Comment Jésus peut-il être à la fois Dieu et homme ?

Selon mon expérience, parler de la foi chrétienne n’est pas toujours facile dans notre société. Beaucoup de personnes sont dans le rejet ou indifférentes. Mais le dialogue s’engage plus facilement avec des personnes musulmanes. La discussion va bon train, s’appuyant sur un respect de Dieu partagé et des références communes, dont la personne de Jésus. Le point de tension arrive lorsque nous abordons l’identité de ce prophète. Est-il un simple homme ou bien Dieu venu sur la Terre ? Pour mon interlocuteur musulman, dire que Jésus est Dieu paraît absurde et même irrespectueux vis-à-vis du créateur. Pour moi, c’est le cœur de ma foi et une démonstration grandiose de l’amour de Dieu.

Un autre échange me revient en mémoire : alors que ma femme et moi accueillons le groupe d’ados de l’Église dans notre appartement, un jeune me questionne sur les reptiliens. C’est la première fois que j’entends parler de cette idée : certaines personnes influentes seraient en fait des reptiles extraterrestres venus pour contrôler l’humanité.
Les chrétiens soutiennent que Jésus est Dieu le Fils devenu homme. La personne de Jésus porte deux natures, l’une humaine et l’autre divine. Qu’est-ce que cela veut dire ? Et qu’est-ce qui justifie ces affirmations ? Pourquoi est-ce que je les accepte et que je rejette la théorie des reptiliens ?

 

Le sens de la divinité de Jésus
L’étude de la Bible amène à conclure que Dieu existe éternellement en trois personnes distinctes : Dieu le Père, Dieu le Fils et Dieu le Saint-Esprit. Le Père n’est pas le Fils, le Père n’est pas l’Esprit et le Fils n’est pas l’Esprit. Et pourtant, le Père est pleinement Dieu, le Fils est pleinement Dieu et l’Esprit est pleinement Dieu. L’unique nature divine est portée par trois personnes. Il n’y a pas trois dieux, mais un seul, car le Père, le Fils et l’Esprit sont de la même nature divine unique et sont ensemble un seul être.

Si on me pose la question : « Comment est Dieu ? » Je réponds : éternel, tout-puissant, bon, juste, créateur, etc. Et l’objet de cette description est unique ; il n’y en a pas plusieurs. Si on me pose la question : « Qui est Dieu ? » Je réponds : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Le Père correspond entièrement à l’unique description ci-dessus, le Fils correspond entièrement à l’unique description ci-dessus, de même que l’Esprit. C’est ce que l’on appelle la doctrine de la trinité. Je ne prends pas le temps de démontrer que ceci est bien l’enseignement de la Bible, mais ce point est utile pour comprendre qui est Jésus .
J’affirme que Jésus est l’incarnation de Dieu le Fils : il est Dieu le Fils devenu homme.
Ainsi, lorsque les chrétiens disent que Jésus est Dieu, ils n’élèvent pas un homme à la place de Dieu ; ils reconnaissent que Dieu a pris une forme humaine, à un moment de l’histoire.

L’affirmation de la divinité de Jésus
Tout d’abord, Jésus lui-même a clamé son origine divine.
Pour établir cela, nous allons regarder dans les évangiles. Ce sont les récits les plus proches des faits que nous ayons sur la vie de Jésus. Pour l’exercice, nous n’avons pas besoin de croire qu’ils sont la parole de Dieu (c’est-à-dire que Dieu a inspiré leurs auteurs) ni d’être d’accord avec ce qu’ils disent. Nous allons juste observer ce que Jésus disait de lui-même selon ces rapports. Voici quelques citations :

