La toute première page de la Bible nous rapporte qu’après avoir créé l’être humain, Dieu lui a témoigné son souci de lui assurer sa subsistance : « Sur toute la terre, je vous donne toutes les plantes avec leurs graines. Je vous donne aussi tous les arbres qui portent des fruits avec des pépins ou un noyau : ce sera votre nourriture. » Malheureusement, une page plus loin, nous apprenons que la nourriture peut devenir objet de tentation. Le premier couple n’y a pas résisté : il a mangé du fruit défendu à cause de sa beauté (1). Cet acte de désobéissance ne sera pas sans conséquence : désormais, c’est avec fatigue et beaucoup de transpiration que les humains obtiendront leur nourriture. Ceci n’empêchera pas les repas d’accompagner ou d’être l’occasion de très nombreuses expériences heureuses. En voici quelques-unes.
Hospitalité
Lorsque le patriarche Abraham a vu arriver trois hommes, à midi en pleine chaleur, il s’est empressé de leur fournir un repas copieux (2). Son neveu Loth a suivi son exemple lorsque deux visiteurs inconnus se sont présentés à lui (3).
Affaires
Le repas est parfois l’occasion de signer un contrat ou de faire alliance. C’est ce qui se passe quand Éliezer, serviteur d’Abraham, arrive dans la famille lointaine de son maître pour y chercher une épouse pour son fils. Il refuse de manger, avant d’avoir transmis son message et d’avoir reçu l’accord en vue du mariage (4).
Alliance
Si des contrats accompagnent volontiers les repas entre humains, la Bible mentionne aussi que le contrat que Dieu a proposé à Israël pour qu’il devienne son peuple a été, lui aussi, comme « signé » par un repas : celui de la Pâque vécue autour d’un agneau rôti, d’un pain non levé et d’herbes amères que tous devaient manger. On se rappellerait ainsi d’année en année les malheurs dont Dieu a délivré son peuple en le sortant d’Égypte. Un autre repas très étonnantviendra confirmer cette alliance entre Dieu et Israël. Celui-ci s’engage en disant : « Nous ferons tout ce que le Seigneur a dit. » Moïse, le responsable du peuple, met par écrit toutes les paroles du Seigneur et organise des sacrifices. La célébration s’achève sur ces mots : « Dieu ne fait pas de mal aux notables d’Israël. Ils peuvent le regarder, puis ils mangent et ils boivent (5). »
Fête
Hier, comme aujourd’hui, les repas servent à marquer les temps de la vie : naissance, mariage, victoire, etc. Qui dit mariage dit, en effet, célébration et bon repas. La Bible prend plaisir à en mentionner plusieurs.
L’Évangile nous rapporte, tout particulièrement, une fête de mariage qui aurait pu très mal tourner si Jésus n’y avait pas été invité.
Alors qu’elle bat son plein, on s’aperçoit subitement que le vin vient à manquer. La mère de Jésus lui en fait part. S’il commence par hésiter, il prend toutefois rapidement les choses en main pour ne pas laisser la famille dans la confusion et le déshonneur pour n’avoir pas réussi à satisfaire tous les convives. C’est ainsi qu’il change l’eau en vin. La fête pourra continuer (6).
Joie
On trouve, dans la Bible, ce sage conseil : « Ne vas pas avec ceux qui boivent trop de vin, ni avec ceux qui mangent trop de viande. Les ivrognes et ceux qui mangent trop connaîtront la misère (7). » Une fois qu’on a accepté ce sage conseil, on peut lire également : « Mange ta nourriture avec joie, bois ton vin de bon cœur (8) ».
Communion
La plus longue des « petites histoires » que Jésus a racontées pour illustrer son message se termine par un repas. Il s’agit de fêter le retour du fils qu’on croyait perdu à tout jamais depuis qu’il avait quitté le domicile familial. Pour fêter ces retrouvailles, le père (image de Dieu) organise un festin (9) pour lequel on tue le veau gras. Malheureusement, son frère jaloux ne veut pas y participer. Il s’exclut ainsi de la communion avec les membres de la famille à laquelle il est invité.
Jésus et les repas
À de nombreuses reprises, les évangiles nous présentent Jésus à table. On le voit ainsi chez ses amis Lazare, Marthe et Marie, mais aussi chez Zachée, chez Simon le pharisien, dans la famille de Pierre.
On lui reprochera même de ne pas avoir enseigné ses disciples à jeûner. Il répondra à ses détracteurs que personne ne refuse la nourriture le jour du mariage.
Son tout dernier repas avec ses disciples est celui de la Pâque. Il lui donne alors un sens nouveau lorsqu’il déclare que le pain qu’il partage avec eux est son corps, et que le vin qu’il leur offre dans une coupe est son sang. Les disciples peuvent ainsi comprendre que Jésus est le véritable Agneau de Dieu qui s’offre lui-même en sacrifice. Dieu fait ainsi une nouvelle alliance.
Mais ce n’est pas tout, car Jésus ajoute : « Je ne boirai plus de ce vin, jusqu’au jour où je boirai le vin nouveau, avec vous, dans le Royaume de mon Père (10). » C’est donc un nouveau repas que les chrétiens du monde entier attendent. Le dernier livre de l’Apocalypse parle d’un festin et annonce : « Ils sont heureux, les invités au repas de mariage de l’Agneau ! (11) »
En ferez-vous partie ?