Cette prédication, comme il apparaît dans son introduction, s’est inscrite dans un programme préétabli dont je n’avais pas la maîtrise : il a été élaboré par les pasteurs de l’Église où j’ai été invité. C’est le simple « hasard » du calendrier qui m’a fait « tomber » sur cette section plutôt que sur une autre. Les avantages d’une série de prédications sur le même livre sont, d’une part, la continuité et, d’autre part, l’obligation d’aborder telle section du texte que l’on n’aurait pas l’idée de choisir ou dont il serait malaisé de justifier le choix devant l’assemblée.
La section (13 versets) est assez longue pour laisser encore un peu de choix. Mais on peut difficilement échapper aux problèmes qui ne manquent pas de surgir à l’écoute du texte. C’est certainement une des responsabilités du prédicateur d’aider le croyant à résoudre les difficultés rencontrées dans la lecture de certains passages de la Bible et de l’orienter vers des conclusions édifiantes et stimulantes pour la foi et la pratique.
La fin de la prédication est, je l’avoue, assez abrupte. Elle laisse des questions en suspens, des précisions supplémentaires seraient probablement utiles, peut-être un exemple concret de compromis en matière de foi ou de conduite ?
Lendemains de fête… Les lendemains de fête ne sont pas toujours très exaltants. On retrouve la routine de la vie ordinaire avec ses contraintes. On retrouve aussi parfois les tensions ou même les conflits, oubliés pour un temps dans l’euphorie et la communion de la fête.
Lendemains de fête, c’est l’atmosphère dans laquelle nous plonge le texte qui nous échoit aujourd’hui, à vous et à moi, après la belle fête rapportée dans les versets qui précèdent. Et même si certains événements rapportés se sont produits bien des années après, c’est l’impression que le récit produit sur nous. Comme tout nous paraîtrait plus satisfaisant si le livre dont la méditation se poursuit ici, dimanche après dimanche, se terminait sur la cérémonie de dédicace de la muraille de Jérusalem ! Quelle belle fin cela ferait ! Une fin logique. C’est pour que les ruines de Jérusalem soient relevées que Néhémie est venu à Jérusalem. Tout le monde s’y est mis, la muraille est réparée, malgré les obstacles, malgré les ennemis et tout se termine par une belle fête où l’on chante, où tout le monde est joyeux.
Eh bien non ! Ce n’est pas ainsi que se termine le livre de Néhémie et c’est certainement utile pour notre instruction. Tant que nous serons dans ce monde, il nous faudra, il nous faut, gérer des lendemains de fête. Et le texte d’aujourd’hui est là, tout exprès, pour nous y aider. Pour stimuler notre réflexion et orienter notre action.
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La première direction vers laquelle le texte nous oriente est celle de l’organisation dans la durée. La fête implique une organisation, un effort collectif auquel beaucoup participent. L’investissement est souvent important mais il est limité dans le temps. Et parce que l’engagement est limité dans le temps, il est plus facile de trouver des bonnes volontés : un élan se crée qui entraîne, c’est la joie, la spontanéité, la ferveur. Mais dans la durée… les choses sont plus difficiles. Elles sont plus difficiles, mais elles sont d’autant plus importantes.
La fin du chapitre 12 le met bien en évidence. Dans la fête qui précède, le personnel du culte, les prêtres, les lévites et, parmi eux, les musiciens et les chanteurs, sont constamment mentionnés. Ces personnes dédiées au culte ne s’improvisent pas lors d’une fête, elles doivent être organisées et entretenues dans la durée, comme la loi de Moïse le prévoit, avec, en plus, les aménagements apportés par David et Salomon pour intégrer la musique dans les fonctions des lévites. Cela implique des locaux pour entreposer les offrandes et les dîmes avant qu’elles soient réparties entre les bénéficiaires. Il faut des responsables pour garder les locaux et gérer les stocks.
Alors, bien des choses ont changé depuis, et la vie d’une communauté chrétienne comme celle que nous formons ici s’organise de manière assez différente, mais il faut toujours une continuité :
- Des locaux qu’il faut nettoyer, entretenir, réparer, rénover,
- Des services qui doivent être assurés régulièrement, comme l’instruction des enfants, la présidence des cultes, les groupes de quartier, la présence aux heures d’ouverture du lieu de culte, l’accompagnement musical des cultes, la chorale,
- La rétribution des pasteurs, la gestion des finances de l’association.
Tout cela, c’est...
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