Fiers d’être évangéliques ?! L’autorité de la Bible

Texte de prédication

   Introduction

Le projet d’une série sur « Fiers d’être évangéliques ?! » est né du désir de présenter l’identité évangélique au-delà des clichés dans ma communauté, voyant que plusieurs membres de l’Église étaient gênés de présenter l’Église comme évangélique et préféraient l’appellation « protestante ». Si je ne vois pas de difficulté à assumer joyeusement l’héritage de la Réforme protestante, je trouve dommage d’abandonner ce qui est affirmé dans le mouvement évangélique.

J’ai ainsi prévu une série de quatre prédications thématiques, prenant quatre piliers de la piété évangélique inspirée du quadrilatère de David W. Bebbington (résumant l’identité évangélique en quatre points : le biblicisme, le crucicentrisme, le conversionnisme et le militantisme), tout en restant consciente que les contours exacts peuvent varier selon les sources et les contextes.

Mon défi, dans cette série de prédications, était de ne pas me cantonner à l’enseignement, et d’intégrer une dimension d’interpellation pour que les auditeurs se positionnent personnellement sur ces questions.

La série se composait des quatre prédications suivantes, et vous trouverez dans les lignes qui suivent l’introduction à cette série et son premier développement sur la question de « l’autorité de la Bible » :

  • L’autorité de la Bible (2 Tm 3.14-17)
  • La mort du Christ en sacrifice expiatoire (Rm 3.21-26)
  • La nécessité de la conversion personnelle (Mc 8.34-9.1)
  • La portée universelle de l’Évangile (Jn 14.1-7)

Fiers d’être évangéliques ?! (1/4) : L’autorité de la Bible

Introduction à la série

Comment vous présentez-vous quand vous parlez de votre foi ? 

Chrétien ? Protestant ? Est-ce que vous osez dire que vous êtes évangélique ? Vous me direz, ce n’est pas forcément l’élément essentiel à dire en premier quand on aborde la foi avec quelqu’un – entièrement d’accord ! Mais si vous l’invitez à un culte ou à une soirée de louange, très vite, le mot évangélique va ressortir, puisque c’est dans l’intitulé de notre Église.

En France métropolitaine, c’est un titre difficile à assumer (aux Antilles, c’est beaucoup plus présent !) parce que les protestants sont largement minoritaires, et donc les évangéliques aussi, qui sont une sous-branche du protestantisme et comptent pour environ la moitié des protestants en France (approximativement 750.000 évangéliques en France, pour 665 millions dans le monde). Il y a d’autres raisons qui se comprennent par l’Histoire.

Le protestantisme naît au 16e siècle sous l’impulsion de Luther, puis de Calvin, théologien français. À partir d’eux, se développe tout un mouvement que l’on appelle la Réforme, puisqu’il s’agit de réformer la foi chrétienne en revenant aux sources de la Bible, et en faisant le tri dans la tradition.

Qui sont les évangéliques ? Ce sont des protestants qui, au cours des générations, ont gardé cet esprit de réforme et ont appelé à revenir aux sources dès qu’ils trouvaient que la foi protestante commençait à dévier ou à s’endormir. Dès le 17e siècle par exemple, on trouve un mouvement piétiste qui cherche à sortir des débats théologiques (catholiques–protestants et intraprotestants), débats devenus très intellectuels, pour rappeler que l’essentiel c’est d’abord notre relation personnelle avec Dieu, au jour le jour – la piété, d’où le mouvement « piétiste ». Et au fur et à mesure des générations, devant tel manque ou tel excès, vont fleurir ces réveils, ces rappels, généralement mal pris, ce qui conduit donc à des séparations et à la naissance de nouveaux mouvements. Du coup, il y a eu une prolifération de mouvements, pas toujours pour les meilleures raisons, ce qui conduit à une confusion devant la nébuleuse évangélique. Qui sont-ils ? Ils sont divisés, éparpillés. Ça n’aide pas à assumer le titre ! D’autant que les protestants, en général, n’ont pas une figure d’autorité centrale qui aurait le pouvoir de dire qui est, ou n’est pas, dans le bon chemin… Il y a donc aussi des mouvements qui se disent évangéliques ou chrétiens, mais qui sont à la frontière des sectes. Il faut rester vigilant.

Par ailleurs, beaucoup d’évangéliques ont fui les guerres de religion en partant pour des pays où ils pourraient pratiquer leur foi plus librement, comme les Amériques au 17e siècle, ce qui explique notamment leur forte présence outre-Atlantique, même si bien...

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#133 - Octobre 2024

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