SORTIR DU PORNO, C’EST POSSIBLE

« J’ai 36 ans, je suis marié, voilà 25 ans que je lutte désespérément avec le porno. »
« Cela faisait déjà 10 ans que j’essayais de sortir de cette addiction avec des hauts et des bas. »
« Ça fait plus de 20 ans que je me bats avec cette addiction sans succès durable. »
« Cela faisait de trop nombreuses années que je me débattais contre la pornographie, en essayant différentes méthodes. »
« Je n’en peux plus de vivre ainsi. Le péché a tellement d’emprise sur moi que je ne culpabilise presque plus. Je suis tellement loin. Et j’ai tellement envie de partir. Je pense de plus en plus au suicide. »

Ces bribes de témoignages sont le reflet de situations que vivent de nombreux hommes, jeunes et moins jeunes, célibataires ou mariés, tous attachés aux fondements spirituels de la Bible.

Ils sont accablés, en quête désespérée d’une aide, d’une solution en laquelle ils ont parfois du mal à croire tant ils ont cultivé la chute et l’échec.

« Je ne sais plus quoi faire », « j’ai tout essayé », « vous êtes mon dernier espoir ». C’est ainsi qu’ils formulent leur SOS de la dernière chance comme se confrontant à la pensée d’une condamnation imminente si rien n’est fait.

C’est tantôt une expression de honte, de confusion, tantôt le bruit des larmes ou un silence assourdissant qui est exprimé lorsqu’ils évoquent ce qu’ils vivent au plus profond d’eux-mêmes.

Si j’ai décidé en août 2020 de leur proposer le dispositif LibertéXXL, qui n’était à l’origine qu’un espace d’écoute, c’est parce que j’ai vécu une situation similaire et que je suis passé par les mêmes phases d’interrogations et de désespoir. C’est aussi parce que j’ai pris conscience que mon cas était loin d’être isolé et que ne rien faire serait de la non-assistance à personnes enchaînées.

Quand on parle de pornographie, on s’attaque à une montagne. Il est vrai que le défi est énorme et écrase par son volume mais il est important de le comprendre pour mieux appréhender la souffrance qu’il peut procurer, et identifier les leviers à actionner pour envisager de s’en sortir de manière durable.

Le faire seul est loin d’être facile, aussi un accompagnement peut prendre tout son sens et permettre de franchir une étape décisive.

DES DÉFIS DE TAILLE

Réduire l’addiction à la pornographie au seul lien irrésistible qui nous conduit à visionner du contenu à caractère sexuel serait passer à côté des dimensions de la véritable souffrance qu’elle représente.

Le défi de la complexité

Ils sont nombreux ceux qui osent poser la question du secret qui permet de décrocher de ce fléau. Ils pensent pouvoir recueillir le sésame qui leur permettra d’accéder à une délivrance durable en un clic ou un échange de messages. Or, les histoires de vie et de parcours qui, un jour, ont inclus la pornographie, montrent bien la complexité qui s’y rattache.

Le phénomène cache-cache

On peut lire sur certains panneaux qu’un train peut en cacher un autre. Cette formule s’applique en disant qu’une addiction cache d’autres problématiques qu’il va falloir identifier, discerner pour aller plus loin dans la démarche. C’est l’effet « iceberg ». Les véritables questionnements se dissimulent dans les profondeurs et dans l’obscurité. Il sera alors essentiel d’entreprendre des séances de plongée sous-marine pour envisager, à terme, une sortie de crise. Cette exploration permet d’avoir une vision plus précise des raisons qui conduisent à poursuivre un visionnage de porno qui va créer un lien puissant.

L’effet esclavage

La pornographie conduit à un mode de fonctionnement dirigé par la recherche de plaisir, tel que l’apporte l’éjaculation de manière éphémère et pas toujours intense. Les hommes agissent comme commandés par un maître qui dicte leur comportement, les réduisant à l’état d’esclaves, allant même jusqu’à neutraliser leur capacité à penser et à réagir. Celui qui y a touché et vécu « l’hypnose » que peut provoquer le visionnage de contenu porno, a certainement expérimenté la phase où le cerveau se met sur la position « off », quasi incapable d’opposer un raisonnement. Le pouvoir manipulateur des images est bien réel.

