La Bible est-elle vraiment fiable ?

Je produis des vidéos sur la chaîne « Thomas le pasteur ». Cela provoque plusieurs réactions d’acquiescement ou de contestation. L’un de mes plus fervents commentateurs écrit parfois : « Ce n’est pas parce que c’est écrit dans un vieux livre que c’est vrai. » Et il a raison ! Le simple fait que cela soit écrit dans un vieux livre n’est pas une preuve de vérité. Remarquons que cela n’est pas non plus une preuve de fausseté. Il en faut plus pour savoir si on peut faire confiance aux récits bibliques et je vais proposer quelques arguments dans ce chapitre.

La Bible est le livre le plus vendu au monde. Elle est traduite (entièrement ou partiellement) en plus de 3.800 langues, ce qui permet à 7,23 milliards de personnes de la lire. Elle est accessible à presque toute personne disposant d’un smartphone. Mais cette diffusion exceptionnelle ne renseigne en rien sur sa fiabilité. Certains livres, émissions et même films attaquent la Bible. Elle ne serait majoritairement qu’un ensemble de mythes copiés de cultures du Proche-Orient ancien. Qu’en est-il en réalité ? Malgré les expressions telles que « la bible du bricoleur », la Bible ne semble pas faire autorité ni même être utile pour la vie de tous les jours.

Qu’entend-on par fiable ?
Dans ce chapitre, nous nous demandons : La Bible est-elle fiable ? Avant de répondre, il faut d’abord s’interroger : « Fiable pour quoi ? » ou bien « Fiable dans quel domaine ? ».
La Bible est-elle fiable pour prédire les résultats de la prochaine élection présidentielle ? Absolument pas ! Peut-on lui faire confiance pour expliquer les procédés physiques qui ont amené l’Univers à l’existence ? Je ne le pense pas non plus ! Est-elle un livre historique qui présente les événements du peuple hébreu de manière neutre et exhaustive ? Je ne crois pas : les textes sont écrits avec une intention, celle de manifester l’action de Dieu au cours de l’Histoire. Est-elle pertinente pour connaître Dieu, savoir quelle est sa volonté pour l’humanité ? Absolument ! Et dans ce chapitre, je vais essayer de justifier ma foi en la vérité du texte biblique.

Avant de le faire, il faut encore préciser que la fiabilité du texte n’empêche pas un travail d’interprétation. La Bible est une collection de livres écrits par environ 45 auteurs, sur une période d’environ 13 siècles. Elle contient différents genres littéraires – récits, poèmes, visions, enseignement, rapports historiques… Cette courte description indique déjà la nécessité d’un travail de contextualisation et d’étude littéraire. Prendre la Bible au sérieux, c’est tenir compte du contexte historique, de l’intention des auteurs, du style littéraire, etc.

Cette démarche d’étude n’est pas une pirouette pour tordre le sens des passages qui ne me plairaient pas, comme l’avancent certains athées. En effet, les critères d’analyse sont indépendants de la facilité à accepter le texte et les conclusions ne nous caressent pas toujours dans le sens du poil. Surtout, ce n’est pas une pirouette, car le texte biblique lui-même justifie la pratique du travail interprétatif. Des personnes étaient chargées d’expliquer le texte (voir Néhémie 8.7 et Éphésiens 4.11 ) et la confrontation entre Jésus et Satan en Matthieu 4 montre qu’il ne suffit pas de citer un verset pour avoir raison. Il faut que le verset soit utilisé correctement, ce qui nécessite un travail d’interprétation.
Ainsi, avant de rejeter la Bible parce qu’elle serait fausse, j’inviterai chacun à vérifier si ce n’est pas l’interprétation de la Bible qui est mauvaise. Augustin, dans sa lettre à Marcelin, écrit :
« Et si l’autorité des saintes Écritures semble contraire aux enseignements clairs et certains de la raison, c’est qu’on n’a pas pu pénétrer leur vrai sens, et qu’on y a mis du sien : ce n’est pas dans les divins livres, mais en lui-même que le commentateur a trouvé ce qui est en opposition avec la vérité . »
Il est possible que certains discours chrétiens soient erronés sans pour autant que la Bible soit fausse.
Le texte s’est-il transmis avec fidélité au cours du temps ?

