#140 - 2026-09-01

Les cahiers de l’École Pastorale

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Édito

Mobutu
Ce qui était un sobriquet cantonné à la sphère du football est devenu un phénomène planétaire pendant la coupe du monde. Sur les réseaux sociaux, dans la presse ou dans les stades, Kylian Mbappé se voit affublé du surnom peu flatteur de l’ex-dictateur du Zaïre, « Mobutu ». Partout sur la toile, des photomontages ou des vidéos générés par l’IA le revêtent des habits militaires ou du couvre-chef caractéristiques de l’ex-général. Ce qui est parti d’une blague dans les vestiaires est devenu un même viral.
Ce surnom est apparu dans un contexte où Mbappé était présenté par ses détracteurs comme un joueur omniprésent, arrogant, une « diva » autoritaire régnant sans partage sur le vestiaire, décidant de tout et semblant placer son ego au-dessus du collectif. Un collectif en peine pour remporter la ligue des champions lorsqu’il était au PSG ; un collectif parisien libéré lorsqu’il a quitté le club pour le Real Madrid, et remportant alors, les deux années suivantes, la prestigieuse compétition. Le même motif semblant se reproduire ensuite au Real Madrid.
Le phénomène est intéressant puisque c’est au moment même où ce sobriquet est révélé à l’échelle mondiale que le capitaine des bleus semble opérer une mue spectaculaire dans sa posture de leadership à la faveur de ce mondial 2026. La presse internationale célèbre désormais son altruisme, sa capacité à sublimer le collectif, à encourager et à servir ses coéquipiers. Le voilà manifestement désormais habité par le sens de la mission, le service de son pays, plutôt que la recherche d’une vaine gloire personnelle dans un rôle de capitaine qui le responsabilise plus qu’il ne le starifie. Il prend soin, à l’écoute de chacun, de montrer l’exemple auprès de ses jeunes coéquipiers sur le terrain et en dehors du terrain. Les témoignages se multiplient en ce sens, le résultat se voit, et il est gagnant.
Ce numéro des Cahiers de l’École pastorale nous parle aussi de travail d’équipe et de vocations exemplaires et inspirantes, particulièrement trois articles qui nous encouragent en ce sens. Le premier, par Timothée Minard souhaite encourager les responsables que nous sommes à être, à notre tour, des facilitateurs de vocation, par notre manière d’être et de conduire le ministère qui nous est confié. Suivre l’exemple de l’apôtre Paul, proposant le modèle apostolique d’un ministère vécu en équipe plutôt que celui d’un héros solitaire s’épuisant seul à tout faire. Pour le vivre, deux autres ressources nous aident à « mieux se connaître pour mieux travailler en équipe » (rubrique « l’Église dans tous ses états » par Lula et Benjamin Derœux) et à mieux communiquer en conséquence (« Ennéagramme et communication » par Asun Valderrama). Alors à chacun, par ces lectures et l’expérience que vous en ferez, nous souhaitons la même progression dans ce domaine que celle dont le capitaine des bleus a pu nous gratifier cet été. Bonne fin d’été à chacun !
Erwan Cloarec
Rédacteur en chef des Cahiers de l’École pastorale

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