Jésus à toutes les sauces

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On parle encore beaucoup de Jésus aujourd’hui, mais qui est-il vraiment ?
Jésus à toutes les sauces
Au début des années soixante, tandis qu’il se trouve seul dans une chambre d’hôtel, le cinéaste italien Pier Paolo Pasolini trouve un Nouveau Testament sur la table de chevet. Il lit d’un trait l’Évangile selon Matthieu. Cette lecture l’impressionne fortement et l’inspire pour réaliser un film ! Le résultat est remarquable. Ce n’est pas toujours le cas des nombreux films, livres, articles et spectacles consacrés à Jésus.

Jésus, une figure militante

Depuis une soixantaine d’années, on s’est emparé de la figure de Jésus dans un sens laïc pour militer en faveur de la paix dans le monde, de la liberté dans l’amour, de la justice sociale, de la tolérance universelle… Jésus est affiché aux côtés de Che Guevara ou mis en scène en « superstar », compagnon des hippies et des marginaux, grand magicien, guérisseur et voyant. Dans le spectacle Godspell (1971), l’Évangile selon Matthieu est traité avec beaucoup de liberté, l’appel à la fraternité est lancé par une sorte de « Jésus-Clown ».

Voici l’homme !

On le présente aujourd’hui comme un homme exceptionnel, un modèle à suivre, un « leader » religieux très influent, mais il n’était pas parfait et il est définitivement mort. Il ne « ressuscite », au mieux, qu’à travers l’enseignement de ses disciples, comme Robert Hossein le suggérait dans « Un homme nommé Jésus ». C’est ce portrait vidé de toute divinité que l’on retrouve régulièrement dans les articles et dossiers des grands hebdomadaires.

Un portrait morcelé

Sur Internet, on découvre le meilleur et le pire. L’image devient cependant plus confuse : Jésus surfe en bonne compagnie sur la vague religieuse avec Bouddha, Mahomet, Confucius, Gandhi… Il se confond même avec chacun de nous, comme dans le roman de Richard Bach, Le Messie récalcitrant : chacun doit devenir son propre messie !
Jésus apparaît aussi avec succès dans des romans policiers à la sauce ésotérique. Les auteurs s’inspirent des légendes issues de textes anciens, comme « l’Évangile selon Thomas ». Les dizaines de millions de lecteurs du Da Vinci Code, de Dan Brown, semblent ainsi très bien admettre que Jésus ait pu avoir un enfant avec Marie-Madeleine. Le cinéaste Martin Scorsese l’avait suggéré comme une tentation. Dans son dernier roman, Soif, Amélie Nothomb puise également à cette fontaine frelatée…

Quel choix ?

On invoque aujourd’hui volontiers les « savants » et leurs découvertes archéologiques, linguistiques et historiques pour justifier ces portraits très divers de Jésus. Pourtant, ils doivent souvent davantage à l’imagination sans limite des auteurs qu’aux évangiles, les textes de référence.
Au premier siècle, les quatre évangélistes, Matthieu, Marc, Luc et Jean, n’ont pas écrit une biographie de Jésus au sens actuel du terme. Ils ont raconté des événements qu’ils ont vécus avec lui et l’ont présenté comme Dieu qui s’est fait homme pour réconcilier l’humanité avec lui. Ils étaient prêts à donner leur vie pour témoigner de cette Bonne Nouvelle.
Pas sûr qu’on puisse en dire autant de tous ceux qui le mettent aujourd’hui en scène…

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