Venons-en maintenant à la question de la transmission du texte biblique.
Le plus vieux manuscrit contenant l’ensemble de l’Ancien Testament, écrit en hébreu, date du 11e siècle apr. J.-C. C’est le codex de Leningrad. Cela est très tardif, mais il existe d’autres manuscrits plus anciens, en hébreu, contenant seulement certains livres. Le texte de l’Ancien Testament nous est aussi parvenu par des traductions bien plus anciennes, par exemple la traduction grecque dite « Septante » qui date des 3e et 2e siècles av. J.-C. Un élément majeur en faveur de la bonne transmission du texte de l’Ancien Testament est la découverte, en 1947, des manuscrits de la mer Morte (ou manuscrits de Qumrân) qui remontent à une période située entre le 3e siècle av. J.-C. et le 1er siècle de notre ère. C’est un bond de 13 siècles en arrière par rapport au codex de Leningrad. La comparaison des deux sources révèle des différences minimes, ce qui permet de conclure à une transmission très fiable du texte pendant tout ce temps.

Pour le Nouveau Testament, nous pouvons dire que sa transmission est d’une qualité exceptionnelle. Premièrement, la rédaction est proche des faits. Le premier livre du Nouveau Testament – la première lettre aux Thessaloniciens – a été écrit en 50 ou 51 apr. J.-C. et les derniers écrits – ceux de Jean – datent de l’an 100.
Deuxièmement, le nombre de manuscrits est impressionnant : 5.795 en grec et plus de 15.000 en d’autres langues. À titre de comparaison, nous n’avons que 251 manuscrits de La Guerre des Gaules de Jules César et l’ouvrage de l’Antiquité qui compte le plus de manuscrits est l’Iliade d’Homère avec 1.757 exemplaires.
Troisièmement, l’écart de temps entre la rédaction et les premières copies retrouvées est minime : 40 ans pour le manuscrit P52 (contre 950 ans pour La Guerre des Gaules et 400 ans pour l’Iliade) .

Ces données font du Nouveau Testament le texte le mieux transmis de l’Antiquité. Inévitablement, les différents manuscrits contiennent des variations (mineures : absence ou présence de l’article, différence de temps du verbe, ordre des mots, absence d’un mot, ou plus importantes : mots différents, absence ou présence de certains versets ou même d’un ensemble de versets, déplacement de certains textes…). Un travail appelé « critique textuelle » permet de comparer les manuscrits et de trouver la version la plus fiable lorsqu’il y a des différences. Ainsi, le texte obtenu suite à ce travail de critique textuelle est estimé extrêmement proche de l’original, fiable à 99 %. Seuls quelques passages bien identifiés posent encore question .

Le texte contient-il la vérité au départ ?
Nous venons de voir que le texte de la Bible a été transmis avec une grande fidélité. Mais il est possible de transmettre un mensonge avec fidélité ; cela ne le rend pas vrai pour autant. Quels indices indiquent que le texte était vrai au départ ? C’est une large question.

