Si Dieu existe, pourquoi la souffrance ?

Dans la chanson Le blues de l’instituteur, Grand Corps Malade déclame :
« Hier soir une fois de trop j’ai allumé la télévision
Sur les coups de vingt heures, c’était les informations
Et tout à coup dans la pièce s’est produit comme une invasion
De pleurs et de douleurs, c’était pire qu’une agression
Hier soir l’actualité comptait beaucoup plus de morts
Que de cheveux sur le crâne de Patrick Poivre d’Arvor
Et c’est comme ça tous les jours un peu partout sur Terre
J’crois qu’il fait pas bon vivre au troisième millénaire. »
Ces lignes traduisent, dans un style léger, une lourde réalité : la réalité de la souffrance qui ne se limite pas au troisième millénaire. Elle traverse l’ensemble de l’histoire de l’humanité et chaque être humain en fait l’expérience. Où est Dieu dans tout cela ?

La question qui se présente à nous est l’une des plus profondes de la foi chrétienne. Elle a fait couler beaucoup d’encre au cours de l’histoire. Mais surtout, la souffrance a fait couler et continue de faire couler beaucoup de larmes. Le mal est présent dans notre monde et parfois de manière insoutenable.
Face à cette souffrance, certaines personnes nient l’existence de Dieu. D’autres rejettent un Dieu qui laisserait le mal se produire. Quand bien même il existerait, il ne serait pas digne de notre confiance et de notre adoration. Pour ma part, je pense qu’il existe une autre voie, celle de la confiance dans le Dieu de la Bible qui offre des solutions concrètes à la souffrance dans le monde.

Nier l’existence de Dieu ne résout pas le problème de la souffrance
Sans Dieu nous perdons les raisons de nous plaindre
Si nous nions l’existence de Dieu, alors nous faisons disparaître la tension théorique entre la bonté de Dieu, sa toute-puissance et la présence du mal, mais nous ne sommes pas débarrassés du mal pour autant.
Pire encore, sans Dieu, nous perdons les raisons de nous insurger contre le mal. En effet, dans un monde issu du hasard, le mal advient un point c’est tout. Il peut même s’expliquer par des phénomènes naturels ou l’instinct animal de l’être humain. Il trouve alors une place normale dans le monde.
Le biologiste athée militant Richard Dawkins écrit :
« Dans un Univers où les acteurs sont des forces physiques aveugles et la réplication génétique, certains vont souffrir, d’autres auront de la chance, et il n’y aura ni rime, ni raison à cela, ni aucune justice. L’Univers que nous observons a exactement les propriétés auxquelles on peut s’attendre s’il n’y a, à l’origine, ni plan, ni finalité, ni mal, ni bien, rien que de l’indifférence aveugle et sans pitié […] L’ADN ne sait ni n’a cure. L’ADN existe, simplement. Et nous dansons sur sa musique . »
Pouvons-nous approuver ce constat ? Pouvons-nous accepter que le monde dans lequel nous vivons corresponde à ce que nous devons espérer ? Si nous retirons Dieu de l’équation, nous perdons les fondements de notre révolte contre le mal.
Un problème qui pointe vers Dieu
Notre révolte contre le mal ne serait-elle pas un argument en faveur de l’existence de Dieu ? Je m’explique : si nous nous révoltons contre le mal, c’est que nous estimons qu’il ne devrait pas se produire. Si nous estimons que quelque chose ne devrait pas se produire, c’est que nous estimons qu’il existe un ordre selon lequel les choses devraient se produire. Mais d’où vient cet ordre dans un monde sans Dieu ? S’il existe un ordre selon lequel les choses devraient se passer, la meilleure explication est qu’il existe un Dieu qui a créé l’Univers.

