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McTair WALL- Théologien de la mission dans le monde francophone
Pouvez-vous vous présenter ?
Je m’appelle McTair Wall et j’enseigne la missiologie à la Faculté de théologie évangélique à Montréal. Mon parcours s’inscrit au croisement de plusieurs cultures, ce qui a nourri très tôt mon intérêt pour les questions d’interculturalité et de foi chrétienne. Aujourd’hui, je cherche à comprendre et à transmettre comment l’Évangile peut être vécu et communiqué dans des contextes culturels variés, et comment cette diversité façonne notre manière de croire et de vivre.
Où avez-vous grandi ? Quelles traditions et coutumes vous ont marqué étant enfant ?
J’ai grandi dans les Caraïbes, au sein d’une famille pauvre d’origine indienne. Même si le christianisme était très présent dans mon village, ma vision du monde restait marquée par des influences hindoues et animistes. Cela se traduisait par une forte vie familiale, avec des liens très étroits, des mariages arrangés, et des valeurs comme la loyauté, le respect des aînés et des figures d’autorité.
La vie quotidienne était aussi imprégnée d’un certain rapport au spirituel : une sensibilité aux esprits, un respect profond de la nature, et une manière assez naturelle de coexister avec différentes croyances. Ce pluralisme ne posait pas vraiment problème, il faisait partie du paysage.
En même temps, c’était un univers très vivant et festif. Le carnaval occupait une place importante, avec cet esprit de joie collective et de créativité. À Noël, nous allions de maison en maison pendant plusieurs jours pour chanter, avant de terminer parfois par un bain de mer au lever du soleil. Les jeux collectifs, comme le cricket, les billes ou les cerfs-volants, rythmaient mon enfance. Et puis il y avait toute cette créativité locale, avec des instruments fabriqués à partir de presque rien, comme les steel-drums (instrument à percussion provenant des Caraïbes). C’est dans ce mélange de traditions, de spiritualités et de vie communautaire que j’ai grandi.
Qu’est-ce que votre famille vous a transmis de la religion à l’époque ?
Dans ma famille, la religion occupait une place centrale. On m’a transmis avant tout un profond respect pour Dieu et pour le monde spirituel. Dieu était perçu comme présent, mais dans le quotidien, c’étaient surtout les esprits – bons ou mauvais – qui semblaient les plus proches et les plus influents.
La religion était donc liée à une question de puissance et de protection. Il existait une certaine crainte d’être exposé à des malédictions ou à des forces invisibles,...
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