B.A.P.T.Ê.M.E.

Un anniversaire dont je me souviens est le 15/10/1978 ! La date de mon baptême à l’Église baptiste de l’avenue du Maine à Paris ! Dans nos Églises, nous vivons cet évènement d’une façon bien particulière. De nombreux invités du nouveau baptisé rejoignent la communauté pour assister à l’évènement. C’est une occasion de témoignage et de fête. Fête parce que tous les enfants de Dieu présents se réjouissent de ce qu’un nouveau-né a rejoint la famille, témoignage parce que les invités non-convertis découvrent ce qu’est un baptême par immersion, tel que la parole de Dieu, la Bible, nous l’enseigne !

La Bible nous l’enseigne ? Comment puis-je être aussi catégorique ? Plusieurs passages des Écritures nous le montrent ; le mot de baptême contient en lui-même ce sens d’immersion… Mais la Bible nous enseigne bien plus de choses au sujet du baptême. Alors je vous propose d’en découvrir quelques-unes à l’aide de ce mot BAPTÊME, ce qui nous permettra par la suite de mieux nous en souvenir.

B comme bain

Le mot baptême est issu du grec ancien baptízô : « plonger, baigner, mouiller, baptiser((https://fr.wiktionary.org/wiki/baptiser. Consulté le 16/01/2023.)). Au début du christianisme, dans les Évangiles, le baptême qui était pratiqué était un baptême de repentance. Les foules en entendant l’enseignement de Jean le Baptiste, manifestaient ainsi leur désir de changer de vie, de se détourner de leurs péchés. Matthieu 3.5-6 :

« Les habitants de Jérusalem, de toute la Judée et de toute la région voisine de la rivière du Jourdain venaient à sa rencontre. Ils reconnaissaient publiquement leurs péchés et Jean les baptisait dans le Jourdain. »

C’est le baptême qui sera pratiqué jusqu’à la mort de Jésus sur la croix, sa résurrection et la Pentecôte qui marque l’effusion du Saint-Esprit sur/dans les croyants.

Dans le judaïsme ancien, le bain de purification existait déjà et l’on peut retrouver diverses prescriptions en ce sens concernant les prêtres dans le livre du Lévitique. Jean reprend ce rite de purification en le pratiquant non plus dans des bains traditionnels, mais directement dans le Jourdain et en lui associant une portée spirituelle : il appelait les personnes venant vers lui à se faire baptiser dans la perspective du jugement imminent de Dieu sur la terre. Son baptême évoquait donc des images prophétiques : la purification par l’eau pour le pardon, une purification et une repentance qui allaient caractériser la nouvelle ère ouverte par le Messie.

Les cœurs ainsi préparés pouvaient aisément comprendre la signification du baptême que Jésus allait instituer. En effet, le Christ a institué deux cérémonies (ou sacrements) : la sainte Cène et le baptême. En quittant ses disciples, le Seigneur leur recommanda de faire du baptême le signe de l’œuvre de salut opérée en eux et de leur appartenance au Dieu qu’il était venu révéler : Père, Fils et Saint-Esprit (Matthieu 28.19). Dès la naissance de l’Église, les apôtres obéirent à cette prescription. Rappelons-nous, par exemple, de l’histoire de Philippe et du fonctionnaire éthiopien en Actes 8.26-39 qui se termine ainsi :

« Philippe descendit avec lui dans l’eau et il le baptisa. Quand ils furent sortis de l’eau, l’Esprit du Seigneur enleva Philippe. Le fonctionnaire ne le vit plus, mais il continua son chemin tout joyeux. »