L’empreinte carbone

L’impact du porno n’est pas négligeable sur notre propre existence (développement de sentiments négatifs…), sur nos relations (couple, travail, amis, sexe opposé…), sur nos performances (travail, vie sexuelle…), sur nos conceptions de vie (satisfaction de besoins, rôle de la femme…) ou encore sur nos rapports sexuels (envie, comportement…). Ce sont les « soft impacts ». Mais il faut garder à l’esprit que l’abus de certains pornos peut conduire à la naissance d’actes déviants, certains relevant du code pénal. Cela peut aller de la fréquentation de prostituées, d’escort girls, au viol ou à l’abus sur mineurs. Il ne faut pas sous-estimer l’influence d’une telle consommation.

On peut parler d’empreinte, car le dommage subi ou vécu a des conséquences durables (de quelques mois à de nombreuses années), et seule la mise en place d’un dispositif de « dépollution » peut aider à la réduire et à envisager son départ progressif.

La ressource

Au début, et surtout lorsque nous découvrons notre capacité masturbatoire, nous nous régalons de contenus à caractère érotique ou pornographique qui vont se graver dans notre cerveau. Certains diront que c’est un jeu, de la curiosité, histoire d’expérimenter la sexualité ou de faire comme les autres. Ce qui semble anodin et que nous pensons maîtriser, va constituer en nous une collection de ressources bien ancrées. (Plusieurs témoignages d’hommes ayant 10 à 15 ans de souffrance à leur actif font état d’un premier contact au cours des années collège, vers l’âge de 12 ans). Cet équipement documentaire intégré dans le cerveau prend le relais et nous y faisons appel mentalement lorsque nous n’avons pas d’outils numériques (smartphone, ordinateur, revues) à disposition. Il nous suffit de fermer les yeux pour faire de nos paupières une toile de cinéma sur laquelle nous projetons nos propres films. Nous avons cette facilité, par un simple isolement, à devenir des metteurs en scène en puissance de films pornos qui vont pouvoir recourir à des enregistrements pour composer les scénarii de notre imagination.

Certains hommes mettent en avant la seule pratique quotidienne de la masturbation et insistent sur le fait qu’ils ne regardent pas régulièrement du porno. Et c’est vrai, ils ne visualisent pas un contenu externe mais alimentent leur excitation par un contenu interne accumulé pendant des années.

Les casses

Cette consommation est dopée par des événements qui marquent notre vie et qui, parfois, laissent des traces. Ils jouent un effet starter ou carburant jusqu’à la rendre régulière s’ils n’ont pas été pris en compte.

Ces événements peuvent être des traumatismes, frustrations, conflits, stress, ruptures, défauts d’affection, maladies ou handicaps dont nous aurons négligé le traitement. Il y a parfois des morceaux à recoller, des pans de vie à recoudre. Ce sont des réparations nécessaires qui vont contribuer efficacement à se dégager des griffes du porno qui agit alors par compensation.

Le défi de la liberté

Être libre ! Voilà un autre aspect du défi. C’est à la fois un objectif convoité et irréalisable pour beaucoup de ceux qui prennent un plaisir inavoué ou inavouable dans le visionnage de contenu érotique ou pornographique et qui s’aperçoivent qu’ils sont impuissants à y mettre un frein.

Un objectif accessible

La première mission que je m’attribue en tant que personne libre d’addiction à la pornographie est d’être porteur d’un message positif et réaliste sur la possibilité de connaître la liberté. Pour certains, cela a même constitué un levier puissant de leur progression alors qu’ils avaient, en effet, perdu toute confiance dans la capacité à vivre le changement et qu’ils évoluaient repliés sur eux-mêmes.