– « Et ils lui dirent : “Tu entends ce qu’ils disent ?” Mais Jésus leur dit : “Oui ; n’avez-vous jamais lu ce texte : par la bouche des tout-petits et des nourrissons, tu t’es préparé une louange ?” » (Matthieu 21.16)
Jésus cite le psaume 8.3. Il applique à lui-même un texte qui parle de Dieu. Ce même phénomène se reproduit en d’autres endroits . Dans le même esprit, Jésus reprend aussi à son compte des images bien connues pour désigner Dieu dans l’Ancien Testament : le berger , la lumière …
– « De nouveau le Grand Prêtre l’interrogeait ; il lui dit : “Es-tu le Messie, le Fils du Dieu béni ?” Jésus dit : “Je le suis, et vous verrez le Fils de l’homme siégeant à la droite de la Puissance et venant avec les nuées du ciel.” Le Grand Prêtre déchira ses habits et dit : “Qu’avons-nous encore besoin de témoins ! Vous avez entendu le blasphème. Qu’en pensez-vous ?” Et tous le condamnèrent comme méritant la mort. » (Marc 14.61-64)

Les paroles de Jésus déclenchent sa mise à mort. Pourquoi cela ? Peut-être que les déclarations de Jésus ne sonnent pas si fort à nos oreilles de femmes et d’hommes du 21e siècle. Mais pour le contexte de l’époque, elles étaient très audacieuses. En effet, Jésus reconnaît qu’il est « le Fils du Dieu béni ». Cette expression peut avoir plusieurs sens dans la Bible, dont un sens fort qui équivaut à une égalité avec Dieu.
D’ailleurs, pour renforcer son propos, Jésus cite le prophète Daniel :
« Je regardais dans les visions de la nuit, et voici qu’avec les nuées du ciel venait comme un Fils d’Homme ; il arriva jusqu’au Vieillard, et on le fit approcher en sa présence. Et il lui fut donné souveraineté, gloire et royauté : les gens de tous peuples, nations et langues le servaient. Sa souveraineté est une souveraineté éternelle qui ne passera pas, et sa royauté, une royauté qui ne sera jamais détruite. » (Daniel 7.13-14)
Dans la vision du prophète, il est question d’un être céleste qui est « comme un Fils d’Homme » et qui reçoit une souveraineté universelle et éternelle. Jésus s’associe donc à une figure divine. Il clame son identité divine. Cela est bien compris par ses auditeurs qui l’accusent de blasphème. Ces affirmations sont aussi présentes en Matthieu 26.63-64 ; Luc 22.67-70 et Jean 19.7.
– « Mais Jésus leur répondit : “Mon Père, jusqu’à présent, est à l’œuvre et moi aussi je suis à l’œuvre.” Dès lors, les autorités juives n’en cherchaient que davantage à le faire périr, car non seulement il violait le sabbat, mais encore il appelait Dieu son propre Père, se faisant ainsi l’égal de Dieu. » (Jean 5.17-18)
Dans ce passage, Jésus appelle Dieu son Père. Les auditeurs de son époque comprennent que cela revient à se faire passer pour « l’égal de Dieu ».
– « Ils lui dirent alors : “Ton Père, où est-il ?” Jésus répondit : “Vous ne me connaissez pas et vous ne connaissez pas mon Père ; si vous m’aviez connu, vous auriez aussi connu mon Père.” » (Jean 8.19)
Dans cette sentence, Jésus affirme que le connaître, c’est connaître le Père.