L’auteur britannique C. S. Lewis (1898-1963), professeur de littérature à Oxford puis à Cambridge, athée devenu chrétien suite à un long cheminement intellectuel, notamment au contact de son ami catholique J.R.R. Tolkien, auteur du Seigneur des anneaux, a suivi ce raisonnement et a écrit :
« L’argument que je retenais contre Dieu était que l’univers paraissait si cruel et si injuste ! Mais d’où pouvait bien me venir cette idée de juste et d’injuste ? On ne peut définir une ligne brisée qu’en possédant la notion de ligne droite. À quoi comparais-je cet univers quand je l’appelais injuste ? Si tout le spectacle était mauvais et sans signification de A à Z, pourquoi donc moi, acteur supposé, avais-je une telle réaction contre lui ? […] Naturellement, j’aurais pu abandonner mon idée de justice en disant que ce n’était qu’une idée personnelle, mais me résoudre à cela annulait mon argument contre Dieu de la même façon. Car mon plaidoyer tenait à l’opinion que le monde était réellement injuste, et non qu’il ne plaisait pas à mes fantaisies . »
Le constat d’injustice dans le monde montre à Lewis qu’il possède la notion de justice. Cette notion a une source au-delà du monde dans lequel il vit. Ainsi, le caractère révoltant, anormal du mal pointe en faveur d’un ordre moral dans l’Univers et donc de l’existence de Dieu.
La Bible apporte une réponse unique et réconfortante
Admettons que Dieu existe, comment concilier sa bonté, sa toute-puissance et la présence du mal dans le monde ?

Il paraît impossible de concilier les trois sommets du triangle.
La Bible ne donne pas de réponse théorique
Tout d’abord, il faut reconnaître que la Bible ne fournit pas de réponse théorique au problème du mal. Elle se contente d’affirmer simultanément les trois sommets du triangle : Dieu est bon, Dieu est tout-puissant et le mal existe. La possibilité de maintenir ensemble ces trois vérités relève du mystère et même du « mystère opaque  », comme le dit le théologien Henri Blocher.
Cela peut paraître décevant, mais je pense au contraire que c’est la seule solution soutenable. Ne pas avoir de réponse au problème du mal est compréhensible : on peut comprendre qu’on ne peut pas comprendre. En effet, comprendre le mal, ce serait l’excuser, lui enlever son caractère absolument scandaleux. Ce serait en faire un élément normal de l’existence. Seul le maintien des trois sommets du triangle permet de justifier raisonnablement notre indignation spontanée devant le mal et l’espérance de la victoire finale sur lui.

La Bible apporte une réponse pratique unique
La solution proposée par la Bible ne s’arrête heureusement pas là : si la Bible ne donne pas de réponse théorique au problème du mal, elle offre une solution pratique. Et finalement, n’est-ce pas cela le plus important ? Si vous êtes victime d’un accident de voiture et que vous êtes blessé, préférez-vous qu’on vous explique le pourquoi de l’accident (les forces physiques entrées en jeu, pourquoi votre corps saigne, pourquoi vous souffrez…) ou bien qu’on vole à votre secours en appelant les pompiers ? La solution biblique se décline en quatre axes.

1. La Bible présente un Dieu qui a connu la souffrance
Le Dieu de la Bible n’est pas lointain. La Bible nous présente un Dieu qui est venu sur la Terre en la personne de Jésus (voir le chapitre p…) et qui a connu la souffrance.
Un auteur biblique écrit, en parlant de Jésus : « Car du fait qu’il a souffert lui-même quand il a été mis à l’épreuve, il peut secourir ceux qui sont mis à l’épreuve. » (Hébreux 2.18, traduction NBS)
L’écrivain franco-belge Éric-Emmanuel Schmitt exprime cette idée dans son livre Oscar et la dame rose. Dans ce roman, Mamie-Rose, une visiteuse d’hôpital, accompagne Oscar, atteint d’un cancer. Pour le divertir, elle lui fait croire qu’elle est catcheuse. Un jour, elle lui propose d’aller voir Dieu. Pour cela, elle l’amène dans la chapelle de l’hôpital et lui montre la statue de Jésus en croix. Voici les réflexions d’Oscar :
« Ça m’a fait un choc quand j’ai vu ta statue, enfin, quand j’ai vu l’état dans lequel tu étais, presque tout nu, tout maigre sur ta croix, avec des blessures partout, le crâne qui saigne sous les épines et la tête qui ne tenait même plus sur le cou. Ça m’a fait penser à moi. Ça m’a révolté. Si j’étais Dieu, moi, comme toi, je ne me serais pas laissé faire.
— Mamie-Rose, soyez sérieuse : vous qui êtes catcheuse, vous qui avez été une grande championne, vous n’allez pas faire confiance à ça !
— Pourquoi Oscar ? Accorderais-tu plus de crédit à Dieu si tu voyais un culturiste avec le bifteck ouvragé, le muscle saillant, la peau huilée, la petite coupe courte et le mini-slip avantageux ?
— Ben…
— Réfléchis Oscar. De qui te sens-tu le plus proche ? D’un Dieu qui n’éprouve rien ou d’un Dieu qui souffre ?
— De celui qui souffre, évidemment . »
Le Dieu biblique est un Dieu qui a souffert et qui est donc capable de compatir avec ceux qui souffrent. Un théologien britannique a écrit :
« S’il n’y avait pas eu la croix, jamais je n’aurais pu croire en Dieu. Le seul Dieu en qui je crois est celui que Nietzsche a tourné en dérision en le surnommant “Dieu de la croix”. Dans notre monde de souffrance, comment pourrais-je adorer un Dieu qui en aurait été exempt  ? »
Le Dieu présenté dans la Bible n’est pas un Dieu distant qui observe de l’extérieur la peine humaine. Dieu est venu dans notre monde de souffrance. Il l’a connue de l’intérieur.
Mais la souffrance de Dieu en Jésus-Christ a un sens plus profond : si Jésus a connu le mal, c’est pour nous en délivrer.

