La résurrection de la chair et la vie éternelle

La résurrection de la chair et la vie éternelle

De nos jours, il règne un certain agnosticisme au sujet de l’après-mort. En effet, la science, souvent idolâtrée, au risque d’outrepasser son domaine, ne peut porter de réponses absolues et définitives à cette question.

Le Credo affirme la foi en la résurrection de la chair.

La résurrection de la chair, c’est le message chrétien devant la détresse que constitue la mort.

La mort n’aura pas le dernier mot, mais nous revivrons, notre être entier, corps et âme sera reconstitué, avec son histoire, son passé, mais ressourcé, transfiguré par la lumière de Dieu.

Dans la Bible, on retrouve aussi toute une dimension sociale : les rois apporteront au Seigneur les richesses des nations. On l’a noté, la Bible commence dans un jardin et se termine dans une bille, c’est dire que toute l’histoire humaine, ses réussites sont prises en compte, valorisées au Paradis((cf Ésaïe 60, Apocalypse 21.24.)).

À la résurrection, c’est un corps glorieux, pneumatique (non pas rempli d’air, mais pénétré de l’Esprit Saint, spirituel) que nous aurons. Notre corps sera désormais délivré de la souffrance, la maladie, le vieillissement, la mort.

La résurrection, ce n’est pas la réincarnation. De nos jours, cette pensée orientale est à la mode, mais elle est revisitée, réinterprétée à la lumière de l’hédonisme occidental. En effet, alors que pour les orientaux la réincarnation signifie l’extinction, le fait de ne plus avoir à revivre et donc à souffrir, pour les occidentaux, c’est au contraire la possibilité de vivre plusieurs vies, car une seule ne suffit pas pour se réaliser totalement, et la chance de pouvoir multiplier les expériences.

La Bible tranche : « Il est donné aux hommes de vivre une seule fois, après quoi vient le jugement((Hébreux 9.27.)). » Ces deux visions du monde sont incompatibles, exclusives l’une de l’autre, car ou l’on a une perspective cyclique de la vie (philosophies orientales) ou une vision linéaire (vision chrétienne).

Le Credo termine en confessant la foi en la vie éternelle. Non seulement une vie qui n’a pas de fin, mais la vie dans l’absolu, dans sa plénitude, délivrée de toute frustration, de tout sentiment d’incomplétude. C’est la justice rendue, c’est la délivrance de tous les maux, c’est le banquet festif, c’est la communion totale avec notre créateur, fondement de notre être.

C’est l’espérance de relations de personne à personne enfin parfaitement réconciliées, apaisées, sublimées, transparentes et non conflictuelles.

Ainsi donc, il faut affirmer une certaine continuité avec notre existence présente, sublimée, transfigurée, mais aussi une certaine discontinuité. Nous contemplerons alors, comme disaient les théologiens scolastiques, la « vision béatifique » : « Nous serons semblables à lui car nous le verrons tel qu’il est((1 Jean 3.2.)). La Bible parle en ce sens d’une nouvelle création : le Dieu de la promesse est capable de faire surgir en tout temps de la nouveauté. Il ne faut donc pas craindre de s’ennuyer pour l’éternité, mais plutôt d’envisager une vie sans cesse renouvelée, une vie abondante, une vie épanouissante, attrayante, extraordinaire.

Cette espérance, loin d’être démobilisatrice, doit être pour nous le moteur qui nous permet de soutenir tous les combats. Notre vie actuelle a pour vocation de refléter notre espérance : elle vise à être une anticipation du royaume que nous attendons, non de manière passive, mais avec une espérance active et agissante.

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