– « Jésus leur répondit : “En vérité, en vérité, je vous le dis, avant qu’Abraham fût, Je suis.” Alors, ils ramassèrent des pierres pour les lancer contre lui, mais Jésus se déroba et sortit du temple. » (Jean 8.58-59)
À nouveau les propos de Jésus entraînent une réaction vive, car ils sont très forts de significations. En effet, d’abord, Jésus affirme qu’il existait avant Abraham, c’est-à-dire environ 2.000 ans avant sa naissance. Autant dire que c’est une revendication de son éternité. Ensuite, Jésus utilise l’expression « Je suis ». C’est la formule par laquelle Dieu s’est présenté à Moïse en Exode 3.14. Pour l’auditoire juif de son époque qui connaissait ces références, cela ne passe pas.
 « “Moi et le Père nous sommes un.” Ces Juifs, à nouveau, ramassèrent des pierres pour le lapider. Mais Jésus reprit : “Je vous ai fait voir tant d’œuvres belles qui venaient du Père. Pour laquelle de ces œuvres voulez-vous me lapider ?” Les Juifs lui répondirent : “Ce n’est pas pour une belle œuvre que nous voulons te lapider, mais pour un blasphème, parce que toi qui es un homme, tu te fais Dieu.” » (Jean 10.30-33)
La déclaration d’unité avec le Père est bien comprise par les premiers interlocuteurs comme prétention à la divinité : « Tu te fais Dieu. »
– « “Si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. Dès à présent vous le connaissez et vous l’avez vu.” Philippe lui dit : “Seigneur, montre-nous le Père et cela nous suffit.” Jésus lui dit : “Je suis avec vous depuis si longtemps, et cependant, Philippe, tu ne m’as pas reconnu ! Celui qui m’a vu a vu le Père. Pourquoi dis-tu : ‘Montre-nous le Père’ ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ! Au contraire, c’est le Père qui, demeurant en moi, accomplit ses propres œuvres. Croyez-moi, je suis dans le Père, et le Père est en moi ; et si vous ne croyez pas ma parole, croyez du moins à cause de ces œuvres.” » (Jean 14.7-11)
Jésus prétend être la manifestation du Père : « Celui qui m’a vu a vu le Père. » Le Père est en lui et lui est dans le Père.
 Pour le dernier extrait, il est intéressant d’observer la réaction de Jésus aux paroles de Thomas : « Thomas lui répondit : “Mon Seigneur et mon Dieu.” Jésus lui dit : “Parce que tu m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru.” » (Jean 20.28-29)

Jésus approuve les mots de Thomas. Il ne réagit pas en corrigeant ses propos comme aurait dû le faire un prophète qui n’est pas Dieu. Il accepte cette confession de foi .
Notons que la Bible contient d’autres affirmations de la divinité de Jésus. Ici, nous nous sommes contentés de plusieurs exemples sortant de la bouche de Jésus lui-même.
L’histoire confirme que les premiers chrétiens croyaient à la divinité de Jésus, car Pline le Jeune, vers 110 apr. J.-C., dans une lettre à son ami l’empereur Trajan, écrit en parlant des chrétiens :
« Au reste, ils assuraient que leur faute ou leur erreur n’avait jamais consisté qu’en ceci : ils s’assemblaient à jour marqué avant le lever du soleil ; ils chantaient tour à tour des vers à la louange du Christ, comme d’un dieu ; ils s’engageaient par serment, non à quelque crime, mais à ne point commettre de vol, de brigandage, d’adultère, à ne point manquer à leur promesse, à ne point nier un dépôt : après cela, ils avaient coutume de se séparer, et se rassemblaient de nouveau pour manger des mets communs et innocens [sic] . »

La divinité de Jésus n’est pas une invention tardive de l’Église comme l’affirment certains.
Jésus a donc affirmé être divin. Mais que faire de ses paroles ? Peut-être ne pensait-il pas ce qu’il disait : il serait donc menteur sur ce point. Peut-être pensait-il vraiment être Dieu. Dans ce cas, soit il n’était pas divin et alors, Jésus croyait des choses farfelues à son sujet, soit il était vraiment ce qu’il disait être. Nous obtenons alors trois possibilités pour Jésus : c’était un menteur, un fou ou Dieu incarné. Ce raisonnement est parfois appelé le trilemme de Lewis. En effet, l’auteur britannique a écrit :
« Je cherche ici à empêcher quiconque de prononcer cette phrase vraiment insensée qu’on avance souvent au sujet de Jésus : “Je suis prêt à voir en Jésus un éminent maître de morale, mais je récuse sa prétention d’être Dieu”. » C’est la chose à ne pas dire. Un homme qui ne serait qu’un homme et qui tiendrait les propos que tenait Jésus ne serait pas un grand professeur de morale. Ce serait soit un fou – comme quelqu’un qui affirmerait être un œuf poché – soit le Démon des enfers. Il nous faut choisir : ou bien cet homme était et reste le Fils de Dieu, ou bien il ne fut rien d’autre qu’un aliéné ou pire encore. Soit vous enfermez ce fou, soit vous crachez au visage de ce démon et vous le tuez ; soit, au contraire, vous vous jetez à ses pieds et vous l’appelez Seigneur et Dieu. Mais n’accordons aucun crédit à cette absurdité condescendante, à savoir qu’il serait un grand maître. Il ne nous a pas laissé cette possibilité. Il n’a pas eu cette intention . »
D’après l’auteur, les affirmations de Jésus sont telles qu’elles ne peuvent nous laisser dans une molle indifférence.