2. La Bible présente un Dieu qui règle le problème du mal
La mort de Jésus sur la croix a un sens très particulier. Par cet acte, Jésus règle le problème du mal.
Selon la Bible, le mal est entré sur la Terre lorsque l’humanité a désobéi à Dieu. Dieu ne voulait pas le mal. Il avait placé les êtres humains dans un cadre idyllique nommé Éden, ce qui signifie « délices ». Mais ceux-ci se sont détournés de leur créateur, ils ont préféré déterminer par eux-mêmes ce qui est bien ou ce qui est mal, au lieu de faire confiance à Dieu. C’est ce qu’on appelle le péché.
Les conséquences de cet acte offensant sont tragiques : c’est l’éloignement de Dieu et, finalement, la mort. La créature, étant séparée de son créateur, connaît alors un dérèglement dans tous les domaines de sa personne, ce qui engendre la souffrance. Comme un arbre souffre et sèche lorsqu’il est coupé de sa source d’eau, de même l’être humain souffre et meurt à petit feu.
Mais Dieu a prévu une solution. Lui, l’être moralement parfait, a accepté de porter le jugement d’êtres moralement condamnables tels que nous. Pour cela, il a revêtu notre condition d’humain, en la personne de Jésus, et donné sa propre vie. Jésus est ensuite ressuscité : il a vaincu le mal et la mort. Il montre ainsi qu’une nouvelle vie est possible et il ouvre une perspective où le mal n’a plus sa place. Ainsi, si nous nous détournons de notre manière de vivre qui était de mettre Dieu de côté et si nous plaçons notre confiance en Jésus, nous sommes rétablis dans notre relation avec Dieu.
Notons qu’à l’événement de la mort et de la résurrection de Jésus, les trois sommets du triangle sont affirmés ensemble : le mal existe et mérite d’être condamné ; la bonté de Dieu s’exprime en ce que lui-même vient porter la condamnation ; la toute-puissance de Dieu se manifeste à la résurrection. C’est ainsi que le mal est vaincu.
Cela a des conséquences dans la vie du croyant : Dieu promet une restauration progressive dans la vie de ceux qui se confient en lui et surtout une restauration totale à venir. Dieu offre une éternité sans malheur ! Un verset biblique explique :
« Il essuiera toute larme de leurs yeux, la mort ne sera plus et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car ce qui existait avant a disparu. » (Apocalypse 21.4)