Ce message est basé sur mon témoignage. Ayant moi-même enduré presque 20 ans de porno-dépendance sous multiples formes et la traversée d’un désert émotionnel, spirituel et relationnel, je suis en mesure d’attester qu’il est possible de sortir des chemins tortueux de cette addiction.

On peut vivre non dépendant. Beaucoup parviennent à imaginer la semi-liberté, or il est important de savoir qu’on peut ne pas se contenter d’objectifs à moitié atteints. Bonne nouvelle ! La liberté version « 100 % » est à la portée de chacun.

Une limite protectrice

Il est cependant important d’avoir une juste conception de la liberté. Celle-ci est facilement assimilée à la capacité donnée à chacun de pouvoir évoluer, réaliser ses projets, élaborer ses schémas de vie comme bon lui semble, dans le cadre qu’il se pose lui-même. Or, la liberté a une vocation protectrice et se vit à l’intérieur de limites fixées par des standards supérieurs établis pour notre bien. Ainsi est-elle définie dans la foi chrétienne qui invite à intégrer des principes de vie visant notre bonheur.

Ce cadre ne constitue pas une absence de liberté mais une préservation de la liberté. La question à se poser n’est pas « qu’est ce qui est interdit ou qu’il est mal de faire ? » mais « que puis-je faire qui sera bon pour moi et pour les autres ? ». Cette liberté qui s’applique à nous prend en compte l’environnement dans lequel nous évoluons.

Un format épanouissant

La liberté est non seulement un cadre, un environnement, mais aussi un facteur d’épanouissement personnel, professionnel, émotionnel, relationnel, intellectuel et sexuel, au sein duquel on va pouvoir évoluer sans se faire de mal et en trouvant une réponse saine à nos besoins.

Elle va permettre au « délivré » d’envisager la vie sous un autre angle et d’adopter une nouvelle perspective de marche.

La réalisation des besoins et l’expérimentation d’une satisfaction plus grande contribuent à écarter le désir d’un recours à une visualisation de contenus aux conséquences destructrices.

La liberté est créatrice d’un fondement sur lequel on va pouvoir projeter la construction de nouveaux projets. Le défi du porno est caractérisé par la complexité, la liberté, mais aussi la vérité.

Le défi de la vérité

La position d’un porno-dépendant est celle de quelqu’un dont les pensées sont imprégnées par le mensonge véhiculé par des images qui vont être au fil du temps acceptées comme une vérité.

Je suis frustré (quelle que soit l’origine de la frustration), je regarde du porno, je me masturbe, j’éjacule et ressens du bien-être, je crois que c’est cela qui m’apporte du plaisir. C’est un schéma que nous serons amenés à reproduire, car nous allons considérer comme une vérité, certes trompeuse, mais ce sera notre vérité, que le porno permet de mettre au moins en suspens mes frustrations.

Nous touchons au véritable enjeu car la confrontation au porno est avant tout une guerre du mensonge contre la vérité dans nos pensées.

Une condition à la liberté

La vérité est un fondement de vie et caractérise une chose sur laquelle on peut s’appuyer. Dans la foi chrétienne, Dieu se présente comme la vérité et propose d’en faire le socle de nos principes de vie, y ajoutant la promesse d’une joie complète qui n’a pas d’équivalent. S’il est important de révéler la teneur du mensonge que diffuse le porno sur la sexualité ou sur la valeur des personnes, il sera plus précieux encore pour un addict d’être mis en relation avec la vérité qu’il est appelé à vivre et sur le bien-être supérieur auquel elle lui donne accès. Le renversement de ses concepts, de ses schémas de raisonnements, va l’amener à réaliser comment il peut marcher sur la voie de la liberté. Nous trouvons dans la Bible un schéma qui conduit au bien-être, indépendamment de toute consommation de porno.

Une hygiène de vie

L’exposition à la vérité passe par une bonne hygiène de vie.

La nature d’un régime alimentaire influe sur notre forme physique. Il est de même important de vérifier comment nous nourrissons nos pensées.