Le trilemme de Lewis
Jésus était-il menteur ?
Pouvons-nous soutenir l’idée que Jésus savait qu’il n’était pas Dieu et qu’il a malgré tout affirmé le contraire ? Si c’était le cas, Jésus serait alors hypocrite et trompeur, car il invitait à se confier en lui . Ce n’est pas l’image qui se dégage de sa personne. De plus, Jésus a enduré la mort à cause de sa prétention à être Dieu. Nous pouvons raisonnablement penser que Jésus se serait rétracté devant le supplice de la croix.
Jésus était-il fou ?
Se peut-il que Jésus pensait sincèrement être Dieu alors qu’il ne l’était pas ? Se serait-il trompé ? Mais dans une société monothéiste, l’affirmation est tellement osée que tenir un tel propos relève de la folie. Le philosophe américain Peter Kreeft écrit :
« Une mesure de votre folie est l’ampleur de l’écart entre ce que vous pensez être et ce que vous êtes réellement. Si je pense être le plus grand philosophe d’Amérique, je ne suis qu’un imbécile arrogant ; si je pense être Napoléon, je suis probablement à la limite de la raison ; si je pense être un papillon, j’ai alors complètement quitté les rivages ensoleillés de la santé mentale. Mais si je pense être Dieu, ma folie est encore plus grande, car l’écart entre n’importe quelle chose finie et le Dieu infini est encore plus vaste que l’écart entre deux choses finies, fût-ce entre un homme et un papillon . »
Ainsi, si Jésus a clamé sa divinité alors qu’il était un simple humain, il souffrait de démence. Mais cette conclusion est-elle satisfaisante ? Lorsque l’on observe ses discours et sa manière de vivre, il s’en dégage une grande sagesse. Jésus a réussi à rassembler des foules. En général, on ne suit pas un fou, ou bien pas très longtemps.
Nous venons d’écarter deux des trois possibilités. Il reste donc la dernière : Jésus pensait qu’il était Dieu et il disait la vérité. Il est donc le Seigneur de l’Univers. Je conçois que cette conclusion n’est pas facile à accepter. Y aurait-il d’autres arguments pour confirmer le caractère divin de Jésus ?

Autres arguments appuyant la divinité de Jésus
L’accomplissement des prophéties de l’Ancien Testament en Jésus-Christ
L’Ancien Testament contient des dizaines d’affirmations qui se sont réalisées dans la vie de Jésus-Christ. Or, les derniers textes de l’Ancien Testament datent de plusieurs siècles avant Jésus-Christ. Ce phénomène extraordinaire donne un caractère exceptionnel à la personne de Jésus.
On pourrait objecter que Jésus s’est arrangé pour accomplir les prophéties. C’est peut-être le cas pour certaines prédictions, mais notons que plusieurs ne dépendaient pas de sa volonté, par exemple :
– son lieu de naissance (Michée 5.1),
– sa naissance virginale (Ésaïe 7.14),
– la présence d’un précurseur (Ésaïe 40.3 ; Malachie 3.1),
– la date de sa mort (Daniel 9.26),
– sa tribu (Genèse 49.10),
– sa lignée (2 Samuel 7.12),
– le fait qu’il soit trahi (Psaumes 41.10),
– la façon dont il est mort (Psaumes 22.16-17),
– les réactions du peuple à sa mort (Psaumes 109.25),
– son côté percé (Zacharie 12.10).
On pourrait aussi objecter que les auteurs du Nouveau Testament ont arrangé le texte pour y placer la réalisation de prophéties alors que cela ne s’est pas réellement passé. Cette objection est fragile. D’abord en raison de la motivation à faire cela : Pourquoi les auteurs auraient-ils menti pour inventer un récit impopulaire et qui les mettaient en danger ? Ensuite, parce que certaines prédictions sont confirmées par d’autres sources historiques que la Bible (par exemple, la crucifixion de Jésus annoncée dans Psaumes 22.17 et la destruction de Jérusalem prédite dans Daniel 9.26).
La résurrection de Jésus
La résurrection de Jésus est un argument fort en faveur de sa divinité. Jésus a osé dire, en parlant de sa vie : « J’ai le pouvoir de la donner et j’ai le pouvoir de la reprendre. » (Jean 10.18), et cela s’est passé.
Aucun humain ne peut se redonner la vie. Il est donc une personne très particulière. L’examen de la résurrection de Jésus est un sujet à part entière. Si vous désirez l’approfondir, je vous invite à voir les vidéos de la playlist « Résurrection de Jésus » sur ma chaîne YouTube. Ici, je soulignerai simplement trois éléments en faveur de la résurrection de Jésus-Christ : la naissance du christianisme, le tombeau vide et les apparitions de Jésus après sa mort.