A comme adoption et comme âge

Lorsque nous passons par les eaux du baptême nous témoignons que nous avons été adoptés par Dieu et que nous acceptons ce fait. « Il nous a destinés d’avance à être ses enfants qu’il voulait adopter par Jésus-Christ. Voilà ce que, dans sa bonté, il a voulu pour nous. » (Ep 1.5) Dès que le dignitaire éthiopien a compris la bonne nouvelle de l’Évangile que Philippe lui a présentée, il a voulu sceller définitivement son appartenance à la famille de Dieu. Tout comme pour cet homme, la survenue de la présence de Dieu dans nos vies produit en nous un changement. Parfois, ce changement de comportement est spectaculaire, pour certaines personnes, lorsqu’elles entrent dans la famille de Dieu. Je pense à Nicky Cruz, ancien chef de gang new-yorkais, amené à Christ par le pasteur David Wilkerson. Aujourd’hui, Nicky Cruz prêche un message puissant partout dans le monde et amène des milliers de personnes à la révélation de Jésus-Christ. Ou bien à Stephen Lungu : cet ancien chef de gang, prêt à tuer des milliers de chrétiens au Zimbabwe, s’est converti au christianisme de façon radicale pour, ensuite, partager sa foi et la paix qui en découle dans le monde entier. Si vous ne connaissez pas leurs histoires extraordinaires, je vous encourage à les lire. Ces hommes étaient tellement éloignés de Dieu et pourtant il est venu les chercher pour les ajouter à sa famille. Mais en fait, c’est tout à fait normal ! Comme le dit si bien Jules-Marcel Nicole((Jules-Marcel NICOLE, Précis de doctrine chrétienne, 4ème Édition, Nogent-sur-Marne : IBN éditions, 1994, p.195.)) : « Un père n’adopte que des enfants qui, au départ, ne sont pas à lui. »

Lorsque j’évoque ces personnes adoptées, un fait important me saute aux yeux, ce sont des adultes. Je ne veux pas ici entrer dans une polémique sur l’âge du baptême, mais simplement nous faire remarquer que ces personnes avaient un âge, une maturité suffisante qui leur permettait de prendre une décision concernant leur vie. Elles ont accepté d’entrer dans la famille de Dieu parce qu’elles pouvaient avoir un avis éclairé. Je me souviens que, vers l’âge de sept à huit ans, notre fils a déclaré qu’il voulait donner sa vie à Jésus. Pour lui, c’était clair, il avait été adopté par Dieu. Pourtant, ce n’est qu’à l’âge de quinze ans qu’il a désiré le manifester publiquement en passant par les eaux du baptême. Nous n’avons rien exigé, rien provoqué. Sans ce baptême, il était déjà sauvé. C’était à lui de faire le choix du moment opportun pour obéir à l’exigence du Seigneur de se faire baptiser.

P comme purification, pardon

Alain Nisus explique clairement en quoi :

« … le baptême est le signe de la purification des péchés. C’est le sens du symbole du bain. Le péché est une souillure dont il faut être lavé. C’est le sang du Christ, c’est-à-dire sa mort comme sacrifice pour nos péchés, qui nous purifie de tout péché. Le baptême exprime le pardon des péchés, mais il ne l’effectue pas((Alain NISUS, Pour une foi réfléchie, Paris, La Maison de la Bible, 2011, p.617.)). »

C’est ainsi qu’Ananias à Damas a pu dire à Paul après avoir entendu son témoignage :

« Et maintenant, pourquoi attendre encore ? Lève-toi et sois baptisé et lavé de tes péchés en faisant appel à son nom. » (Actes 22.16)

Ainsi, il nous faut clairement comprendre que le jour où nous passons par les eaux du baptême, c’est un jour de témoignage de notre nouvelle vie en Christ, du pardon qu’il nous a accordé, mais que ce n’est pas cet acte qui nous purifie. Il n’est que le symbole de ce qui a déjà été accompli dans notre vie.

« Dans l’Église primitive, le baptême chrétien ressemble, pour sa forme extérieure, au baptême de Jean, mais dans son sens profond et dans son essence il est tout autre chose : il est le symbole du renouvellement spirituel qui se produit dans l’âme du baptisé ; il marque un attachement personnel à Jésus-Christ, il suppose la foi chrétienne et l’acceptation de la grâce de Dieu, du pardon. Il devient l’acte officiel de l’entrée dans l’Église((https://topbible.topchretien.com/dictionnaire/bapteme, article 4. Consulté le 16/1/2023.)). »

T comme trinité

Nous l’avons déjà mentionné plus haut, en Matthieu 28.19, Jésus demande à ses disciples : « Allez donc auprès des gens de tous les peuples et faites d’eux mes disciples : baptisez-les au nom du Père, du Fils et de l’Esprit saint. » Le passage dans les eaux du baptême est aussi la confession que nous appartenons au Dieu trinitaire. Durant sa vie sur terre, le Messie est venu révéler ces trois aspects du Dieu créateur de l’univers : je ne m’engagerai pas ici dans un grand débat théologique sur la compréhension de la trinité et de ses bases bibliques. Rappelons-nous de façon simple que Dieu le Père, Père de Jésus-Christ, est aussi notre Père à tous puisqu’il nous a adoptés. Nous sommes enfants de Dieu. Jésus-Christ, le Fils, est lui-même Dieu. J’emprunterai une seule illustration de cette affirmation à Jules-Marcel Nicole :

