. Voici ce qu’il écrit dans Francoscopie 2030 :

« La mise en couple pourrait se fonder demain sur des motivations plus rationnelles et moins affectives qu’aujourd’hui. L’amour y aurait toujours sa place, mais la décision de vivre ensemble prendrait aussi en compte l’intérêt de le faire (pratique, financier, relationnel, intellectuel…). […]

Un engagement des partenaires moins fort et durable. Les partenaires du couple prendront en compte la complexité croissante du monde et de la société, et l’instabilité que cela engendre pour les individus. […] La “réussite” du couple impliquera que les personnes qui le forment puissent vivre heureuses ensemble, mais aussi séparément. Il ne sera donc pas impératif de vivre sous le même toit (décohabitation), ni de se montrer fidèle. Le couple futur sera moins fusionnel, et plus souvent “fissionnel”((Gérard MERMET, Francoscopie 2030. Paris, Larousse. 2018, p.429.)). »

Voilà de quoi être optimiste ! J’espère que vous vous mariez avec des motivations plus profondes.

Dans ce contexte, comment réussir votre couple ? À cette question, Google répond en 21 millions de pages Web. Je les ai toutes lues (!) et voici les conseils les plus populaires :

  • Catherine Marchi, @Parents.fr : 1) Inventez votre relation ; 2) Respectez les différences de l’autre ; 3) Acceptez l’imperfection de votre relation ; 4) Exprimez vos désaccords.
  • Catrin Finenauer (psy de l’Université d’Amsterdam) & @passionsante.be propose : 1) Trouvez quelqu’un qui vous ressemble ; 2) mais acceptez les différences ; 3) Tirez profit de vos différences ; 4) L’effet Michel-Ange : sculptez votre partenaire ; 5) Faites-vous confiance ; 6) Maîtrisez-vous ; 7) Restez fidèle ; 8) Soyez reconnaissants ; 9) Bien connaître l’autre n’est pas indispensable ; 10) Admirez-vous… mais pas trop ; 11) Décidez ensemble ce que vous attendez du sexe ; 12) Faites des enfants… ou pas.

Certains de ces conseils ont du sens. D’autres seraient à discuter. Nous allons donc regarder ce que la Bible dit dans le texte que vous avez choisi pour cette occasion.

L’apôtre Paul qui écrit ces lignes ne parle pas du couple mais s’adresse à une Église qui se trouvait à Colosses, aujourd’hui en Turquie. Vous pouvez suivre avec moi sur le programme.

Lecture de Colossiens 3.12-15

Ce que nous voyons ici, c’est que l’amour que Dieu manifeste envers ceux qui l’ont reconnu comme leur Sauveur et leur Seigneur doit devenir le modèle de l’amour entre eux. Nicolas et Karine : la manière dont Dieu vous aime doit sculpter la manière dont vous vous aimez.

Je voudrais souligner quatre principes que nous trouvons dans ce texte. Si vous le permettez, je souhaite m’adresser particulièrement aux mariés. À chacun de voir si ça lui parle – mais c’est pour vous surtout, ce que je dis là.

I. Le choix précède l’amour (3.12a)

« Ainsi, puisque Dieu vous a choisis pour lui appartenir et qu’il vous aime, … »

Il y a quelque chose de surprenant dans la Bible. Dieu nous a aimés en premier. Dieu a vu notre monde déchu, plutôt rempli d’égoïsme et de « moi d’abord », et il a aimé. Il a aimé au point de lancer un plan d’action tellement fort qu’il a choisi de vous conduire à lui.

L’apôtre Jean en parle ainsi :

« Voici en quoi consiste l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c’est lui qui nous a aimés ; aussi a-t-il envoyé son Fils pour apaiser, par son sacrifice pour nos péchés, sa colère contre nous. Mes chers amis, puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons, nous aussi, nous aimer les uns les autres. » (1 Jean 4.10-11)

Dieu a choisi d’aimer en premier, longtemps avant le monde. Un choix, une volonté d’aimer. Et lorsque l’humanité est devenue moins aimable, il a maintenu son amour, notamment en envoyant Jésus sur terre afin que, par sa vie, sa mort pour vos péchés et par sa résurrection, vous connaissiez son amour, sa personne et son pardon. Ce n’est pas le sentiment qui a conduit son amour, mais sa volonté d’aimer.