1. La naissance du christianisme
Sans la résurrection, pas de Nouveau Testament : la résurrection de Jésus est l’enseignement central du Nouveau Testament.
Sans la résurrection, pas de messie . Un homme trahi, humilié et assassiné par ses ennemis n’a rien d’un roi triomphant qui vient délivrer son peuple.
Sans la résurrection, pas d’apôtres. Avant sa rencontre avec Jésus ressuscité, l’apôtre Paul était un fervent combattant de la foi chrétienne. Jacques, le frère de Jésus, ne croyait pas en son frère avant sa résurrection. Mais après celle-ci, il devient un pilier de l’Église de Jérusalem et accepte de mourir lapidé pour sa foi .
Comment expliquer ces changements sans l’événement de la résurrection ? Comment expliquer aussi qu’une bande de pêcheurs apeurés au moment de l’arrestation de Jésus se soit transformée en des prédicateurs intrépides prêts à parcourir l’Empire romain pour témoigner que Jésus est ressuscité ?
Sans la résurrection, immenses risques de contestation. Les lettres de Paul ont été écrites entre 48 et 67, les évangiles avant la fin du 1er siècle. Cela implique que des témoins étaient encore vivants au moment où les écrits circulaient. N’oublions pas que le christianisme est né à l’endroit même où la résurrection a eu lieu.
Sans la résurrection, pas de conversion de personnes juives. Le christianisme est né au sein du judaïsme. Or, les Juifs étaient attachés depuis des millénaires aux sacrifices, à la circoncision, à des signes extérieurs de pureté, aux sabbats et aux cérémonies. Qu’est-ce qui explique que certains ont abandonné tout cela ? Nous pouvons aussi noter qu’aucun groupe de Juifs n’a jamais adoré un homme en tant que Dieu : qu’est-ce qui a conduit les apôtres à agir ainsi ? De plus, les Juifs ne croyaient pas à la résurrection d’individus isolés : qu’est-ce qui a changé leur vision du monde quasiment instantanément ?
Ainsi, nous pouvons penser que le christianisme ne serait pas né sans la résurrection de Jésus. Un théologien catholique a écrit : « La résurrection glorieuse d’un crucifié est, certes, un bien grand mystère pour notre raison naturelle, mais la réalité du christianisme et la naissance de l’Église sans cette résurrection seraient un mystère bien plus grand encore . »

2. Le tombeau vide
Quels éléments avons-nous pour soutenir que le tombeau était vide ? Premièrement, les apôtres parlaient de résurrection corporelle de Jésus. Cela n’a de sens que si le corps n’était plus dans la tombe. Deuxièmement, si le corps était encore dans le tombeau, les autorités juives auraient pu le montrer pour arrêter « l’hérésie » chrétienne. Souvenez-vous qu’elles cherchaient à étouffer le christianisme. Troisièmement, les écrits de Paul, les quatre évangiles et le livre des Actes des apôtres affirment cela. Quatrièmement, l’expression « le troisième jour » nous renseigne sur le tombeau vide. En effet, personne n’a vu Jésus en train de ressusciter. Si l’on sait qu’il est ressuscité le troisième jour, c’est parce qu’on a retrouvé le tombeau vide ce jour-là. Cinquièmement, le tombeau vide a été découvert en premier par des femmes. Si cela avait été une légende, il est probable que les témoins auraient été de sexe masculin, car à l’époque de Jésus, les témoignages féminins comptaient peu.

