La Bible utilise volontiers des analogies pour enseigner des réalités spirituelles.
C’est cette veine qu’André Pownall explore avec profit pour stimuler notre réflexion et dire le bien-fondé, voire la nécessité, de la naissance d’Églises nouvelles à partir d’Églises en place. Bien des aspects et des principes sont identiques à ces deux manières de transmettre la vie. On ne s’étonnera pas que l’article(1) se termine par un plaidoyer.
André Pownall est pasteur de l’Union des Églises Évangéliques Libres et professeur de théologie pratique à l’Institut Biblique de Nogent-sur-Marne.
La maternité (humaine) serait-elle en train de devenir une affaire de plus en plus compliquée ? Une sage-femme expérimentée me racontait dernièrement qu’elle ne met plus le nouveau-né sur le ventre de sa mère sans en avoir reçu la permission (Les gestes « naturels » se perdraient-ils ?). Elle voit de moins en moins de couples se réjouir à l’occasion de l’accouchement… ce sont plutôt le stress et l’inquiétude qui dominent !
Cette évocation d’un « défi » de la maternité n’est pas inspirée par la nostalgie de la politique du gouvernement de Vichy des années 1940 (« Famille, travail, patrie ») et les discours natalistes de l’extrême droite. Elle est plutôt motivée par l’expérience passionnante (avec ses hauts et ses bas) d’un père de famille nombreuse, et d’un pasteur ayant eu le privilège d’être témoins de la naissance d’une Église en banlieue populaire.
La maternité humaine est une chose, mais cette notion de « maternité d’Église » d’où vient-elle ? Est-elle bien biblique ? Le modèle biblique de la création d’Églises n’est-il pas plutôt celui d’un homme investi d’un appel et d’une mission ? Commençons par essayer d’y répondre…
FONDEMENTS BIBLIQUES
Il y aurait tout d’abord de bonnes raisons pour appliquer les premiers commandements de Dieu (« Ayez des enfants, devenez nombreux. Remplissez la terre… » Gn 1.28) à toute forme de vie. Ensuite, au départ de l’aventure du peuple de Dieu, il est déjà question de maternité. Abram et Sara prennent de l’âge, mais ils ne voient pas venir l’accomplissement de la promesse de Dieu, celle d’une descendance nombreuse qui sera une bénédiction pour toute la famille humaine. La vieillesse et la stérilité seraient-elles des obstacles incontournables ? Pas du tout !
L’exemple d’Anne est-encore édifiant. Elle consacre à Dieu ce qu’elle a de plus précieux, le fils que Dieu lui a donné en exaucement de sa prière. (Et on peut noter que son fils, Samuel est animé par une vision comme celle d’un pionnier-implanteur d’Église. Il va chaque année...
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