Plus nous donnons du porno en pâture à nos pensées, plus nous cultivons le mensonge et l’addiction. À l’opposé, plus nous nous appuyons sur des principes édifiants pour nos pensées, plus nous prenons la direction d’une vie épanouie. Pour le croyant, les préceptes qu’il découvre dans la Bible contribuent richement à une élévation de l’esprit vers ce qui est bon.

Un chemin d’influence

La vérité n’est pas l’empêcheur d’avoir du plaisir, elle est plutôt l’influenceur qui permet d’accéder à une saine et pleine satisfaction. Alors que nous avons une tendance naturelle à délaisser les chemins sécurisés et à faire du hors-piste, nous avons besoin de la vérité qui va agir tel un GPS pour nos choix, nos directions. C’est une influence bienfaitrice qui va aider à valider de bonnes habitudes.

UNE RÈGLE DE TROIS

Lorsqu’un gars va parler de ce qu’il vit, il va souvent commencer en disant qu’il lutte avec la pornographie ou la masturbation. Et c’est cela qu’il cherche à stopper, souvent en vain. Un challenge : trente jours sans masturbation, une promesse de ne rien regarder pendant trois semaines… Tous les moyens sont bons et ne sachant pas toujours comment s’y prendre, il va tout essayer. Le défi de la pornographie n’est pas d’arrêter mais de « vivre sans » sur le long terme. Il s’agit donc de considérer ce qui est en mesure de faire barrage à cette souffrance. Des possibilités d’activités physiques, culturelles peuvent être envisagées ; elles seront pertinentes si elles viennent compléter un dispositif plus large qui permet d’analyser la situation, de se positionner et de lutter efficacement.

Trois chemins à emprunter

Pour se lancer dans la quête de la liberté, il faut considérer une première position qui sera la disposition à entreprendre. Cela nécessite parfois d’aller à l’encontre des « ne pas » de l’esclavage.

Je n’ose pas

Combien de fois ai-je pu dire à un homme qui me contactait que j’étais admiratif de son courage à oser franchir le pas et à en parler. Je sais que ce n’est pas facile et pourtant, oser c’est déjà gagner !

Bien souvent, notre volonté ressemble à une glace à l’eau exposée en plein soleil à cause de deux peurs principales.

La première est celle de l’abandon d’un plaisir. Nous finissons par aimer le porno même si nous nous disons dégoûtés de ce qu’il représente. Et quelque chose en nous va nous rappeler que nous risquons de perdre une satisfaction. La tension est alors grande !

La seconde est celle de l’exposition au grand jour. En racontant nos combats, en nous « mettant à nu », nous devons affronter le regard d’un autre et avons d’avance honte de ce que nous allons expérimenter. C’est toujours inconfortable de parler de ce qui nous humilie et nous rend esclave. Sortir de l’obscurité et de l’isolement peut faire peur… mais oser balancer son SOS fera la différence.

Je ne trouve pas

« Vous êtes la réponse à mes prières », m’ont déjà dit certains qui ne savaient pas comment s’y prendre ou vers qui se tourner. Un porno-dépendant est à la recherche d’un dispositif qui va lui permettre d’envisager une évolution significative, mais aussi d’une personne en laquelle il va pouvoir placer sa confiance.

Il semble difficile, au dire des hommes accompagnés, d’identifier les possibilités qui sont offertes et surtout d’évaluer leur sérieux. Le gage de confiance, qui est mis en avant, est souvent en lien avec l’expérience et la fonction. Quelqu’un qui a vécu la même chose et s’en est sorti mérite qu’on l’écoute et, qui plus est, s’il a à cœur le bien des autres en toute confidentialité. Or, il semblerait que ce soit une denrée rare.

Je ne continue pas

Pour oser et chercher, il faut aussi être déterminé, dans les moments de « lucidité », à vouloir le changement. Il faut certainement, pour les raisons évoquées précédemment, une dose de folie et beaucoup de courage pour y parvenir ou être au pied du mur (une épouse qui menace de divorcer, une dépression, etc.). Qu’est-ce qui fait qu’un homme voudra continuer à se battre quand toutes ses tentatives précédentes ont avorté et qu’il cultive l’échec ? Ce qui fait aller plus loin la plupart des hommes est le contenu proposé et la manière dont il est proposé. Beaucoup semblent découvrir pour la première fois les véritables enjeux et la réponse pertinente qu’on peut y apporter.

