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Où avez-vous grandi ? Quelles traditions et coutumes vous ont marquée étant enfant ? Qu’est-ce que votre famille vous a transmis de la religion à l’époque ?
J’ai grandi en Angleterre, dans un petit village de 300 habitants, entouré de champs et de moutons, en plein milieu de nulle part ! Notre maison familiale avait 350 ans, comme d’autres maisons alentour, et une vieille église anglicane du 11e siècle se dressait au cœur du village, dont nous étions des membres fidèles. J’aimais beaucoup assister aux offices et je connaissais les prières de la liturgie par cœur à force de les répéter chaque dimanche. J’ai fait ma confirmation et j’étais enfant de chœur. J’aidais mon père à compter la collecte à la fin du culte, et à changer les nappes de l’autel selon le calendrier liturgique.
Ce dernier rythmait la progression des saisons de l’année. Ce sont les traditions autour de Pâques qui m’ont le plus marquée. On était souvent à l’église pendant la Semaine sainte, entre le dimanche des Rameaux, l’office du soir du jeudi saint (parfois accompagné du lavement des pieds), ensuite le Vendredi saint, qui était un jour férié. Dans la ville voisine, il y avait un office pour les adultes de midi à quinze heures : un temps de jeûne et de recueillement pour méditer les souffrances du Christ. Pour les enfants, c’étaient plutôt trois heures de jeux et de mises en scène de la Semaine sainte ; je me souviens d’avoir souvent été sur le dos d’un enfant plus grand qui jouait l’âne ! On pique-niquait et on jouait dans le parc à côté de l’église. Ensuite, on allait tous chez des amis manger des hot cross buns (petits pains sucrés décorés d’une croix en pâte d’amandes).
La pratique religieuse était donc très présente dans ma jeunesse, mais il me manquait quelque chose. Chaque dimanche, je m’attendais à ressentir une sensation mystique en prenant la cène, mais je suis restée sur ma faim. À l’âge de seize ans, mon grand-père paternel est décédé subitement d’une crise cardiaque. Avec le recul, je suis heureuse qu’il n’ait pas souffert. Mais sur le moment, ce fut un choc pour toute la famille ; chacun regrettait ce qu’on n’avait pas eu le temps de lui dire. À son enterrement, nous avons chanté « À toi la gloire », et j’ai pleuré tout le long. Comment entonner un chant si joyeux quand on vient de perdre un être cher ? Je savais ne pas avoir la même foi que mon grand-père. Il avait choisi de se faire incinérer, car il ne voulait pas qu’on vienne le pleurer sur sa tombe. Il savait qu’il serait auprès de son Seigneur. Je ne mettais pas en doute son sort dans l’au-delà, mais je n’avais pas cette assurance concernant mon avenir éternel. Je ne pensais pas mériter le paradis, et j’avais peur de la mort.
Comment avez-vous découvert l’Évangile ?
En arrivant à...
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