Voici quelques éléments de réflexion :
Examinons d’abord les arguments externes. Plusieurs faits racontés dans la Bible trouvent des confirmations dans d’autres sources historiques. Voici quelques exemples pour l’Ancien Testament :
– Des tablettes retrouvées en 1974 sur le site archéologique d’Ebla (au nord de la Syrie actuelle) nomment cinq villes du livre de la Genèse dans le même ordre. Elles étaient jusqu’alors considérées comme légendaires.
– La stèle du pharaon Mérenptah, découverte à Karnak à la fin du 19e siècle, fait mention d’une peuplade nommée Israël, vivant en pays de Canaan vers 1200 av. J.-C.
– La défaite et la mort de l’empereur assyrien Sénachérib relatée en Ésaïe 36-37 sont corroborées par l’historien grec Hérodote (484-420 av. J.-C.).
– Le nom de David a été retrouvé gravé sur une stèle araméenne de la même époque (9e siècle av. J.-C.) et une dizaine de rois d’Israël ou de Juda sont cités dans des documents extérieurs contemporains.
– La révolte du roi de Moab Mésha (9e siècle av. J.-C.) mentionnée dans le récit biblique (2 Rois 3.5) est célébrée sur une stèle de l’époque conservée au Musée du Louvre.
– Des événements comme la prise de Jérusalem par Nebucadnetsar (587 av. J.-C. ; 2 Rois 25), le siège de Jérusalem par Salmanasar en 701 av. J.-C. et la prise de Lakis la même année (2 Rois 18.13-14), sont rapportés dans des chroniques royales babyloniennes ou assyriennes.
– L’archéologie permet de connaître les traditions des temps anciens. La présence de ces mêmes traditions dans la Bible permet de conclure qu’elle est bien un récit de son temps. À titre d’illustration, la mise à disposition d’une servante afin de garantir une descendance est une coutume du Proche-Orient ancien que l’on retrouve dans l’histoire d’Abraham.
Et voici d’autres éléments pour le Nouveau Testament :
– Le récit de l’historien Flavius Josèphe (37/38-100 apr. J.-C.) dans Antiquités Juives, XVIII.5.2, s’accorde avec les évangiles de Matthieu, Marc et Luc sur la mise à mort de Jean-Baptiste par décapitation, par Hérode .
– La mort de Jésus-Christ sous le règne de Ponce Pilate est confirmée par l’historien romain Tacite (58-120 apr. J.-C.) dans Annales, XV.44.
– Dans la lettre aux Romains , Paul mentionne Éraste comme trésorier de la ville de Corinthe. En 1929, une dalle a été trouvée portant l’inscription : « Erastus curateur des travaux publics a posé ce dallage à ses propres frais ». Vingt siècles plus tard, on se rend compte que ce détail de la Bible était vrai.
– Les détails géographiques présents dans les évangiles montrent qu’ils ont été écrits par des personnes qui connaissaient les lieux.
– Plusieurs lieux mentionnés dans les évangiles ont été retrouvés par l’archéologie : les piscines de Siloé (Jean 9.7), de Bethesda à Jérusalem (Jean 5.2-3), la synagogue de Capernaum (Luc 4.31, 34), etc.
– De même, plusieurs personnes mentionnées dans les textes du Nouveau Testament se retrouvent sur des inscriptions anciennes. Par exemple, la gravure appelée « Inscription de Pilate » retrouvée en 1961 mentionne « Ponce Pilate, préfet de Judée ».
– Les noms propres dans les évangiles correspondent aux noms propres des autres écrits de Palestine de cette période, dans les mêmes proportions. C’est un argument en faveur d’une rédaction proche des faits.
– À l’heure actuelle, aucun récit du 1er siècle contredisant les écrits du Nouveau Testament n’a été retrouvé.
Ces éléments ne garantissent pas la véracité de l’ensemble des faits rapportés par la Bible, mais ils indiquent que les récits de la Bible ne sont pas déconnectés du monde réel : ils s’inscrivent dans l’histoire telle que l’archéologie et les sciences historiques peuvent la décrire.
Certains éléments majeurs de l’histoire du peuple hébreu, comme l’exode (la sortie d’Égypte) ne trouvent pas de fortes confirmations archéologiques. Mais, il faut savoir qu’en archéologie, l’absence de preuve n’est pas une preuve de l’absence. De plus, des éléments permettent d’expliquer le manque de confirmation de l’exode du temps de Moïse : les annales enregistrent plus facilement des victoires que les désastres et les documents et les bâtiments d’argile, comme c’est le cas dans la région du delta du Nil, se détériorent facilement.
Maintenant, observons des éléments internes au texte :
– La Bible parle avec honnêteté de sujets difficiles. Elle ne cherche pas à gommer les difficultés. Par exemple, comment concilier les affirmations que Dieu est juste, amour, tout-puissant, au contrôle de toute chose avec le constat des injustices et de l’oppression qui règnent dans ce monde, ainsi que les malheurs qui atteignent parfois les croyants fidèles à Dieu ? La Bible ne minimise pas ces questions, elle ne cherche pas à les supprimer. Cela montre sa bonne foi.
– La Bible contient des éléments embarrassants qui n’auraient sans doute pas été mentionnés dans un récit inventé : demi-mensonge d’Abraham concernant sa femme, meurtre commis par Moïse, adultère de David, doutes des disciples de Jésus, reniement de Pierre … Si quelqu’un avait voulu inventer un récit, il n’aurait sans doute pas placé ce genre d’éléments.
– Les auteurs du Nouveau Testament n’avaient aucun intérêt à mentir : leur message était impopulaire et tous ont subi des persécutions pour l’avoir propagé. Le philosophe français Blaise Pascal a écrit : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger . » Cela ne veut pas dire que toutes les personnes qui meurent pour un message ont raison, mais on peut raisonnablement penser qu’on ne se laisserait pas condamner à mort pour une simple histoire que l’on a inventée.
– Jésus confirme l’enseignement de l’Ancien Testament. Pour le croyant que je suis, cela a beaucoup de poids. Mais même sans reconnaître que Jésus est Dieu devenu homme (voir le chapitre p…), nous pouvons noter que l’homme qui a le plus marqué le monde avait confiance dans les écrits de l’Ancien Testament.
Dans les arguments internes à la Bible, mentionnons aussi que la Bible se présente comme « parole de Dieu ». Selon la théologie chrétienne, Dieu a inspiré des humains dans l’écriture des textes . Cette origine divine trouve des appuis dans les éléments suivants :
– L’étonnante unité de la Bible