Trois critères à analyser

Les problématiques sous-marines peuvent se classer dans trois domaines. Il est vraisemblable qu’un homme qui entretient une porno-dépendance retrouve la ou les origines de sa souffrance dans au moins un de ces domaines : sa valeur, ses besoins, ses relations. Tous les trois, sur la base d’un questionnement dirigé, vont aider à distinguer plus précisément les raisons qui ont pu amener à une telle pratique et se poser la question : « Qu’est-ce qui ne va pas dans ma vie ? »

Ma valeur

Qui suis-je ? Quel sens a ma vie ? Voilà deux questions parmi d’autres qui peuvent faire monter les larmes aux yeux d’un porno-dépendant. Il réalise alors que la définition de son « moi » est tributaire de son activité. La recherche d’une réponse à ces questions va faire resurgir de nombreux souvenirs parfois douloureux qui vont mettre en lumière ses fragilités identitaires. Pour certains, c’est la question qu’ils auraient aimé ne jamais entendre. Pour tous, cependant, c’est bien la question qu’ils ont besoin de se poser pour entreprendre une formulation sérieuse de ce qui les définit.

Mes besoins

Derrière le besoin, il faut lire la satisfaction. Cela interroge sur le vide que le consommateur cherche à combler alors qu’il est imprégné de l’idée que le porno, non seulement satisfait son désir (plutôt que besoin) sexuel, mais permet aussi de soulager certains tracas quotidiens.

Toute une réflexion va s’ouvrir sur la réalité des besoins et sur une juste réponse à y apporter afin de vivre « satisfait ».

Mes relations

Être accepté ? Ne pas être jugé ? Le porno offre un cadre d’accueil sans formalités d’accès, dans lequel on peut s’intégrer facilement. Il n’est question ni de capacité de communication, ni de compétences relationnelles. Il fournit l’environnement artificiel qui met en confiance et me présente des « amis » qui me veulent du bien. Il rend accessible ce qui d’ordinaire demande du temps, de l’implication, parfois même le pardon et la réconciliation : les relations.

Le porno fait du bien car il donne le sentiment d’être quelqu’un qui va trouver une réponse à ses besoins dans un cadre sécurisant où il se sent à sa place. Chaque élément identifié demandera parfois un travail d’accompagnement qui peut prendre du temps.

Trois positions à considérer

Après avoir vu où j’en étais, arrive le temps de la stratégie. La réalité est que ce désir de liberté s’inscrit dans un combat auquel il faut se préparer. Comment je le conçois, comment je le gère, comment je le mène… autant de questionnements essentiels pour espérer entrevoir une issue favorable.

Quelle perspective ?

La consommation nombriliste est la plus commune. À la difficulté de se détacher de la situation s’ajoute l’incapacité de prendre de la hauteur, de se poser les vraies questions et d’entrevoir autre chose que l’échec. Ce peut être la cause d’un grand désespoir. Il faudra une aide extérieure.

La perspective alpiniste témoigne d’une évolution, mais tout en restant le nez collé à la paroi : on y pose certains points d’ancrage intéressants permettant de progresser sur du court terme, mais sans vision plus large. Ne pas voir le sommet à atteindre peut causer des tentatives infructueuses, voire des découragements.

La perspective de l’éternité permet d’avancer avec persévérance car l’objectif de la liberté y est visible, le chemin pour y parvenir y est compris et les moyens de marcher sur ce chemin y sont accessibles. L’intégration de cette perspective dans les pensées contribue grandement à progresser.

Quelle gestion des pensées ?

