C’est dans le cadre d’une session de l’Ecole Pastorale, que Richard Gelin, pasteur à Paris, a présenté cette réflexion sur la mission de l’Eglise et ses fondements théologiques. Dans ces temps où l’on dit bien des choses (souvent justes) sur cette mission, il est utile de revenir toujours à cet essentiel sans lequel l’Eglise ne saurait être ce à quoi son Seigneur l’appelle.
Face à la diversité de l’architecture théologique, quand pouvons-nous dire d’un de ses éléments qu’il s’agit d’un « fondement » ? Comment distinguer entre «fondements» et «ornements» ?
Les Ecritures nous invitent-elles à discerner des affirmations, hors desquelles la mission de l’Eglise se dénature et donc se disqualifie ?
Pour esquisser une réponse, je considérerai deux voix, celles de Paul et de Jean, en proposant de les écouter comme complémentaires.
La prédication de Paul
La remarque est banale, Paul n’évoque pas les événements de la vie de Jésus. Il serait toutefois peu prudent d’en conclure qu’il ignorait le détail de la vie de Jésus. Sauf à nier toute valeur historique aux récits bibliques, Paul connaissait certainement très bien les événements ayant constitué le ministère de Jésus ainsi que ses enseignements. De son temps, ces informations commençaient à être collectionnées sous forme d’évangiles. Il est peu vraisemblable que ses contacts multiples avec les apôtres ne lui aient pas donné une pleine possibilité de connaître tout cela et qu’il n’ait pas cherché à s’informer sur ces événements. Or, Paul focalise sa prédication et sa pastorale sur un unique événement exprimant à ses yeux le tout de la Bonne Nouvelle : LA CROIX. L’absence de références factuelles est d’ailleurs si criante que son explication pourrait bien en être que Paul, tout...
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