Je sens de la violence en moi.

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Cela m'effraie parce que parfois je n'arrive pas à me contrôler. Je n'ai que 14 ans, que vais-je devenir ?

Je sens de la violence en moi.

Ta question est en fait : « Que vais-je devenir si cette violence continue de faire irruption dans ma vie ? »

Tu as certainement peur qu’elle prenne le contrôle de ton existence et qu’elle ne te pousse à des passages à l’acte que tu n’aurais même pas imaginés il y a quelques mois. Un rien t’énerve, comme un regard, une parole, et cela aussi bien à la maison qu’à l’école. Tu as peut-être même déjà insulté tes parents ou tes professeurs, provoqué ou participé à des bagarres au collège ? Tu es pris entre des regrets ou des pensées comme « ils l’ont bien cherché ».

Ce qui me rassure aujourd’hui

Tu te rends compte que ce n’est pas normal que cette violence qui est en toi se retourne contre les autres. C’est le signe que tu ne trouves pas d’autres moyens, jusqu’à maintenant, pour exprimer ton mal-être. Cette montée de violence est comme un message que tu donnes pour qu’on t’aide.

La violence est normale

Tu dois savoir que la violence fait partie de ton être intérieur depuis que tu es tout petit. Très tôt tes parents t’ont appris à la gérer. Par exemple : ne pas taper les autres, ne pas les insulter, arrêter tes colères... Quatorze ans, c’est le moment où tu es face à toi-même et où les adultes sont moins présents dans ta vie quotidienne. Parents et enfants doivent comprendre que la violence fait partie de notre être intérieur et qu’il ne faut pas faire comme si elle n’existait pas. Elle a besoin d’être exprimée au lieu de faire peur.

Des explications possibles

Tu as peut-être vécu avec un père absent à cause de ses responsabilités professionnelles ou à la suite d’un divorce. Du coup, tu as manqué d’une figure d’autorité. C’est alors ta mère qui a pris le relais pour jouer ce rôle d’autorité. Elle a été obligée d’inverser les rôles. Tu as peut-être aussi grandi avec une mère d’une nature autoritaire qui laissait peu de place à ton père ou peut-être as-tu reçu une éducation très rigide. Quoiqu’il en soit, tu n’as pas pu avoir des repères suffisamment rassurants pour t’aider à te construire et à te faire une place dans la société. C’est difficile de vivre avec ces manques et ces trop-pleins à 14 ans.

Comprends qui tu es

En étant violent, tu exprimes que tu n’arrives pas à trouver ta vraie identité. Tu te sens seul et isolé et cela génère en toi des angoisses. Tu as alors besoin de te confronter à l’autre pour voir s’il a des réponses à tes questions. Le problème est que tu rentres dans le territoire de l’autre et que ce territoire ne t’appartient pas. Tout comme le tien qui t’appartient mais qui n’appartient pas aux autres. Tu as franchi des limites que tu n’as pas le droit de dépasser, notamment au regard de la loi.

Des échappatoires pour canaliser

La bonne nouvelle est que tu as la possibilité de changer les choses maintenant. Je t’encourage par exemple à t’inscrire dans un club de sport ou à en augmenter peut-être la fréquence et l’intensité. Le sport aide à concentrer son énergie sur autre chose et à se fixer des buts. Jouer d’un instrument de musique, écrire ou créer un blog peuvent aussi te montrer que tu peux être créatif. Ce que tu fais servira aussi pour l’autre mais de façon positive et non plus négative comme autrefois.

Donne-toi des objectifs concrets et réfléchis à comment les réaliser. Tu te sentiras alors exister avec une identité. C’est de cela que tu as besoin pour avancer dans ta vie.

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