États généraux de la bioéthique – Dossier bioéthique simplifié

Bioéthique

Le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine est une association dont le but est de sensibiliser les Églises sur les questions d’éthique et de faire entendre une voix évangélique dans la société civile. À l’occasion des débats autour de la révision des lois de bioéthique de 2004 le CPDH a mis en ligne sur son site une contribution dont voici des extraits.

La révision de la loi de bioéthique du 6 août 2004 devait intervenir en 2009, l’application de la loi n’ayant pas été immédiate. Il est question de laisser un délai au législateur pour qu’il puisse se prononcer sur les réalisations en matière de recherche sur les cellules souches embryonnaires. Le vote d’une nouvelle loi interviendra en 2010.

[…]

Un rapide état des lieux

Parmi les thèmes qui seront traités, celui sur la recherche sur les cellules souches embryonnaires sera le plus important. Mais d’autres feront l’objet d’une attention particulière des parlementaires lors de la révision de la loi.

La recherche sur les cellules souches

La législation actuelle permet la recherche sur les cellules souches embryonnaires de manière dérogatoire, l’interdiction est le principe. Les pressions sont fortes pour que ce moratoire soit levé.

La sélection préimplantatoire

La pratique du diagnostic préimplantatoire (DPI), légalisée en 1994, s’est élargie suite à l’autorisation du Conseil consultatif national d’éthique de recourir au DPI-HLA c’est-à-dire à la conception médicalisée et à la sélection d’un enfant immuno-compatible avec un autre déjà né et gravement malade. C’est ce que l’on appelle des « bébés-médicaments ». Cette pratique du DPI s’ouvre aussi de plus en plus à la médecine prédictive, notamment en matière de dépistage de risques de maladies, notamment de cancers pouvant survenir des dizaines d’années après la naissance de l’enfant.

Le don de gamètes et d’embryons

La pratique du don de sperme et d’ovocytes est autorisée, comme celle d’embryons dont les parents ne veulent pas ou plus. Des demandes sont formulées pour que les couples de lesbiennes puissent en bénéficier.

La question des mères porteuses

La gestation pour autrui n’est pas autorisée en France, mais un groupe de travail du Sénat a remis un rapport préconisant sa légalisation sous conditions.

À ces principaux thèmes, s’ajoutent d’autres mentionnés lors du Conseil des ministres du 16 juillet 2008, et éventuellement d’autres encore puisque la liste n’est pas fermée, notamment l’euthanasie. Toutefois le récent rapport Leonetti recommande de ne pas légaliser le suicide assisté, mais ses dispositions suscitent des interrogations.

Quelques questions d’éthique qui seront posées ou mériteraient d’être posées

L’enjeu de ces débats contient toute une dimension anthropologique, la définition de l’homme est concernée ; et les thèmes peuvent se recouper :
– L’embryon doit-il bénéficier ou non d’un statut protecteur, limitant la recherche ?
– Les attentes posées par la recherche sur l’embryon, autorisée par dérogation, ont-elles été satisfaites ?
– À l’heure où la reprogrammation des cellules souches adultes semble ouvrir de nouvelles perspectives thérapeutiques et scientifiques, est-il juste d’autoriser davantage la recherche sur l’embryon, qui soulève des questions éthiques au sein même de la communauté scientifique ?
– Faut-il élargir les conditions de recours au DPI et donc renforcer la place de la médecine prédictive ? Alors que la législation ne le prévoit pas, le dépistage du risque de développement de certains cancers des décennies après la naissance d’une personne, conduit à la supprimer dans le cadre du DPI au lieu de l’implanter dans l’utérus maternel. Le législateur doit-il valider ce qui est fait, libéraliser ?
– Faut-il pérenniser la pratique du don de gamètes et autoriser celle de la gestation pour autrui ou proposer un moratoire pour le premier, voire une interdiction pour les deux ?

[…]
=+=+=+=+=+=
[…]

LA FIVETE

La FIV permet de pallier la stérilité des couples via une mis en contact artificielle des gamètes mâles et femelles en vue d’une fécondation des dernières.

La collecte des gamètes

[…]
 

Questions éthiques

– Le prélèvement du sperme par la masturbation, l’appel à des images pornographiques à cette fin.
– Le risque mis en avant par des psychologues que trop d’attentes soient mises sur l’enfant, à cause du « parcours du combattant » enduré par les couples.
– Les risques de conflit dans le couple, du fait notamment de la pénibilité de la stimulation ovarienne.

La fécondation

La rencontre des gamètes mâles et femelles et la fécondation qui s’ensuit peut se faire par la FIV classique ou par le forçage de la membrane qui entoure l’ovule au moyen de l’ICSI. Cette dernière méthode qui empêche toute sélection naturelle des gamètes mâles peut être source d’anomalies.
[…]
 

Questions éthiques

– Alors que la science prétend pallier les imperfections de la nature, l’ICSI contourne la sélection naturelle, constitue un forçage de l’ovocyte et aboutit à une proportion plus élevée de naissances d’enfants frappés d’anomalies mineures que dans le reste de la population (10,6 contre 6,3%). Néanmoins, l’ICSI n’accroîtrait pas significativement le risque de malformations (3,8 contre 3,4%).
– L’ICSI vise à pallier la stérilité d’un homme, mais elle transmet cette stérilité de père en fils.
– Les naissances prématurées sont plus nombreuses que dans le reste de la population : 36,7 semaines d’aménorrhée (SA) en moyenne (à partir du dernier jour des règles) contre 40 SA (ou 38 après la fécondation).
– La possibilité d’avoir un enfant à tout prix change le regard sur la parentalité : on passe du droit de l’enfant à avoir des parents, au droit des parents à avoir des enfants. Il y a là une confusion entre le techniquement possible et la morale.
– Une dissociation entre la sexualité et la reproduction porte le risque d’une nouvelle anthropologie : celle de la quête de la perfection, au risque de céder aux dérives de l’eugénisme.

Le transfert des embryons

Un certain nombre d’embryons obtenus par la FIV sont transférées dans l’utérus.
[…]
 

Questions éthiques

– En vue de répondre au projet parental, des embryons sont sélectionnés, d’autres sont conservés ou abandonnés. Notamment des embryons porteurs de « malfaçons »...

Cet article est réservé à nos abonnés

Commandez votre exemplaire ou abonnez-vous pour poursuivre votre lecture !

Article précédent

Fin de vie, arrêt de vie, euthanasie

Lecture libre
Article suivant

Petite bibliographie de bioéthique

Lecture libre

Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#11 - 4e trimestre 2009

Voir le magazine

À lire dans Bioéthique