Vents d’ici et d’ailleurs

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Le vent laisse des traces dans la nature et dans nos mémoires. 

Vents d’ici et d’ailleurs

J’ai affronté le vent d’autan à mon arrivée à Toulouse alors que j’étais encore adolescente. Ce vent qui fait claquer tous les volets et dont les rafales vous soufflent un air chaud à la figure. Comme vous ne pouvez pas ouvrir la fenêtre, vous suffoquez. Maman le redoutait, moi aussi. Je ne me suis pas établie dans la cité rose à cause de lui.

Un matin, la ville de Tarbes se réveille ... teintée d’ocre. Le vent du Sahara, en franchissant les Pyrénées s’est chargé d’humidité et a déposé une pellicule de sable sur les voitures, la chaussée, les massifs. Le même phénomène, très atténué, a été remarqué, il y a peu, en région parisienne.

Lors d’une méharée dans le Hoggar, au campement, le Touareg a du mal à faire prendre son feu. Un vent de sable s’est levé et chacun s’enveloppe autant qu’il peut et tente d’enrouler chèche ou foulard pour esquiver le sable qui s’immisce partout. La galette au menu du soir, censée cuire sous la cendre, crissera sous la dent. Elle aura plus le goût de sable que de farine.

Je me souviens de la tempête de Noël 1999. Toute la nuit, j’ai entendu un bruit sourd régulier qui faisait imaginer que les volets de la cuisine, restés ouverts, sortaient de leurs gonds. Au matin, en ouvrant la porte d’entrée, un tronc en barrait le seuil à 50 cm. C’était le frêne qui s’était déraciné puis affalé.

Et puis, il y a ces jours, et surtout ces nuits, où l’orage n’arrive pas à éclater. C’est étouffant et on voudrait tant qu’un coup de vent vienne nous libérer de l’oppression irrespirable et que l’orage survienne enfin pour rafraîchir l’atmosphère.

Il y a aussi ce zéphyr que j’ai connu aux États-Unis (Bryce Canyon, dans l’Utah). Il effleure juste votre peau bronzée et l’empêche de brûler sous le soleil de plomb (38°). Vous appréciez ainsi les silhouettes de rochers roses sculptés qui se détachent sur l’immense fond d’azur. 

Avez-vous également savouré à la tombée de la nuit, l’heure où les parfums s’exhalent librement ? L’effluve des magnolias en fleurs dans cette avenue de Los Angeles ? La fragrance enivrante du musc dans ce jardin de Tamanrasset ou celle du jasmin sur cette terrasse de Pondichéry ? Point de souffle. Juste une respiration qui chatouille agréablement vos narines. 

La nature est un orchestre et chaque vent joue sa partition : mugissement ou bruissement, claquement ou caresse …

Ne serait-ce pas aussi la voix de Dieu qui s’adresse à nous à travers les éléments ?

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