Le choix de Dieu précède l’amour de Dieu. Et cela devient un modèle pour vous. Vous choisissez qui aimer, et vous aimez votre choix.
Dans la plupart des films c’est le sentiment, ou le désir, qui précèdent l’amour. Dans la Bible, c’est la volonté d’aimer qui accompagne et soutient le sentiment d’amour.

II. L’attitude encourage l’amour (3.12b-13a)

« …revêtez-vous d’ardente bonté, de bienveillance, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres… »

Ce que je remarque avec mon épouse – nous venons de célébrer 30 ans de mariage ! –, c’est que nos sentiments fluctuent et sont incapables de maintenir une expérience vive du couple. L’apôtre montre une vraie connaissance du fonctionnement humain lorsqu’il met en avant le développement d’attitude qui honore l’autre.

  • La bonté ardente : littéralement une compassion ou une bonté qui sort des entrailles ;
  • La bienveillance : cette capacité à regarder l’intérêt de l’autre au-dessus de soi ;
  • L’humilité : cette attitude qui considère l’autre comme un supérieur ;
  • La douceur : c’est un accueil de l’autre qui n’est pas dur, rigide, ferme et définitif, mais qui écoute, entend, prend le temps ;
  • La patience : cette disposition qui reconnaît l’importance du temps dans les relations. Il y a des jours difficiles. Mais ils ne définissent pas l’avenir – Dieu est à l’œuvre dans nos vies et ça ira demain…

C’est exactement ce qu’observe un thérapeute conjugal, Gottman, qui liste quatre attitudes inverses qui détruisent le couple : la critique, le mépris, l’attitude défensive, la dérobade. C’est difficile de construire quelque chose d’harmonieux avec ce qu’il appelle les quatre chevaliers destructeurs de l’Apocalypse. Son livre, Les couples heureux ont leurs secrets((John M. GOTTMAN et Nan SILVER, Les couples heureux ont leurs secrets, Paris, Pocket, 2001.)), est plein de sagesse.

Ce qui est remarquable, que j’ai appris récemment dans un livre d’interviews de plusieurs neurologues : nous avons des « neurones miroirs ». Lorsqu’on observe une action chez quelqu’un, ou même lorsqu’on imagine cette action, nous sommes stimulés à la reproduire.

Karine, quand tu bailles, Nicolas baille. Nicolas quand tu souris, Karine sourit. En tout cas, il y a un entraînement mutuel, une sorte de cycle virtuel qui entraîne l’autre à l’imitation. En parlant de l’entraînement sportif Boris Cyrulnik, neuropsychiatre, écrit :

« Une visualisation provoque des modifications précises de fuseaux neuronaux qui envoient des informations dans le corps, dans les jambes ou ailleurs. Une représentation mentale peut modifier notre corps((Patrice VAN EERSEL et al., op. cit., p.57.)). »

Et il ajoute :

« Au moindre échange émotionnel avec autrui a lieu un incroyable faisceau de réactions en cascade dans notre système nerveux central. On n’a pas idée de tout ce qui se passe dans nos neurones, au plus léger sourire échangé, même avec une personne anonyme croisée sur notre chemin. Alors, quand on tombe amoureux et qu’on regarde l’être aimé dans les yeux… Mais quand on affronte quelqu’un, envahi par la colère, on est en résonance totale aussi. En fait, nous “attrapons” les émotions des autres comme des virus, en positif comme en négatif((Ibid., pp.68-69)). »

Paul a raison de le souligner : « Supportez-vous les uns les autres. » Plus on le fait, plus on le voit faire, plus c’est facile à faire. Parfois c’est une discipline, parfois c’est un encouragement. Ce que vous manifestez entraînera l’autre à le manifester aussi.

  • Plus on râle, plus les autres râlent ;
  • Plus on aime, plus on entraîne à l’amour ;
  • Assurément ! Il y a ces attitudes, ces fondements, ces volontés de manifester la bonté, la bienveillance, la douceur, l’humilité… et c’est important de le noter.

III. Le pardon restaure l’amour (3.13b)

« … et si l’un de vous a quelque chose à reprocher à un autre, pardonnez-vous mutuellement ; le Seigneur vous a pardonné : vous aussi, pardonnez-vous de la même manière. »

Bien entendu, personne – à part Jésus – n’est capable de vivre à la perfection le type d’attitude dont Paul vient de parler. Dans les soixante prochaines années, il est possible qu’il arrive, une ou deux fois, que vous vous offensiez l’un l’autre.

C’est la réalité humaine. Notre imperfection est terrible. Mais elle est souvent moins visible quand on est seul. Vivre avec son conjoint révèle cruellement à quel point nous sommes imparfaits !

