Quand la Bible parle du travail

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EXTRAITS CHOISIS ET ADAPTÉS PAR PRISCA WILES

Épanouissement et fardeau, le travail n’échappe pas aux contradictions de notre existence.

Quand la Bible parle du travail

Il est souvent question du travail dans la Bible, mais on n’y trouve pas d’exposé d’une éthique élaborée du travail. Deux perspectives dominent la conception biblique : d’une part, le travail est considéré comme une bonne chose, voulue par Dieu pour le bien et la joie de l’homme ; d’autre part, il apparaît comme un fardeau, une source de souffrance. Les premières pages de la Bible, présentent ces deux perspectives. À la création, le travail est un mandat confié par Dieu à l’humain. À la suite de sa désobéissance, une condamnation s’attache au travail, qui devient par là-même pénible.

Un mandat divin

L’être humain, tel que l’a voulu le Créateur, est actif et non oisif. Il n’est pas dans l’obligation de se soumettre à une nature immuable et sacrée. Il est appelé à transformer le monde par son intelligence, son savoir-faire, son industrie. L’homme, par conséquent, n’est pas seulement un être de nature, mais aussi de culture. L’activité de l’homme reflète et imite celle de Dieu. Tout au long de la Bible, pour faire comprendre le sens de son action, Dieu est présenté comme quelqu’un qui travaille : potier, jardinier, couturier, juge, berger, médecin, etc. Il fait confiance aux humains, leur confie une mission et prend plaisir à bénir leur œuvre.

Une œuvre à accomplir

Puisque Dieu fait de l’homme son intendant, il est normal qu’il lui ordonne de travailler. Tel est le sens du travail : faire le bien, rechercher ce qui est utile aux autres, au lieu de vivre en parasite et à leurs dépens. On comprend alors que la Bible condamne la paresse.

Le travail contribue à développer la vie sociale, les relations avec autrui, puisque par son travail, l’homme participe à une œuvre commune ; il est lié aux autres hommes dans une interdépendance qui lui rappelle sans cesse qu’il ne peut vivre seul.

Malgré le péché, l’activité humaine n’est pas méprisable, ni privée de sens aux yeux de Dieu. L’homme peut faire de son activité une œuvre, la subordonner à un projet utile. Cette activité a alors une valeur non seulement à ses propres yeux, mais aussi à ceux de Dieu et des autres humains. Par son travail, l’homme devient ainsi un reflet de Dieu. Il peut s’en réjouir et y trouver un sens.

Une souffrance à affronter

La Bible utilise aussi un terme qui indique la peine, l’effort, la souffrance pour parler du travail. Le labeur des hommes ne se fait pas toujours dans la joie et la liberté, il peut aussi être vécu dans la peine, la contrainte, la frustration. Le travail n’est pas devenu une chose mauvaise, mais une chose pénible.

La loi de l’Ancien Testament protégeait les employés, mais elle n’était pas toujours appliquée. Les prophètes d’Israël se sont élevés contre ceux qui s’enrichissaient sur le dos de leurs ouvriers, qui retenaient leur salaire et les forçaient à s’endetter.

L’obligation de travailler, d’accepter des tâches fatigantes ou mal payées est un autre côté de la peine du travail. La plupart des hommes travaillent par nécessité, sous la contrainte du besoin.

Vanité

Même quand elle est réussie, l’œuvre humaine est source de frustrations, d’insatisfactions. Pourquoi cette vanité ? Elle tient essentiellement au fait que l’homme travaille pour lui-même, comme s’il était, non l’intendant du domaine de Dieu, mais le propriétaire, comme si sa vie ne dépendait pas de Dieu, mais de lui seul, de son travail. Son œuvre prétend se suffire à elle-même. Par elle, l’homme croit assurer son bonheur présent et à venir, en accumulant des richesses, mais un jour ou l’autre, il découvrira que « même dans l’abondance, la vie d’un homme ne dépend pas de ce qu’il possède ».

Œuvre et peine

Quelle est la conclusion de la Bible ? L’homme ne doit pas mettre son orgueil dans ses ouvrages, il doit travailler sans illusion sur le bonheur qu’il en tirera. Il peut cependant « se réjouir de ses œuvres ». Il doit les accomplir de tout son cœur, en se souvenant que tous ses biens sont à recevoir comme un don de Dieu qui jugera toute son œuvre. La Bible relativise les réalisations humaines, mais elle ne les méprise pas. Même si le sol est maudit, Dieu est disposé à bénir le travail de l’homme.

Par son travail, l’homme est créateur de richesses qui ne sont pas seulement matérielles. Elles concernent aussi toutes sortes de services qui rendent la vie humaine plus facile : éducation, commerce, communication, médecine... Dieu attache du prix au labeur des hommes.

Le travail permet à l’homme de se procurer de quoi vivre et faire vivre les siens. Les humains travaillent aussi dans l’espoir d’acquérir des biens qui rendront leur existence plus agréable, plus sûre, plus facile.

Un service rendu

Par son travail, l’homme remplit le mandat que Dieu lui a confié. Lorsqu’il agit en bon administrateur des biens de Dieu, l’homme répond, par un travail bien fait, à l’attente de Dieu, le réjouit et le glorifie. Celui qui est conscient de mettre en œuvre par son labeur les dons et talents reçus de Dieu, voit dans son travail une occasion de rendre grâce à Dieu. L’apôtre Paul recommandait à ses lecteurs : « Tout ce que vous faites, faites-le de bon cœur, comme pour le Seigneur et non pour des hommes. » Le travail est l’un des lieux où se vit la vocation du chrétien, qui est de servir. Aucune tâche ne peut être méprisée dès lors qu’elle a valeur de service puisqu’elle est, par là-même, une expression de l’amour du prochain.

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Genèse 1 à 3 ; Jérémie 18 ; Psaumes 50, 23, 103 ; Deutéronome 30.9 ; Exode 20.16 ;

Deutéronome 5.14 ; 24.14-15 ; Jérémie 22.23 ; Amos 2.6-7 ; Luc 12.15 ;

Ecclésiaste 3.22, 9.10, 5.18, 12.14 ; Psaume 65 ; Luc 10.7 ; Exode 20.9-10 ;

Deutéronome 5.12-15 ; Colossiens 4.23.

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