La présentation de jeunes enfants et l’engagement des parents

La présentation des enfants

SOMMAIRE
ORIENTATIONS BIBLIQUES ET PASTORALES
A. La famille dans les Écritures
B. Les rites de passage autour de la naissance
C. La présentation d’enfants dans l’Église d’aujourd’hui
UN SERVICE DE PRÉSENTATION DE JEUNES ENFANTS
A. La présentation comme témoignage (forme courte)
B. La présentation lors de la partie centrale du culte (forme étoffée)
ANNEXES
A. Lectures bibliques appropriées
B. Quelques chants possibles


La famille tient un rôle important dans la société française. Pourtant, la crise morale que traverse en particulier le monde occidental d’aujourd’hui est en partie due à la dislocation de la cellule familiale. Les Églises se doivent donc de rendre sa juste valeur à la famille humaine, en aspirant à vivre elles-mêmes une vie familiale. Un service de présentation de jeunes enfants (et d’engagement des parents) est une occasion de découvrir ce que la Bible exprime sur les relations entre parents et enfants afin d’en comprendre les enjeux au sein de la communauté locale.


ORIENTATIONS BIBLIQUES ET PASTORALES

A.  LA FAMILLE DANS LES ÉCRITURES

La Bible, par les généalogies, les récits des patriarches et toute l’histoire du peuple d’Israël, souligne le fait que chacun appartient à un groupe familial ou à une communauté nationale. Si notre identité, acquise à la naissance, peut être modifiée par l’adoption ou l’octroi d’une nouvelle nationalité, il existe une solidarité humaine qui dépasse les frontières ethniques et tribales, au titre des personnes créées à l’image de Dieu. Par le moyen de la nouvelle naissance, le chrétien, quelles que soient sa famille ou ses origines, devient l’enfant adopté de Dieu en Jésus-Christ. Le peuple de Dieu est appelé à vivre une communion de famille plus vaste que les liens biologiques.

Les Écritures utilisent l’image de la famille pour décrire la relation entre l’homme et Dieu : on y parle de Dieu comme d’un père, et des croyants comme de ses enfants (Hé 12.5-11 ; 1 Jn 3.1). L’humanité a été créée sur une base familiale : « Il n’est pas bon que l’homme reste seul » (Gn 2.18) et « … les bénissant, Il leur dit : « Ayez des enfants, devenez nombreux, peuplez toute la terre… » » (Gn 1.28).

Dans l’Ancien Testament, une famille prospère et féconde est souvent signe de bénédiction de Dieu (Ps 113.9 ; 127 et 128), alors qu’une famille dans le besoin et sans enfant est signe d’abandon voire de malédiction de Dieu (Jr 22.29). Ceci explique les affirmations telles que « Tout enfant est un don du Seigneur, un héritage du Seigneur, un cadeau du Seigneur ». Les récits de naissances merveilleuses abondent, telle la naissance de Samson (Jg 13). Une épouse âgée comme Sara ou Élisabeth, ou une femme sans enfant, rendent grâce au Seigneur d’avoir pu mettre au monde un enfant (Ps 113 ; le Cantique d’Anne : 1 S 2.1-10 ; le Cantique de Zacharie : Lc 1).

Dans les Écritures, l’ordre familial est basé sur le respect mutuel même s’il faut noter une différence entre l’Ancien et le Nouveau Testament : le premier mettant l’accent sur la Loi et ses menaces (Ex 20.12, 18-20 ; 21.15 ; Dt 27.16), le second soulignant davantage l’amour du Christ et ses exigences (Ép 5.21 ; 6.1-4). Les écrits de sagesse (Proverbes, Ecclésiaste, Daniel et Job) présentent une sagesse qui est à la fois l’intelligence pratique de la vie et la crainte de Dieu, d’où la place considérable accordée aux conseils en vue de l’éducation des enfants. Le père et la mère ont tous deux leur tâche à accomplir (Pr 1.8 et 6.20). L’éducation vise non seulement la vie de tous les jours mais aussi le type de relation que l’on entretient avec Dieu (Ps 78). Les questions des enfants lors de la Pâque juive (Ex 12.26-27) deviennent le moment où se transmet la mémoire des interventions passées de Dieu. C’est aussi le temps de découvrir la réalité présente de l’alliance avec l’Éternel. De même, les Psaumes 105 et 106 commémorent et actualisent l’histoire du salut.

B.  LES RITES DE PASSAGE AUTOUR DE LA NAISSANCE

Pour marquer l’alliance conclue avec Abraham, Dieu institue le rite de la circoncision, huit jours après la naissance de tout enfant mâle (Gn 17.9-13 ; et Lc 1.59 et 2.21). Par ce geste, la totalité des promesses de Dieu envers son peuple est exprimée et appliquée à l’enfant reconnu comme membre du peuple de Dieu. Ce rite signifie la grâce de Dieu envers son peuple et rappelle à ses membres leur devoir de consécration et d’obéissance envers Dieu. En effet, posséder le signe de l’alliance, sans l’expression de la réalité à laquelle il renvoie, est un état régulièrement condamné dans l’Ancien Testament (Dt 10.16 ; Jr 4.4 ; 9.5). La circoncision de la chair ne suffit pas (Dt 30.6).

Deux autres cérémonies interviennent après une naissance sous l’Ancienne Alliance. La « présentation au Seigneur » est reliée à la sortie d’Égypte (Ex 13) ; tout premier-né mâle de la famille devait être consacré à Dieu en souvenir de la dixième plaie au cours de laquelle les premiers-nés hébreux avaient été miraculeusement épargnés de la mort ; ils appartenaient en quelque sorte au Seigneur et la cérémonie comportait un acte symbolique de rachat.

Le rituel de la purification de la mère après la naissance d’un enfant (Lv 12) était obligatoire et donnait lieu à des sacrifices de purification. Ceci a fondé la pratique de certaines Églises chrétiennes : les « Relevailles » où la mère réintègre l’assemblée, environ un mois après la naissance, en rendant grâce d’avoir survécu aux douleurs de l’accouchement. Le Psaume 116 (ou 127) sont ainsi récités dans l’office anglican.

La consécration du petit Samuel sevré par sa mère Anne (1 S 1.20 à 2.11) s’apparenterait plus à la première de ces cérémonies. Anne ne rachète pas son fils mais, en reconnaissance envers le Seigneur, le consacre à son service pour toute sa vie. La...

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#17 - 2ème trimestre 2016

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