Cette prédication a été donnée lors de la pastorale nationale FEEBF d'octobre 2022. Elle était donc destinée à des ministres du culte, d'où son orientation fortement théologique.
L'objectif, dans le prolongement des travaux du congrès FEEBF de 2022, était de proposer une amorce de réflexion sur la diversité des ministères à partir d'un texte clef de l'Écriture (Éphésiens 4). Au lieu de penser le ministère par le bas (les besoins, les manques sur le terrain), il s'agissait de lever les yeux vers Christ monté en gloire pour envisager le ministère par le haut (le don, la générosité divine).
La Sagrada familia, la Sainte famille en français. Comme vous le savez sans doute, c’est le nom de la célèbre basilique de Barcelone, le monument le plus visité d’Espagne. La particularité de cette basilique, outre sa magnificence, c’est qu’elle demeure en construction depuis 1882. Jusqu’à aujourd’hui, les travaux sont toujours en cours, on pourrait dire qu’il s’agit d’un chef-d’œuvre en construction.
En Éphésiens 4, Paul présente justement une Église-chef-d’œuvre toujours en construction, toujours en mouvement, qui ne cesse de s’élever vers la maturité.
Nous lisons ensemble dans Éphésiens 4, les versets 7 à 16 :
« Cependant, à chacun de nous la grâce a été donnée à la mesure du don de Christ. C’est pourquoi il est dit : “Il est monté sur les hauteurs, il a emmené des prisonniers et il a fait des dons aux hommes”. Or, que signifie : Il est monté, sinon qu’il est aussi [d’abord] descendu dans les régions les plus basses de la terre ? Celui qui est descendu, c’est celui qui est monté au-dessus de tous les cieux afin de remplir tout l’univers. C’est lui qui a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes, les autres comme bergers et enseignants. Il l’a fait pour former les saints aux tâches du service en vue de l’édification du corps de Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous à l’unité de la foi et de la connaissance du Fils de Dieu, à la maturité de l’adulte, à la mesure de la stature parfaite de Christ. Ainsi, nous ne serons plus de petits enfants, ballottés et emportés par tout vent de doctrine, par la ruse des hommes et leur habileté dans les manœuvres d’égarement. Mais en disant la vérité dans l’amour, nous grandirons à tout point de vue vers celui qui est la tête, Christ. C’est de lui que le corps tout entier, bien coordonné et solidement uni grâce aux articulations dont il est muni, tire sa croissance en fonction de l’activité qui convient à chacune de ses parties et s’édifie lui-même dans l’amour. »
Jusqu’ici la lecture de la Parole de Dieu.
Ce texte, nous le connaissons bien, se situe dans une section de l’épître aux Éphésiens qui fait la jonction entre la première partie, plus théologique, et la seconde partie, plus exhortative. Dans un sens, il tient un peu des deux, profondément théologique, il se veut aussi exhortatif. L’un des thèmes principaux de l’épître aux Éphésiens, on le sait, c’est l’unité, l’unité de ce corps social qu’est l’Église.
Justement, dans les versets qui ont précédé notre lecture, Paul énumère les sept piliers de l’unité ecclésiale à l’aide d’une anaphore restée célèbre : un seul corps, un seul esprit, un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous. Ainsi, pour Paul, l’unité de l’Église est fondée dans l’unité même de Dieu et de son projet rédempteur pour l’humanité.
« Mais », car il y a bien un mais ! Paul s’empresse d’ajouter un « mais », ou un « cependant » selon les traductions.
Dans notre section, Paul va apporter une précision d’importance. Certes, il existe une seule foi, mais le fait que nous soyons un dans l’Église ne signifie pas pour autant que nous soyons identiques. En d’autres termes, l’unité n’est pas l’uniformité, mais plutôt « l’unidiversité » si j’ose employer ce néologisme ! Toutefois, il faut prendre garde à ne pas nous leurrer sur la question…
Aujourd’hui, il est de bon ton d’encenser la diversité comme une fin en soi, mais Paul nous montre que...