La guerre se joue avant tout dans les pensées. Il faut apprendre à les gérer. C’est une deuxième position complémentaire à adopter qui touche au centre opérationnel. Un proverbe chinois dit : « On ne peut empêcher les oiseaux noirs de voler au-dessus de nos têtes, mais on peut les empêcher d’y faire leur nid. » Il est vrai que les influences, les tentations, sont présentes et on ne peut pas les empêcher d’exister, mais on peut faire le nécessaire pour qu’elles n’occupent pas de position susceptible de nuire.

Il est donc important de garder le contrôle de nos pensées en pratiquant le blacklisting tel qu’il se fait pour les compagnies aériennes auxquelles on attribue un critère de dangerosité. C’est la position « tour de contrôle » qui donne le droit de dire oui ou non.

La décision qui est prise doit l’être dans les premiers centièmes de seconde et nécessite donc d’avoir élaboré au préalable une stratégie applicable facilement en cas de tentation que l’on peut aussi appeler « attaque ».

Une partie de l’accompagnement consiste à aider l’intéressé à élaborer une stratégie efficace tenant compte de ses paramètres de vie et d’environnement. Dans ces situations de lutte contre la pornographie, une erreur est souvent commise : ne pas penser à une stratégie avant. Une fois que les yeux sont en contact avec une image, que la main est dans le caleçon, il est trop tard pour penser à ce que nous pourrions faire pour l’éviter. Il y a donc tout un travail de préparation à faire sérieusement. « Pour faire la paix, il faut préparer la guerre. »

Quelle posture opérationnelle ?

Quand la perspective est adoptée, la stratégie est élaborée, il est nécessaire d’adopter une posture opérationnelle.

Un grand principe à retenir est que nous nous trouvons sur un champ de bataille et que nous sommes en guerre. Quand la tentation est présente, il ne s’agit pas d’une partie de paintball, mais d’un tir à balles réelles dont les dégâts peuvent être importants.

Il va donc falloir s’armer en conséquence. L’expérience montre que s’armer de volonté est insuffisant. Aussi, je me permets de conseiller l’arsenal complet qui se trouve dans la Bible et dont la juste compréhension rend l’utilisation très pertinente pour résister aux assauts de nos pensées.

Considérer la fuite comme une tactique de combat puissante est important. Alors que la fuite est vue comme un acte de lâcheté dans certaines situations, elle est dans ce cas un acte de courage recommandé.

UN ACCOMPAGNEMENT SUR MESURE

Parler accompagnement implique la notion de relation et de cheminement intentionnel en vue d’apporter une aide qui correspondra au besoin exprimé. À la différence des séminaires, webinaires et livres sur le sujet – et plusieurs sont des références très utiles – l’accompagnement va développer une prise en compte individuelle et individualisée.

Relation : la clé de l’accompagnement

La relation va permettre des échanges de paroles, d’expériences, l’expression d’émotions et de ressentis. Elle donne également la possibilité pour le porno-dépendant d’un exemple à suivre qui va lui-même se rendre vulnérable en partageant son expérience.

Il me comprend

« Je sais ce qui se passe dans le cerveau et dans le caleçon d’un gars qui regarde du porno. Je sais ce qu’on peut vouloir en tapant d’une main le nom d’un site sur son clavier et en se masturbant de l’autre, je sais ce qu’on peut ressentir après avoir éjaculé dans un mouchoir en papier, seul dans sa chambre ou enfermé dans les toilettes. »

Quand on parle d’un sujet comme celui-ci, on a besoin de rencontrer quelqu’un qui est capable d’en parler sans tabou et sans retenue, mais aussi sans vulgarité et sans être une pierre d’achoppement pour l’autre. On a besoin d’avoir un vis-à-vis qui maîtrise le sujet, non pas simplement intellectuellement, mais qui sait en parler parce qu’il en a vécu toutes les dimensions, aussi hideuses soient-elles. Parler de sa propre expérience va rendre l’espoir d’une sortie plus accessible à celui qui est plongé dedans. Et c’est justement parce qu’il a cette expérience de vie et qu’il ose se rendre vulnérable, qu’il va être en mesure de comprendre celui qui s’adresse à lui. Quand un homme marié parle de ses défis de couple, quand un homme célibataire évoque 15 ans de galère, un tel accompagnant a la légitimité de dire qu’il comprend ce que vit la personne qui s’adresse à lui.