3. Les apparitions de Jésus après sa mort
Le texte de 1 Corinthiens 15 3-8 dit ceci :
« Je vous ai transmis avant tout le message que j’avais moi aussi reçu : Christ est mort pour nos péchés, conformément aux Écritures ; il a été enseveli et il est ressuscité le troisième jour, conformément aux Écritures. Ensuite il est apparu à Céphas [Pierre], puis aux douze. Après cela, il est apparu à plus de 500 frères et sœurs à la fois, dont la plupart sont encore vivants et dont quelques-uns sont morts. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. Après eux tous, il m’est apparu à moi aussi, comme à un enfant né hors terme. »
L’auteur, l’apôtre Paul, déclare que Jésus a été vu par des centaines de personnes après sa mort. Il donne quelques noms précis. Cela sert de garantie : il était possible d’aller interroger ces personnes. Les apparitions de Jésus ressuscité ne sont pas uniquement rapportées par Paul : Matthieu, Luc et Jean en parlent aussi. La Bible distingue les apparitions physiques des visions (par exemple, en Actes 7, Étienne a une vision de Jésus : cela n’a pas d’impact sur l’environnement). Jésus n’a pas seulement été vu : il a aussi été touché. Il a mangé avec ses disciples .
Ces quelques éléments rapides demandent une explication ? Comment expliquer la naissance du christianisme, le tombeau vide et les apparitions de Jésus après sa mort à ses disciples ? Je comprends tout à fait que la résurrection de Jésus est un événement curieux, unique et difficile à croire. Cela l’était aussi pour les premiers disciples . Cet événement sort complètement de l’ordre naturel des choses. Mais Dieu n’aurait-il pas le droit de se manifester de cette façon, qui plus est pour innocenter son fils accusé à tort ? Et s’il l’a fait, alors cela donne un crédit particulier à la personne de Jésus et cela appuie fortement sa divinité.
J’aimerais encore apporter une idée qui peut éventuellement aider à accepter le miracle de la résurrection de Jésus : celui-ci paraît incongru, car il annonce qu’un corps sans vie a repris vie ; que la vie est revenue dans un corps inerte. Mais le passage de la matière inerte à la vie, n’est-ce pas quelque chose que le sceptique accepte déjà lorsqu’il considère l’apparition de la vie sur Terre ? Le miracle de la résurrection pourrait être vu comme une répétition accélérée, une allusion furtive à l’introduction de la vie dans le monde, comme si une nouvelle manière de vivre s’ouvrait maintenant.

Conclusion
Dans ce chapitre, nous avons montré que Jésus a fait comprendre clairement à ses auditeurs qu’il était de nature divine. S’il n’était ni fou, ni menteur, alors il a certainement dit la vérité. Les prophéties qui se sont réalisées en Jésus et sa résurrection amplifient le fait que Jésus était Dieu le Fils venu sur la Terre. Cette affirmation est d’une grande portée, je le reconnais. Elle a donné naissance au christianisme qui a changé le monde. Elle est aussi difficile à croire, je le conçois. Mais elle est pleine d’espoir, car Dieu nous a rejoints dans notre condition.
L’astronaute James B. Irwin, le huitième homme à avoir marché sur la lune, a écrit : « Dieu marchant sur la Terre est plus important que l’homme marchant sur la lune . » En effet, cela change notre perspective sur qui est Dieu et sa compassion envers les humains.
Pour aller plus loin, voir la playlist « Sur Jésus » : https://www.youtube.com/watch?v=rUaxSUchITM&list=PL6xz9AsxAZLotx9lnD-zFvUNt-kt77mj0
Et la playlist « Résurrection de Jésus » : https://www.youtube.com/watch?v=FrLMToiVCJc&list=PLMEiVJdYoGFw&pp=sAgC

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