Le sens de la croix : un sacrifice

Texte de prédication

Présentation de la série de prédications

Que s’est-il passé quand Christ a été crucifié ? Pourquoi Jésus est-il mort et qu’est-ce que cette mort a accompli ? En d’autres termes, quel est le sens de la croix ? Cette question est fondamentale, mais, avouons-le, il n’est pas toujours aisé de savoir comment répondre… Lors d’enseignements théologiques en Église, je me suis d’ailleurs rendu compte que de nombreux chrétiens avaient certes de nombreuses (bonnes) intuitions sur le sens de la croix, mais que les choses étaient assez peu étayées, assez difficilement exprimées et pensées. C’est pourquoi il m’a semblé utile – la croix étant quand même le point fondamental de toute la théologie chrétienne – de proposer à ma communauté une série de prédications sur le(s) sens de la croix, à partir de cinq schèmes ou catégories théologiques :

  • Le sens sacrificiel (c’est la prédication que vous trouverez ci-dessous).
  • Le sens juridique : à la croix, Jésus a reçu notre condamnation à notre place (substitution pénale). Pour cette prédication, je me suis appuyé sur Ro 8.1-4 et 3.23. 
  • Le sens commercial : à la croix, Jésus a payé le prix, la rançon pour notre libération. Pour cette prédication, c’est Mc 10.35-45 qui était mon texte de base, avec Co 1.12-14 en appui.
  • Le sens relationnel : à la croix, Jésus qui a reçu la colère de Dieu afin que nous puissions être réconciliés avec Dieu. 1 Co 5.17-21 était mon texte de base, ainsi que Ge 7.5-6 ; 
  • Le sens de combat : à la croix, Jésus a vaincu ses ennemis (puissances spirituelles, péché, mal, mort…) et il nous donne de participer à sa victoire. Cette prédication fut plus un parcours biblique des étapes de la « conquête », en m’appuyant sur Ge 2.15-17 ; 3.1-5 ; 3.14-15 ; Lc 4.1-13 ; Mc 3.27 ; Co 2.13-15 ; Ap 20.1-3.

Pour construire ces prédications, j’ai donc parfois fait le choix de ne prêcher que sur un texte biblique, en l’expliquant et l’appliquant, mais parfois aussi de puiser à plusieurs endroits dans les Écritures, sans jamais bien-sûr être capable de citer exhaustivement les passages pertinents. Ne disposant que de 25 minutes environ de prédication, et n’étant pas là pour dispenser un cours de théologie systématique, il fallait non seulement « faire » de la théologie et poser des bases solides, mais aussi montrer toute la pertinence du/des texte(s) biblique(s) pour la vie chrétienne.

Enfin, notons que plusieurs ouvrages, en plus des commentaires bibliques, m’ont été très utiles dans la préparation de cette série de prédications. En français, je ne saurais assez recommander le livre si solide et édifiant de John Stott, La croix de Jésus Christ((John STOTT, La croix de Jésus Christ, Nouvelle édition révisée, Charols, Grâce et vérité, 2005.)). C’est un bijou. Plus récents, La doctrine du péché et de la rédemption((Henri BLOCHER, La doctrine du péché et de la rédemption, Vaux-sur-Seine, Edifac, 2016.)) d’Henri Blocher, ainsi que De la croix à l’évangile de la croix : la dynamique biblique de la réconciliation((Paul WELLS, De la croix à l’évangile de la croix : la dynamique biblique de la réconciliation, collection Théologie, Charols, Excelsis, 2009.)) de Paul Wells furent des ressources théologiques nourrissantes. En anglais, deux ouvrages m’ont également beaucoup aidé et accompagné : Jesus and His Death : Historiography, the Historical Jesus, and Atonement Theory((Scot McKNIGHT, Jesus and His Death: Historiography, the Historical Jesus, and Atonement Theory, Waco, TX, Baylor University Press, 2005.)), de Scot McKnight, et plus récemment, un autre bijou : The Crucifixion: Understanding the Death of Jesus Christ((Fleming RUTLEDGE, The Crucifixion: Understanding the Death of Jesus Christ, Grand Rapids, MI, Eerdmans, 2016.)) de Fleming Rutledge.


Prédication

Aujourd’hui, nous commençons donc par le sens sacrificiel de la croix. Et ce dont il faut bien se rendre compte, c’est que nous avons là probablement le thème le plus important de tout le Nouveau Testament. C’est un thème omniprésent dans les Écritures : Jésus est mort en sacrifice, à la croix.

Ce matin, je ne vais pas prêcher sur un seul texte qui traite de cet aspect, mais les quelques textes que j’aimerais lire avec vous maintenant – et d’autres encore plus tard – sont des exemples de cette thématique, si importante, si riche, que j’aimerais que nous méditions.

Jean 1.29 :
« Le lendemain, il vit Jésus venir à lui et dit :
Voici l’Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde. »

1 Pierre 1.18-19 :
« Vous savez en effet que ce n’est point par des choses périssables – argent ou or – que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre, héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache. »

Apocalypse 5.6-10 :
« Et je vis au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des anciens, un Agneau debout, qui semblait immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre.
Il vint recevoir le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône.
Quand il eut reçu le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre anciens se prosternèrent devant l’Agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d’or remplies de parfums, qui sont les prières des saints.
Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant : Tu es digne de recevoir le livre et d’en ouvrir les sceaux, car tu as été immolé et tu as racheté pour Dieu, par ton sang, des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation ; tu as fait d’eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. »

Dans ces quelques textes (mais il y en aurait tellement d’autres à lire), il est question de Jésus décrit, à la croix, comme agneau immolé. Bien sûr, l’agneau était souvent l’animal qui était sacrifié pour le péché. Jésus est donc l’agneau immolé, mort en sacrifice pour notre péché.

Peut-on encore parler de sacrifice aujourd’hui ?

On le sait, on l’a lu : le Nouveau Testament parle beaucoup du « sang de Christ », justement pour se référer à la croix, à la mort en sacrifice de Jésus sur une croix. Mais on le sait également : aujourd’hui, il n’est pas de très bon ton de parler de sacrifice, ou de sang.

Évidemment, ce n’est pas une jolie image que nous avons là. Il n’y a rien de bucolique avec la croix. Non, il est question d’un événement violent, sanguinaire. C’est une image crue, vulgaire, barbare, cruelle. Et j’espère que nous n’avons aucune attirance pour cela… Ce qui est certain, c’est que pour beaucoup de nos contemporains, cette idée est devenue quelque chose d’insupportable, qu’ils rejettent. Une mort en sacrifice. Une mort sanglante. Ils ne veulent pas en entendre parler.

Mais je pense qu’il est quand même vraiment important de continuer de parler de la croix comme d’un sacrifice. Pourquoi ? Eh bien parce...

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Les cahiers de l’École Pastorale

#109 - Septembre 2018

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