Il ne me juge pas

La dernière chose dont a besoin un homme qui traverse la souffrance du porno est d’être jugé. Certains comportements sont suffisamment lourds à porter pour ne pas en rajouter. Il n’y a rien de pire que de se sentir comme assis sur le banc des accusés alors qu’on se sent déjà honteux. L’accompagnement doit aider à une relativisation et une décomplexion de la situation. Un accompagnant qui sera « au bénéfice » d’une expérience liée au porno sait très bien qu’il serait la première personne à être jugée. La compassion apparaît comme la réponse à apporter avant tout autre élément de réflexion.

Il m’encourage

Lors du premier entretien avec un homme qui demande de l’aide, je passe une grande partie du temps à lui apporter ce qui lui manque le plus : de l’encouragement. Beaucoup de témoignages confirment que ça rebooste et redonne de l’espoir. Une séance d’encouragement n’est pas une séance de musculation, c’est une séance de motivation au cours de laquelle l’objectif est défini, mesuré et où l’espoir de l’atteindre est remis au centre. Tout cela contribue à consolider la décision d’aller de l’avant et d’entrer pleinement dans un accompagnement qui peut prendre du temps.

Puis, tout au long du cheminement, les encouragements sont renouvelés, car toute nouvelle étape nécessite d’être soutenue par de la compassion et des paroles porteuses.

Progression : l’objectif de l’accompagnement

L’objectif principal de l’accompagnement va être de développer une capacité à progresser et à mettre en place les bons fondements.

Le droit de rechuter

La rechute fait partie du chemin d’apprentissage des échecs et des victoires. Il est important de dédramatiser la situation qui est suffisamment complexe et culpabilisatrice. Le porno-dépendant n’a pas besoin d’entendre que ce n’est pas une bonne chose, il a besoin de savoir comment on peut vivre les choses autrement.

Il est cependant vivement encouragé à limiter au maximum ses visionnages, sachant que sa banque de données interne est déjà bien conséquente.

Ce sera également l’occasion de voir comment sont vécues les rechutes et d’analyser le processus qui conduit au plaisir, tout comme il sera invité à décrypter les périodes qui seront synonymes de petites victoires.

Le droit de prendre le temps

Fixer une deadline de réussite n’a aucun sens. En effet, 25 ans de porno ne disparaissent pas en un claquement de doigts, car son empreinte est bien présente. Non seulement il faudra du temps pour modifier les habitudes et les schémas de conception, mais il en faudra également pour effacer les données enregistrées. L’accompagnement régulier, au moins au début, a l’ambition de mettre l’intéressé sur la voie d’une compréhension de la manière dont il peut envisager une progression, préalable à une « dépollution » libératrice.

Le devoir de célébrer

Dans ce cheminement, les épisodes « échecs » et « rechutes » impactent fortement celui qui s’est donné comme objectif « le succès » car ils sont autant d’entraves et de frustrations qu’il va falloir surmonter. Ainsi, les victoires, aussi petites soient-elles, doivent prendre de l’importance pour qu’elles aussi aient leur place sur le podium des souvenirs. Pour ce faire et pour vitaliser la progression, il est fortement conseillé de célébrer ses victoires comme des moments significatifs du parcours.

Dédramatiser sans brutaliser et donner du poids à toute avancée positive sont des atouts majeurs.

Fortification : les bienfaits de l’accompagnement

Quand les signes d’une progression sont visibles, l’accompagnement relation/redevabilité va se poursuivre de manière adaptée, sur proposition de l’accompagnant et toujours sur décision de l’intéressé qui reste maître de la durée du cheminement. Une nouvelle étape est alors possible.