François Cheng, poète français d’origine chinoise, membre de l’Académie française, a connu l’horreur de la guerre pendant son enfance. Il écrit en parlant de lui à la troisième personne :
« Aucune vérité de vie ne sera désormais valable à ses yeux si elle ne répond pas de façon absolue à la double question posée par les deux mystères qui campent aux extrémités de l’univers vivant, le mystère de la beauté sublime et celui du mal radical. »
Il continue en parlant de Jésus :
« En un unique acte et un acte unique, il a tenu les deux bouts de la vérité. C’est bien ce qui est arrivé : il a affronté le mal radical et, dans le même temps, il a montré qu’existe le bien absolu – l’amour absolu. Il est passé par cette mort indispensable, parce que c’était la seule manière justement de vaincre la mort, en offrant une voie ouverte à la destinée humaine. Avant lui, personne n’était allé aussi loin. Après lui, personne ne pourra aller aussi loin. Dans la continuité du temps humain, une coupure s’est effectivement faite : avant lui/après lui . »
Ainsi, en la personne de Jésus, Dieu a connu la souffrance et a permis sa destruction finale. Ce que nous vivons maintenant n’est pas le point final de l’histoire. Si c’était le cas, je comprendrais qu’on critique la bonté ou la toute-puissance de Dieu. Mais Dieu n’a pas encore dit son dernier mot. Un jour, il restaurera toute chose et offrira au croyant un avenir débarrassé de la souffrance.
En attendant cet avenir plein d’espérance, Dieu ne manque pas de nous accompagner sur la Terre.

3. La Bible présente un Dieu qui accompagne celui qui souffre
Un texte de la Bible annonce : « L’Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux dont l’esprit est abattu. » (Psaumes 34.19)
Dieu ne laisse pas l’humain seul face à la souffrance, il apporte sa consolation. Plusieurs croyants témoignent du soutien de Dieu face à l’adversité. Je pense à Nick Vujicic. Il est né sans bras ni jambes et a vécu de réelles souffrances, notamment à cause du regard des autres. À 8 ans, il voulait mettre fin à ses jours. Sa foi l’a aidé à surmonter les difficultés et à accepter sa différence. Il remercie même Dieu d’être en vie. Dans son livre Tiens bon !, il écrit avec humour : « Les bras de Dieu sont plus longs que les nôtres… les miens en particulier  ! » La joie, le courage et l’espoir qui rayonnent aujourd’hui de sa personne, il les puise en son Dieu. Voici ce qu’il exprime : « Je sais que Dieu est bon. S’il laisse quelque chose de mal arriver, je peux ne pas comprendre, mais je peux m’accrocher à sa bonté. » Ainsi, Dieu accompagne celui qui se confie en lui. Le croyant n’est pas immunisé contre la souffrance, mais il la traverse, assuré de la présence de Dieu à ses côtés.

4. La Bible invite à combattre le mal
Deux amis discutent ensemble. L’un dit à l’autre : « J’aimerais demander à Dieu : “Pourquoi il y a tant de souffrance et d’injustice dans le monde alors que tu pourrais faire quelque chose ?” » Et l’autre, de lui répondre : « Moi, j’ai peur que Dieu me pose la même question ! »

Dieu engage le croyant à lutter contre le mal. Un des grands exemples de cette lutte est la création des hôpitaux où les croyants exerçaient l’hospitalité chrétienne. La réconciliation avec Dieu et l’espérance d’un avenir débarrassé du mal ne retirent pas le croyant du monde, au contraire, elles l’engagent à œuvrer afin de diminuer les causes et les conséquences du mal dans le monde. En attendant la restauration de toutes choses et fort de la présence de Dieu, le croyant est appelé à combattre le mal dans le monde.
Jusqu’à présent, nous avons vu que la Bible ne donne pas d’explication théorique au mal, mais qu’elle nous présente un Dieu qui a connu le mal, qui a agi pour nous en débarrasser, qui offre sa présence consolatrice au croyant et qui nous invite à faire reculer le mal. Plusieurs questions persistent encore, notamment, pourquoi ne supprime-t-il pas la souffrance dès maintenant ?
Pourquoi Dieu n’intervient-il pas dès maintenant pour supprimer la souffrance ?
Les différentes solutions apportées par Dieu ne disent pas pourquoi il n’intervient pas dès à présent pour stopper la souffrance.
Pourquoi n’empêche-t-il pas l’enfant de tomber du balcon, le chauffard de prendre la voiture ?

1. Dieu juge et limite le mal
Tout d’abord, sommes-nous vraiment sûrs qu’il n’agit pas ? Il est possible que Dieu intervienne pour éviter le mal sans que nous le sachions. La Bible présente plusieurs récits où Dieu agit directement dans sa création pour limiter le mal. Peut-être l’a-t-il fait dans votre vie ?