« Jésus lui-même a donné son accord à Thomas qui lui disait “mon Seigneur et mon Dieu” (Jn 20.28). Il ne lui a pas reproché d’exagérer mais, acceptant cet acte d’adoration de son disciple, il lui a dit : “Parce que tu as vu, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru”((Jules-Marcel NICOLE, op. cit., p.42.)). »

Le Saint-Esprit est, lui aussi, Dieu et « Dieu est Esprit » (Jean 4.24). Nous pouvons d’ailleurs utiliser un petit raisonnement mathématique de Jules-Marcel Nicole((Ibid, p.43.)) pour arriver à cette conclusion. Dans Actes 5.3-4, Pierre établit qu’Ananias, le mari de Saphira, a menti. Au verset 3, il demande : « Comment as-tu pu mentir à l’Esprit saint ? » Au verset 4, il reprend « Comment as-tu pu mentir à Dieu ? » Nous pouvons établir l’équation suivante : mentir à l’Esprit saint = mentir à Dieu. Les « matheux » seront d’accord avec moi, dans une équation, on a le droit de simplifier les membres semblables. Donc l’équation devient l’Esprit saint = Dieu ! Mais bon, je préfère quand même cette affirmation forte de Jean : « Dieu est Esprit. »

E comme ensevelissement

Lorsque nous assistons à un baptême d’eau, il est facile de comprendre ce processus. Le futur baptisé entre dans l’eau. Puis après avoir professé sa foi en Dieu, il est plongé entièrement dans l’eau. Il est enseveli !

« L’ensevelissement est dans la vie sociale, une cérémonie qui confirme publiquement et définitivement le décès. De même, le croyant qui s’est converti à Jésus-Christ est mort à son ancienne vie. Il confirme cette mort par une cérémonie publique qui exprime effectivement l’ensevelissement de sa vie antérieure. Telle est la fonction du baptême. Le baptême est en quelque sorte, la cérémonie d’ensevelissement du “vieil homme((Alain NISUS, op. cit., p.617.))”. »

Cet acte affirme que nous mourons à notre ancienne vie, que nous acceptons la mort de Jésus à notre place pour nous pardonner nos péchés. Et ainsi nous mourons à nous-mêmes pour nous relever et vivre en lui. C’est ce que Paul explique bien dans l’épître aux Romains au chapitre 6. Je citerai tout particulièrement le verset 4 :

« Par le baptême, donc, nous avons été mis au tombeau avec lui pour être associés à sa mort, afin que, tout comme le Christ a été ressuscité d’entre les morts par la puissance glorieuse du Père, nous aussi, nous vivions d’une vie nouvelle. »

Ce moment où notre corps tout entier est plongé dans l’eau est le signe visible pour ceux qui assistent à cet évènement que « ce qui est ancien a disparu, une réalité nouvelle est là » (2 Co 5.17). Le nouveau baptisé émerge de l’eau pour une nouvelle vie avec Dieu. « Il consacre ainsi tout son être, y compris son corps, au service du Seigneur((Ibid.)). »

M comme modèle

Notre Seigneur est celui qui s’est présenté comme modèle en se faisant lui aussi baptiser. Quand Jean-Baptiste se tenait près du Jourdain, annonçant la venue du Messie, Jésus s’est dirigé vers lui et lui a demandé le baptême. Alors que Jean s’y oppose, Jésus insiste : « Accepte qu’il en soit ainsi pour le moment. Car il convient que nous accomplissions ainsi ce que Dieu demande. » (Mt 3.15) Le Seigneur se place ainsi clairement sous l’autorité de Dieu, et reconnaît implicitement que c’est un ordre divin que de se faire baptiser.

« Si Jésus demande le baptême à Jean, ce n’est pas parce qu’il a besoin de se repentir… (…) Il est probable que Jésus a voulu accomplir un acte de solidarité avec ses frères, mais il y a aussi, de sa part, un acte d’obéissance envers Dieu((https://topbible.topchretien.com/dictionnaire/bapteme, article 4. Consulté le 16/1/2023.)). »

Toutefois une dimension nouvelle du baptême s’annonce lorsque Jésus émerge de l’eau :

« Dès que Jésus fut baptisé, il remonta de l’eau. Au même moment les cieux s’ouvrirent pour lui : il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et une voix venant des cieux dit : “Celui-ci est mon fils bien-aimé ; en lui je trouve toute ma joie.” »

Ce modèle nous rappelle que Dieu nous dispense, à nous aussi, son Esprit et que nous ne pouvons avancer que par la force qu’il nous donne.