On n’en reste pas là

Alors que l’homme est dans la phase de dépollution, il lui est fortement suggéré, avec ou sans accompagnant, d’approfondir tout ce qu’il a pu voir précédemment. Ceci vise à l’affermir dans des principes de vie qui lui permettront de développer sa résilience et de passer en mode « musculation » des préceptes de base, notamment sur tout ce qui touche à son identité. Des temps de méditation biblique sont favorables à cette fortification. Cette étape doit être prise au sérieux.

On passe en mode vigilance

C’est évident : tout homme est soumis à des visuels érotiques ou pseudo-pornographiques à son insu. Alors, comment un ex-porno-dépendant gère-t-il les confrontations avec des scènes « excitantes » ?

Je sais qu’elles peuvent représenter un danger à partir du moment où l’on passe de « vu » à « regardé ». Personnellement, je reste donc constamment en mode vigilance et vis selon les habitudes protectrices que j’ai pu mettre en place, il y a des années, lorsque j’ai réfléchi à ma stratégie de combat ; à la différence que ces habitudes ne sont plus des contraintes mais un style de vie. Ceci dit, après une période de dépollution, j’ai aussi atteint une capacité de résilience suffisamment haute pour que l’écosystème de mon caleçon ne se mette pas en branle à chaque scène de nu. Toutefois, mon mot d’ordre reste : « Toujours vigilant ! »

On aspire au témoignage

Raconter ce que l’on a vécu et comment on est passé du porno à la liberté, encourager d’autres à franchir le pas, etc., s’impose pour beaucoup comme une évidence. Ayant vécu quelque chose qui a transformé leur vie, ils sont persuadés que ça peut aussi changer celle des autres. Devenir militant pour une vérité qu’on aspire à vivre en actes aide à se maintenir dans un sillon protecteur. J’encourage ceux qui sont arrivés à un stade de progression avancée à partager leur expérience et à devenir des partenaires d’encouragement pour d’autres qui passent par la même souffrance. Cela les stimule véritablement dans leur prise de position car ils endossent alors un devoir d’intégrité.

Quand un homme porno-dépendant me contacte pour lancer son SOS, il a remporté sa première victoire car il a saisi la possibilité de sortir de l’isolement et de la solitude. Sa deuxième victoire est quand il comprend quels sont les véritables enjeux de sa dépendance, qu’il n’a pas à lutter contre son addiction au porno, mais qu’il est beaucoup plus porteur d’apprendre à vivre sans, en se concentrant non pas sur la souffrance mais sur ce qui peut la remplacer.

Il va pouvoir réaliser qu’il est possible de s’en sortir et saisir les moyens d’entreprendre un véritable combat et envisager une sexualité et un quotidien épanouissants.

C’est la vocation du dispositif d’accompagnement proposé par LibertéXXL qui inclut l’homme dans une relation de proximité où toute sa dimension (physique et spirituelle) est prise en compte, où il est confronté au véritable format du porno, mais surtout à celui de la liberté.

Les mots les plus évocateurs sont de ceux qui ont vécu l’expérience LibertéXXL :

« LibertéXXL est vraiment un appui pour toute personne qui est prête pour le combat et qui a la volonté de s’en sortir !

La personne avec qui j’ai réalisé le suivi a pu me témoigner de son parcours. Ça a été pour moi très important car, honnêtement, je n’avais jamais entendu un tel témoignage.

Je me sentais seul. Aujourd’hui, je me sens découragé d’avoir rechuté récemment, mais je suis quand même encouragé d’avoir tenu plus longtemps que depuis longtemps. Et, réconforté et porté d’avoir une personne de confiance avec qui partager ça. »

Si LibertéXXL entre dans sa quatrième année d’activité, c’est parce que les hommes qui souffrent sont nombreux, mais surtout parce que les hommes qui aspirent au changement sont aussi nombreux. Je dédie ces lignes à tous ceux qui sont encore dans l’obscurité et qui ne voient pas encore le bout du tunnel.

Pour en savoir plus

Instagram : libertexxl_france contact@libertexxl.com www.libertexxl.com

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