  • Certains le revendiquent avec cruauté en laissant à l’autre le soin de s’accommoder. Je suis comme je suis, à prendre ou à laisser ;
  • D’autres s’effacent constamment parce qu’ils réalisent qu’ils sont comme un éléphant dans un magasin de porcelaine ;
  • En réalité, la Bible est réaliste. Nous sommes pécheurs, égoïstes trop souvent, avec une immense difficulté à aimer ;
  • Que faire ?

C’est cela la puissance de l’Évangile et la puissance de Dieu dans vos vies, Karine et Nicolas. Notre brisure, que la Bible nomme le péché, est immense. Mais lorsque Jésus meurt sur la croix :

  • Karine, il prend tous tes péchés. De l’instant de ta conception, à ceux qui accompagneront peut-être ton dernier souffle. Et il paie pour que tu n’aies jamais à les payer.
  • Nicolas, Jésus a porté tout ce que tu ne peux porter. Les petites culpabilités, colères, impuretés, lâchetés peut-être – Dieu les connaît, pas moi. Et il meurt pour toi pour que tu n’aies jamais à les payer.

Vos cœurs sont teintés. Mais Dieu vous voit au travers de la lumière et de la perfection éclatante de Christ ! Vous êtes pardonnés de tous vos péchés, Karine et Nicolas. Extraordinaire ! Les théologiens appellent cela la justification. Vous êtes pleinement justifiés, déclarés justes, parce que Jésus a porté vos fautes.

Quelques phrases avant le texte que vous avez choisi, Paul écrit :

« Et vous, qui étiez morts à cause de vos fautes, et parce que vous étiez des incirconcis, des païens, Dieu vous a donné la vie avec le Christ. Il nous a pardonné toutes nos fautes. Car il a annulé l’acte qui établissait nos manquements à l’égard des commandements. Oui, il l’a effacé, le clouant sur la croix. » (Col 2.13-14)

Cette dette payée, comment pourriez-vous retenir les petites dettes que vous allez inévitablement contracter l’un envers l’autre ? Le pardon dans le couple doit être aussi abondant que le pardon reçu de Christ. Une prise de conscience du privilège d’être pardonné conduit à une grande liberté d’aimer, de prendre soin et de pardonner.

Je me souviens d’un homme qui est venu me voir après plusieurs années de présence dans notre Église. Il avait tenu un registre et écrit 34 griefs à mon encontre. Et je dois dire que, sur un certain nombre de points, il avait raison. Pour d’autres, je n’avais tellement pas le souvenir des faits que j’étais un peu perdu. Mais en fait, j’étais vraiment triste pour cet ami. Vivre avec l’amertume tue. Pour avoir aussi connu ce sentiment, je sais combien c’est nécessaire de déchirer les registres des offenses subies.

Conclusion : L’amour est un ciment qui donne la paix (3.14-15)

« … et, par-dessus tout cela, revêtez-vous de l’amour qui est le lien par excellence. Que la paix instaurée par le Christ gouverne vos décisions. Car c’est à cette paix que Dieu vous a appelés pour former un seul corps. Soyez reconnaissants. »

Je conclurai donc avec l’apôtre Paul : en fait, c’est cela l’amour. Pour la deuxième fois dans ce passage, il utilise un verbe, « se revêtir », c’est-à-dire s’habiller. L’habit, c’est la première chose que l’autre voit de vous. En utilisant cette métaphore, cette image, Paul vous suggère que l’amour devienne la première chose visible de votre vie pour l’autre.

Aujourd’hui, vous avez mis des habits que vous n’êtes pas prêts de remettre – quelque part je l’espère en tout cas !

Vous devez vous habiller d’amour. Chaque jour. Prendre sur vous votre meilleure tenue. Repeindre la façade en quelque sorte. C’est cela qui unit ; et c’est un fruit qui doit conduire à des formes de comportements qui façonnent la paix.

L’ultime commandement sera peut-être le plus difficile : « Soyez reconnaissants. » Nous sommes, nous les Français, un peuple de râleurs invétérés. C’est difficile de maintenir une attitude de reconnaissance, de nourrir nos propos de reconnaissance. Et pourtant, cela fait tellement pour rapprocher les hommes.

Mon souhait et ma prière, c’est que vous viviez tellement dans l’amour de Christ, que cela diffuse dans votre relation de couple. Dieu est capable de renouveler nos cœurs, parfois engourdis.

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