2. Dieu valorise la responsabilité humaine
Ensuite, Dieu a doté les êtres humains d’une dignité élevée dont une des marques est la responsabilité. Si Dieu intervenait systématiquement pour empêcher toute souffrance, nous serions comme dans une maison hantée, où la causalité normale n’aurait pas cours. Nous serions dégagés des conséquences de nos actes. Nous ne serions plus responsables.
En outre, il serait difficile de déterminer à quel moment Dieu devrait agir et à quel moment il devrait laisser les conséquences se produire.
Par exemple, à partir de quel montant Dieu devrait-il nous empêcher de voler ? Cinq centimes ? Dix euros ? Cent euros ? Un million d’euros ? Dieu nous a donné un sens moral ainsi que des consignes pour vivre. C’est à nous de les respecter avant de vouloir que Dieu enlève les conséquences de nos mauvaises actions.

3. Dieu fait preuve de patience
Une autre piste de réflexion concernant la question « Pourquoi Dieu n’agit-il pas tout de suite ? » est la patience de Dieu. En effet, supprimer la souffrance implique également d’arrêter ceux qui la causent, et il est bien possible que cela nous inclue personnellement.
L’auteur russe Alexandre Soljenitsyne, qui a survécu aux camps du goulag de Staline, a écrit :
« Si seulement tout était aussi simple ! Si seulement il y avait quelque part des personnes malfaisantes qui commettent insidieusement des actes malfaisants, et s’il suffisait de les séparer du reste d’entre nous et de les détruire ! Mais la ligne de démarcation entre le bien et le mal traverse le cœur de chaque être humain. Et qui est prêt à détruire un morceau de son propre cœur  ? »
En vertu de sa bonté, Dieu va un jour supprimer la souffrance mais, en vertu de sa patience, il laisse encore du temps pour que plusieurs se tournent vers lui. C’est ce qu’écrit l’apôtre Pierre :
« Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme certains le pensent ; au contraire, il fait preuve de patience envers nous, voulant qu’aucun ne périsse, mais que tous parviennent à la repentance. » (2 Pierre 3.9)
Le problème du mal nous touche, non pas seulement en tant que victime, mais parfois aussi en tant qu’acteur ou responsable. La solution biblique est d’autant plus intéressante pour nous. Jésus propose une solution pour cela : le pardon et un changement de cœur. Dieu retarde son jugement pour que nous puissions saisir cette main tendue.

4. Le mal est un avertissement
Pour finir, la présence du mal dans le monde peut être vue comme une mise en garde du jugement divin. Le mal dans le monde nous rappelle la situation dramatique de l’humanité vis-à-vis de Dieu : elle est séparée de lui et mérite son juste jugement.
Dans un passage de l’évangile de Luc , Jésus considère des malheurs – un massacre et une tour qui s’effondre – non pas comme des punitions directes de Dieu, mais comme des appels à se mettre en règle avec Dieu. Il énonce : « Si vous ne changez pas d’attitude, vous périrez tous de même. »
Les malheurs dans le monde nous rappellent notre situation malheureuse et nous invitent à changer d’attitude. Dans ce sens, C.S. Lewis écrit :
« Dieu murmure dans nos plaisirs, il parle dans notre conscience, mais sa voix devient une clameur dans nos peines. Elles sont le porte-voix dont il se sert pour éveiller un monde sourd . »
Conclusion
Nous avons commencé en présentant deux réactions possibles face à l’horreur du mal : la négation de Dieu et le refus de croire en un tel Dieu. La négation de Dieu ne résout pas le problème. Bien au contraire, elle sape tout fondement pour se révolter contre le mal. Le refus de croire en un Dieu qui laisse courir le mal est bien compréhensible.
Seulement, si l’on considère que ce n’est que pour un temps, et que ce temps est traversé par la présence d’un Dieu compatissant, capable de comprendre la douleur, d’un Dieu qui a accepté d’endurer la souffrance pour nous offrir un avenir heureux, nous avons toutes les raisons de croire en lui. Il nous demandera alors de nous engager dans la lutte contre le mal.
Je ne connais pas la situation que vous traversez, mais j’ai la conviction que vivre cette circonstance dans la confiance de la présence de Dieu et dans l’espérance d’une délivrance finale vous aiderait beaucoup.
Pour aller plus loin, voir la playlist « Le mal » : https://www.youtube.com/watch?v=MVMPadxNsgA&list=PL6xz9AsxAZLo1-12B0fZ32giIUshAfS4E

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