Connu surtout en tant que médecin missionnaire et musicien, le célèbre alsacien Albert Schweitzer est né à Kaysersberg (Haut-Rhin) le 14 janvier 1875, il y a 150 ans. Considéré par Bernard Kouchner comme un précurseur des « médecins sans frontières », il a suscité de nombreuses vocations humanitaires.
Médecin missionnaire
En 1905, il abandonne une carrière d’universitaire et d’organiste brillamment amorcée pour étudier la médecine et consacrer sa vie aux peuples d’Afrique. Il s’installe en 1913 à Lambaréné au Gabon actuel. Il y raconte ce premier séjour dans « À l’orée de la forêt vierge ». Hormis quelques interruptions liées à la Première Guerre mondiale, des tournées de conférences et de récitals d’orgue, Albert Schweitzer y passera le reste de sa vie à « développer l’hôpital avec des méthodes très personnelles, encourant parfois la critique pour son paternalisme démodé ou sa lenteur à intégrer les normes modernes de soins ».
Musicologue
Le Schweitzer musicologue a rédigé « Jean-Sébastien Bach, le musicien poète » (1905). Schweitzer y souligne le caractère religieux de la musique de Bach et préconise un style d’interprétation neuf qui influencera les générations suivantes.
L’ouvrage met l’accent sur les chorals* dans lesquels il voit la base de l’œuvre de Bach. Schweitzer montre comment Bachdonne à entendre la poésie luthérienne des chorals.
Dans le dernier chapitre, il entrevoit « le jour où il se trouvera des musiciens qui entreprendront de faire connaître ses cantates ». C’est aujourd’hui chose faite et l’ouvrage d’Albert Schweitzer y aura sans doute contribué.
Musicien
Schweitzer avait tout d’abord pensé que son activité humanitaire mettrait fin à sa vie d’artiste. Cependant, l’idée lui vient d’employer son temps libre à perfectionner sa technique et à travailler en profondeur ses interprétations. Son talent musical lui vaut une réputation internationale d’organiste et d’expert en orgues anciennes. Les récitals d’orgue, donnés en Europe jusqu’à sa mort, lui apporteront les revenus nécessaires pour financer la reconstruction de son hôpital (1924) et fonder un troisième hôpital plus moderne à quatre kilomètres du précédent (1926).
Prix Nobel de la paix
Le 3 octobre 1953, il reçoit le Prix Nobel de la paix pour son investissement à Lambaréné. L’argent sert à créer une léproserie, le « Village de Lumière ». Albert Schweitzer y meurt le 4 septembre 1965.
À Lambaréné, l’œuvre du Dr Schweitzer a survécu à la disparition de son fondateur.