En effet, la finalité du baptême ne se trouve pas en lui-même. Nous ne passons pas par les eaux du baptême juste pour signifier que nous avons renoncé à notre ancienne façon de vivre. Le baptême est une prise de position publique qui implique un mouvement. Lorsque nous nous relevons et sortons de l’eau nous nous élançons à la suite du Christ !

E comme engagement

« C’est ainsi que vous êtes sauvés maintenant, vous aussi : ces évènements préfiguraient le baptême. Celui-ci ne consiste pas à laver les impuretés du corps, mais à s’engager envers Dieu avec une conscience pure. Tout cela est possible grâce à la résurrection de Jésus-Christ. » (1 Pierre 3.21)

« Le croyant répond précisément parce que Dieu en a eu l’initiative : il a touché son cœur par son Esprit, l’a régénéré […], lui a donné l’Esprit. Le baptême est, par conséquent, un moyen d’exprimer la reconnaissance, un acte de confession de la foi et d’engagement à une vie de disciple conséquente((Alain NISUS, op. cit., p.617.)). »

Nous nous engageons solennellement, au travers du baptême, à nous conformer à la nouveauté de vie que Dieu a insufflée en nous. Nous acceptons de devenir des témoins de l’amour de Dieu qui s’est manifesté en nous, pour nous. Nous manifestons publiquement que nous sommes devenus disciples de Dieu.

« Dans tous les engagements, nous trouvons deux aspects : un aspect négatif, une renonciation à sa liberté et à toutes les autres solutions, puis un aspect positif : un oui à l’option choisie. Tout oui d’engagement implique un non. Le soldat qui s’engage renonce à sa liberté de civil […] ; l’ouvrier ou l’acteur qui contracte un engagement n’est plus libre de travailler où il veut ou d’accepter d’autres offres d’emploi ; celui qui se fiance ou se marie renonce à la fois à sa liberté de célibataire et à tous les autres partis, si avantageux soient-ils. L’engagement du baptême comporte aussi en premier lieu, cet aspect négatif : celui qui demande le baptême signifie par là qu’il renonce à sa liberté de choix ainsi qu’à toutes les autres solutions d’emploi de sa vie. Il dit par son baptême : “J’ai choisi. J’ai bien pesé, examiné, comparé les avantages du monde et ceux que m’offre Jésus-Christ, et je n’ai pas voulu rester plus longtemps dans l’indécision. Je renonce à Satan, à ses œuvres et à ses séductions”… Cependant, ce renoncement n’est que l’acte de couper les amarres pour que le bateau puisse voguer vers de nouveaux horizons. Le côté positif de l’engagement – son aspect le plus important –, c’est un don de soi à quelqu’un, condition pour recevoir bien plus qu’auparavant et pour trouver dans cette nouvelle situation, épanouissement et réalisation de sa vocation((Alfred KUEN, Le baptême – Hier et aujourd’hui, Saint-Légier (VD), Éditions Emmaüs, 1995, p.74.)). »

Alors, à la fin de notre cheminement sur le baptême, je reprendrai sous forme d’une phrase ce que nous pouvons retenir sur le baptême ! Ce BAIN, signe de notre ADOPTION par Dieu, symbole de notre PURIFICATION, nous place sous le sceau de la TRINITÉ ; il traduit notre ENSEVELISSEMENT, notre mort au péché, selon notre MODÈLE, Jésus-Christ, à la suite duquel nous voulons marcher avec un ENGAGEMENT fort.

Finalement, nombreux sont parmi nous ceux qui ont compris le sacrifice de Jésus à la croix, prenant sur lui nos péchés, nous pardonnant pour nous conduire vers la vie éternelle, et qui ont choisi de le manifester publiquement en passant dans les eaux du baptême.

Aujourd’hui, si tu es encore en chemin, si tu te poses des questions, tu as encore l’occasion de trouver des réponses en participant à une nouvelle session de préparation au baptême afin de trouver des réponses. Écoute cette voix qui t’encourage à t’y inscrire ! Cela ne t’oblige pas à choisir dès maintenant de te faire baptiser, mais cela te permettra de mieux comprendre, et surtout de poser et de te poser de bonnes questions !

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