Protection de l’environnement et responsabilité chrétienne

Le monde actuel

Conférencier et vice-président de l’Alliance Évangélique Française, Frédéric Baudin a présenté cette contribution à un colloque sur l’éthique organisé par l’Association des Églises de professants de langue française. Rares sont encore les chrétiens évangéliques qui se préoccupent d’environnement. Nous avons sans doute à élargir notre conception du service de Dieu à la création entière. Ce texte pourra nous y aider.

Multiplier et remplir la terre

On dénombrait, au début du XIXème siècle, environ 1 milliard d’individus, 4 milliards en 1930, 6 milliards en l’an 2000. Cette « explosion démographique » est en partie la cause de la dégradation de notre environnement actuel. Il a fallu, en effet, nourrir cette population sans cesse croissante, et pour cela développer l’agriculture et l’industrie, puis assurer la distribution à grande échelle des produits : ces mesures indispensables ont malheureusement entraîné une pollution indubitable et perturbé les équilibres naturels.

Sur le plan de l’alimentation, la situation est très inégale dans le monde. Dans certaines régions, la malnutrition est toujours une réalité, en particulier en Afrique subsaharienne. La famine demeure une menace, lorsque les conditions climatiques sont défavorables ou plus souvent lorsque des conflits éclatent ou que l’aide est mal répartie. En revanche, dans nos pays dits développés, nous avons largement dépassé le seuil du bien-être élémentaire, même si certains d’entre nos concitoyens ne bénéficient pas toujours, hélas, de cette abondance.

On estime que la population mondiale pourrait culminer à 10 ou 12 milliards, voire 14 milliards d’individus d’ici un siècle (selon les estimations les plus réalistes). Il semble qu’il soit possible de nourrir cette population, à condition qu’aucune perturbation majeure, climatique ou politique, ne survienne.

Il est vrai qu’après la tyrannie de la procréation incontrôlée, la tendance est actuellement à la maîtrise de l’évolution démographique, parfois de façon excessive, si l’on considère que la plupart des pays développés ont un taux de fécondité inférieur à celui qui serait nécessaire pour assurer le renouvellement des générations. Et cela pose déjà des problèmes sociaux, qu’il va falloir désormais résoudre à plus ou moins court terme.

Le défi aujourd’hui est de trouver des solutions agricoles, industrielles et urbaines, qui nuisent le moins possible à l’environnement, tout en permettant de nourrir et d’abriter au mieux le plus grand nombre d’individus et cela sans freiner le progrès économique, technologique, scientifique : c’est une définition du développement durable. Le rapport Bruntland (1987) précisait que le développement actuel devrait aussi permettre aux générations futures de vivre dans des conditions de confort optimales.

Dominer et soumettre

La grâce que les théologiens qualifient de « générale » ou « commune », la grâce que Dieu accorde à toutes ses créatures n’est pas étrangère à l’exploit réalisé par l’humanité pour se nourrir. Mais cet exploit, ce gigantesque effort consenti par les hommes et les...

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#52 - 2e trimestre 2004

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