Paradis

Des mots pour dire la foi

Le chemin qui mène du paradis perdu au paradis retrouvé est étonnant. Heureusement, il nous a été révélé.

À chaque époque son paradis! Dans les années «hippies», ils étaient artificiels; aujourd’hui, ils sont surtout fiscaux. Pourtant aux origines, c’était tout simplement un jardin, celui d’Éden. C’est d’ailleurs le sens du mot persan (pardès) qui a donné naissance au nôtre en français.

Le «paradis» est étymologiquement un jardin clôturé. Véritable «jardin des délices», où Dieu place le premier homme afin qu’il y vive en prenant soin de cette nature qui l’entoure et dont il sera responsable ((Genèse 2.4-15.)).

Mais ce beau projet originel sera contrarié par la désobéissance de l’homme. Chassé de ce paradis terrestre, sans possibilité de retour ((Genèse 3.23-24.)), l’homme vagabond va se mettre à bâtir des villes ((Genèse 4.16-17.)). Il va vivre dans l’enfer des cités (Babel, Sodome…). Comme l’enfant expulsé du ventre de sa mère, l’humanité va garder le souvenir d’un lieu paradisiaque et développer un désir de retour à la nature.

Un livre de la Bible résume bien la vanité de la recherche de ce paradis perdu: l’Ecclésiaste ((Ecclésiaste 2.4-11.)). Ce sage qui a essayé tous les paradis que l’homme pouvait se créer fait l’amer constat: «Tout n’est que futilité et poursuite du vent». Le paradis perdu est une impasse. Pourtant l’homme continue à garder l’espoir d’un havre de paix, où le loup habitera pacifiquement avec l’agneau ((Ésaïe 11.6-9; 65.25.)). Mais la route lui reste à tout jamais barrée…

C’est alors que Jésus va montrer aux hommes un autre chemin. Non pas l’antique chemin du jardin perdu, mais la voix royale qu’il inaugure et qui conduit au paradis à venir. À celui qui meurt à ses côtés sur une croix, hors de la ville, il dira: «Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis» ((Luc 23.43.)). Il ne s’agit plus de faire retour à la case départ en Éden, mais de poursuivre la route jusqu’à la cité céleste. Tout comme l’homme ne peut rentrer dans le ventre de sa mère ((Jean 3.1-21.)), il n’y aura pas de retour à mère nature. Il y a une prise en compte du chemin parcouru, de ce qui a été construit dans cette vie, avant d’entrer dans les demeures de la maison du Père ((Jean 14.2.)).

Le jardin qui faisait rêver les nomades à la recherche d’oasis laisse la place à la cité de Dieu: la nouvelle Jérusalem ((Apocalypse 21.1-4.))! Le temps du nomadisme et de l’errance arrive à son terme, l’homme va s’établir au paradis: il est enfin chez lui ((Hébreux 11.14-16; 13.14.)).

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#58 - Juillet-août 2007

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