La Bible a été écrite par 45 écrivains de toutes classes sociales (roi, prophète, berger, percepteur, médecin, pêcheur, etc.) sur 13 siècles, à différents endroits (Babylone, Égypte, Israël, Rome, etc.) ; et pourtant, elle est cohérente dans son enseignement. L’ensemble de ces récits forment une même et grande histoire, celle du plan de sauvetage que Dieu met en place pour réconcilier l’humanité avec lui-même.
– Les prophéties annoncées et réalisées
Certains spécialistes avancent que des centaines de prédictions annoncées dans la Bible se sont réalisées. Sans vouloir en faire le tour, j’en mentionnerai simplement une dont nous pouvons tous constater l’accomplissement. Jésus a dit : « Cette bonne nouvelle du royaume sera proclamée dans le monde entier pour servir de témoignage à toutes les nations. Alors viendra la fin. » (Matthieu 24.14)
Imaginez, quelle audace pour un petit prédicateur, perdu dans un coin reculé de l’Empire romain de dire que son message sera annoncé dans le monde entier ! Même un écrivain à succès à l’heure d’Internet n’oserait pas dire cela ! Et pourtant, ça se passe sous nos yeux.
– L’incroyable destin du peuple hébreu
Le peuple hébreu est un petit peuple avec lequel Dieu a fait une alliance. Tout au long de l’histoire, il a été menacé par de grands empires beaucoup plus puissants que lui : les Égyptiens, les Assyriens, les Babyloniens, les Mèdes, les Perses, les Romains… Et pourtant, ce peuple existe encore.
– La description fine de l’être humain
Le philosophe Blaise Pascal relève que l’être humain est capable à la fois de grandeur et de misère. Et la foi chrétienne apporte à la fois une explication et une solution à ce double constat. Il écrit :
« Après avoir entendu toute la nature de l’homme, il faut pour faire qu’une religion soit vraie qu’elle ait connu notre nature. Elle doit avoir connu la grandeur et la petitesse et la raison de l’une et de l’autre. Qui l’a connue que la chrétienne  ? »
Le constat du caractère ambivalent de l’être humain et son explication se trouve dans la Bible
– L’affirmation de la dignité humaine
La Bible s’ouvre sur la déclaration : « Dieu créa les hommes pour qu’ils soient son image, oui, il les créa pour qu’ils soient l’image de Dieu. Il les créa homme et femme. » (Genèse 1.27)
Cette déclaration fonde la dignité inaliénable de l’homme et de la femme comme image de Dieu. Elle arrive 3.000 ans avant la phrase : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits » de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
– Le pouvoir de transformer les vies
Ce n’est pas en soi un argument de l’origine divine du livre, car bien des livres peuvent influencer nos vies. Mais l’impact de la Bible dans le monde et sur ma vie est considérable. Le réformateur français Jean Calvin écrit :
« L’Écriture en elle-même a le pouvoir de se faire connaître de façon aussi évidente et infaillible que la couleur blanche ou noire d’une chose ou que la saveur douce et amère d’une autre . »
C’est une invitation à lire la Bible et à découvrir par soi-même son caractère divin, tout comme le doux ou l’amer s’impose à nous quand nous goûtons un aliment.

