Être bénévole auprès des personnes en fin de vie
Le désir de devenir bénévole en soins palliatifs est né de mes fonctions de DRH (directeur des ressources humaines). En dépit de trop d’images souvent attristantes de la gestion des ressources humaines, elles m’ont convaincu de la valeur primordiale de l’écoute et du regard bienveillant, y compris, si ce n’est d’abord, à l’égard de ceux qui sont en difficulté. Et mon bénévolat m’en a progressivement fait prendre une conscience plus aiguë : la grandeur de la personne humaine ne vient ni de ses succès, ni de sa santé, elle ne s’exprime pas dans la puissance, elle se dit dans la fragilité, et jamais ne se mesure à l’apparence. (…)
Des silences, un geste, une parole
Je conserve au fond de moi, comme un présent inestimable, la parole à peine audible d’une patiente auprès de qui je me tenais, très peu de temps avant son grand passage. Me sentant aussi pauvre qu’elle-même était mal dans son corps, je ne pusprononcer, après un long silence, que ces quelques syllabes : « C’est difficile », auxquelles elle répondit, en me pressant la main de toute sa faible force : « Oui, mais vous êtes là. » La mort commençait à faire son œuvre en elle et son frêle sourire me faisait entr’apercevoir ce qu’était sa vie jusqu’au bout dans une extrême dignité. Comment accepter alors de laisser confisquer le sens de ce mot pour en faire un argument en faveur de l’euthanasie ?
Ajouter de la vie aux jours
Les personnes malades qui veulent décider de leur mort ont été souvent soignées dans de mauvaises conditions, par insuffisance de propositions de soins palliatifs adaptés, et l’immense majorité d’entre elles ne réitèrent pas leur demande après avoir été prises en charge. C’était encore, il y a peu, cette dame, résolue à en finir à son arrivée dans la maison médicale, qui me disait, au soir de son quatrième jour, qu’elle venait de vivre l’un des plus beaux moments de sa vie. Tout change, se transforme, lorsque renaît pleinement le sentiment de compter pour les autres.
C’est la raison d’être des soins palliatifs. Non seulement de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais de prendre en charge la souffrance psychologique, sociale et spirituelle des patients atteints de maladies graves évolutives ou terminales.
Un rôle complémentaire
Ceci justifie et situe le rôle des bénévoles : en complément de l’action des médecins et des soignants, ils participent à cette prise en compte de la personne du malade dans toutes ses dimensions. Et quelle joie pour eux de contribuer à ce travail d’humanisation dont les mots du prophète Ésaïe nous livrent le secret : « Tu as du prix à mes yeux, et je t’aime ! »