Ainsi, nous avons vu plusieurs arguments en faveur de la vérité du texte biblique. Ces éléments ne prouvent pas (au sens fort du mot preuve) que la Bible raconte la vérité. Mais ils permettent d’aborder la Bible avec une certaine confiance. Il demeure encore plusieurs obstacles qui empêchent le sceptique de prendre la Bible au sérieux.

Que répondre aux obstacles restants ?

Un premier obstacle est la présence de surnaturel dans la Bible. Cela apparaît comme inconcevable à l’homme moderne. La question à se poser est : pourquoi est-ce inacceptable ? Pour démontrer qu’un miracle est impossible, il faudrait d’abord démontrer que Dieu n’existe pas. Mis à part un présupposé athée, qu’est-ce qui interdirait le surnaturel ? Si Dieu existe, est-il si surprenant qu’il intervienne de manière extraordinaire dans la vie de son peuple ? Avouez qu’il serait tout de même décevant d’avoir un livre qui parle de l’action de Dieu sans jamais rencontrer d’éléments surnaturels.
Un second obstacle est le récit de la création en six jours. Sur les premiers chapitres de la Genèse, il existe une variété de lectures allant de l’interprétation littérale à l’interprétation allégorique. Sans entrer dans les détails, je souligne qu’il est possible de considérer le récit de la création comme une œuvre poétique qui a pour but de présenter Dieu qui crée le monde, comme un artisan crée une œuvre. Il le fait de manière ordonnée, par sa parole, et il place l’humain dans le cadre qu’il a créé pour entretenir une relation avec lui. Ce n’est pas une description scientifique du processus d’apparition de l’Univers. D’ailleurs, si Dieu avait fourni une explication complète du processus de formation de notre Univers, personne n’aurait pu le comprendre au cours de l’histoire. Ce n’était pas son but.

Un troisième obstacle est celui des prétendues contradictions présentes dans la Bible. J’utilise l’adjectif « prétendues », car parfois, ce ne sont pas des contradictions formelles. Par exemple, si je dis : « Mon unique chien est blanc. » puis « Mon unique chien est noir. », alors je me contredis formellement. Mais si je dis : « J’ai un chien blanc. » et « J’ai un chien noir. », je ne suis pas forcément incohérent. En effet, je pourrais très bien avoir deux chiens, l’un blanc et l’autre noir.
Notons aussi que la présence de contradictions dans les récits d’un événement n’indique nullement que celui-ci n’a pas eu lieu. Par exemple, il n’est pas rare que les effectifs des participants à une manifestation rapportés par les organisateurs soient différents de ceux rapportés par la police. Est-ce que cela signifie que la manifestation n’a pas eu lieu ? Bien sûr que non ! Dans certains cas, la présence de légères contradictions est même signe de bonne foi. Des témoignages trop harmonisés apparaissent suspects.

Sans vouloir résoudre toutes les contradictions dans la Bible, notons que beaucoup d’entre elles peuvent s’expliquer par :
– La présentation d’angles de vue différents. Exemple en Matthieu 8.28, il est parlé de deux personnes possédées et en Marc 5.1-3 d’une seule personne. S’il y en a deux, il y en a (au moins) une.
– Des erreurs de copistes. Par exemple le nombre de chars vaincus en 2 Samuel 10.18 et 1 Chroniques 19.18.
– Le choix d’un auteur de résumer la situation : Matthieu 9.18 condense la situation de Marc 5.23 et 5.35.
– Une analyse fine des langues originales. Par exemple en Actes 9.7, le mot voix est au génitif et en Actes 22.9 il est à l’accusatif. Dans le premier cas, les gens ont entendu une voix, dans le second cas, ils n’ont pas compris les paroles formulées par cette voix.
– ou par d’autres moyens encore.
Une quatrième difficulté est l’emprunt à d’autres cultures. La Bible semble emprunter du matériel à d’autres civilisations (mythes babyloniens et égyptiens pour le récit de la création, paroles de sagesse égyptiennes pour certains proverbes bibliques, le psaume 45 qui ressemble beaucoup à un hymne royal égyptien ou assyrien, etc.). Cela ne remet pas en question la confiance que je donne à la Bible, ni son caractère de parole divine.
En effet, Dieu a pu inspirer les auteurs pour qu’ils empruntent un matériel existant afin de transmettre son message. Si la Bible est parole de Dieu, elle est aussi parole d’hommes, c’est-à-dire que Dieu n’a pas court-circuité l’intelligence, la réflexion, la personnalité, la culture des auteurs pour transmettre ses pensées. Il a utilisé tout cela pour faire connaître sa volonté.
Le récit de la Genèse utilise du matériel présent dans d’autres civilisations, mais pour transmettre un message bien particulier, parfois polémique (comme les étoiles qui étaient adorées dans d’autres cultures et qui n’apparaissent que le quatrième jour, dans le récit de la Genèse, et ne sont qualifiées que de « luminaires »).

Conclusion
Dans ce chapitre, je n’ai pas répondu à toutes les accusations portées contre la Bible au cours de l’histoire. Une lecture attentive de la Bible peut soulever encore bien des questions. D’ailleurs, dans ma lecture régulière de la Bible, plusieurs passages me questionnent, me dérangent ou m’interpellent. Je pense que cela est normal et même bon signe. Cela pousse à étudier davantage, à ne pas rester indifférent devant le message divin, à s’engager dans une relation plus personnelle avec Dieu.
J’ai pris l’habitude de lire la Bible très régulièrement, quasi quotidiennement. Ces textes me renseignent sur qui est Dieu (son caractère, ses actes, ce qu’il aime, ce qu’il n’aime pas, son projet de restauration de l’humanité…), sur ce qu’est l’être humain (sa grandeur et sa faiblesse, ses erreurs et ses victoires…), sur le monde qui nous entoure (sa nature, son histoire, sa destinée…). Ces textes m’indiquent des comportements à adopter ou à éviter. Ils présentent des femmes et des hommes qui ont fait confiance à Dieu et que je prends pour modèle. Et bien sûr, ils parlent de Jésus et de son œuvre de transformation des cœurs. C’est pour moi une grande source de joie. La Bible contient également des encouragements et des promesses extraordinaires qui m’aident à m’orienter. Bien entendu, la Bible ne caresse pas toujours dans le sens du poil. Mais est-ce bien étonnant ? Le message d’un Dieu parfait et illimité s’opposera tôt ou tard aux préférences des hommes imparfaits et limités. C’est en cela que la Bible est précieuse : elle nous amène à changer, et plus que cela, elle nous indique les moyens du changement.
J’espère que ce chapitre vous a donné envie d’ouvrir une Bible et de découvrir son message. Il peut être intéressant de rejoindre un groupe d’étude biblique pour être encouragé dans la lecture et obtenir des explications sur les passages plus difficiles.
Pour aller plus loin, voir la playlist « La Bible » : https://www.youtube.com/watch?v=r01IN0ZbzoI&list=PLLCDkSOFN9yc

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