Comme un murmure. Le chemin continue

Témoignage
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Les lunettes de Dieu. Je n’imaginais pas être si sale

Un jour, en sortant du travail, je marchais en direction du métro. J’ai soudain senti sur moi tout le péché du monde, comme si Dieu m’avait donné ses lunettes pour me montrer la saleté, les impuretés de ce monde. J’ai compris surtout que Dieu voulait me montrer mes péchés et ce qu’il voulait changer en moi. Depuis longtemps, j’avais pris l’habitude de parler de sexe comme on parle de chemise, j’aimais choquer, être grossière. Je faisais ainsi rire mes amis et j’avais l’impression d’être importante à leurs yeux. Cela m’a fait mal lorsque Dieu m’a montré que cela ne faisait pas partie de ses plans pour moi et que cela l’attristait. J’ai tout de suite appelé mon pasteur en lui disant : « Je ne vais jamais arriver à être comme Dieu veut que je sois, c’est trop dur, il y a trop de péchés en moi. Comment vais-je faire ? J’ai toujours été comme ça, mes amis m’aiment comme ça. Que vais-je faire maintenant ? »

Il m’a simplement dit que Dieu nous façonnait, que cela prendrait du temps, mais que j’allais y arriver, car j’aimais Dieu et qu’il allait m’aider à changer.

Depuis lors, quand j’entendais les copines être grossières ou vulgaires, cela ne me faisait plus du tout rire comme auparavant. Au contraire, cela me dégoûtait. Pas d’elles, mais de moi-même. Je me disais : « Comment peut-on parler aussi mal et se conduire ainsi ? » J’ai compris que Dieu m’aimait tellement que cela le faisait souffrir de voir son enfant mal se conduire, ou mal se comporter. Cet amour fou qu’il avait pour moi, je le comprenais, je le sentais. Ce n’est pas explicable avec des mots, c’était dans mon cœur ; il était en train d’agir.

Un après-midi, j’ai ressenti cet amour qui est plus fort que n’importe quel amour. Et cet amour m’a transportée, j’avais une plénitude, une joie de vivre, une sensation immense d’être aimée, valorisée, aidée.

J’avais l’impression d’être comme dans du coton. J’ai croisé une amie chrétienne, et je lui ai dit combien je me sentais bien, si aimée, si épaulée. Elle était heureuse et bénissait le Seigneur.

Blaise Pascal a écrit : « Il y a dans le cœur de chaque homme un vide en forme de Dieu. » Nul autre que Lui ne peut le combler.

C’est exactement ce que j’avais avant de le connaître. Un gros vide parfois, un manque, un sentiment d’abandon, de manque d’amour…

Eh bien, Dieu me remplissait… de son amour immense… Comme cela me faisait du bien !

Besoin d’aider les autres. Comment Dieu m’a répondu

Un après-midi, j’ai reçu l’appel d’une connaissance en détresse. Elle se sentait mal vis-à-vis d’une autre personne et cela lui pesait sur le moral. Je lui ai dit que j’allais prier pour elle, ne sachant que dire ou quoi faire d’autre. Il faut savoir que le fait d’avoir perdu mon amie d’enfance qui s’est suicidée m’a longuement traumatisée. Dès que je rencontrais une personne au bout du rouleau, je me mettais à penser au pire. Le soir même, je me suis sentie très mal, j’avais le cœur lourd, car je me demandais à quoi je servais, j’étais très triste car je n’arrivais pas à aider les autres. Je n’arrivais pas à les secourir et mon cœur était triste. Alors, dans ma chambre, je me suis mise à crier sous la couette et à pleurer : « Seigneur, je veux aider, mais je n’y arrive pas, je suis nulle ! »

Pas le temps de crier plus longtemps que mon téléphone portable s’est mis à sonner, il était 22 h 00. Je me suis vite remise de mes émotions et j’ai répondu.

La première chose que la personne m’a dite, quand j’ai pris le téléphone, a été : « Il faut absolument que vous me sauviez la vie ! »

Quelle surprise pour moi ! En effet, une seconde auparavant, je criais à Dieu vouloir sauver des gens et de ne pas y arriver.

En fait, la personne avait un problème avec son animal et, comme je suis toiletteuse de chiens et chats, il cherchait conseil. Cependant, il n’y avait normalement aucune raison que ce soit moi que cette personne appelle puisqu’elle habitait à 200 km de chez moi. Il devait bien y avoir d’autres toiletteurs plus près de chez lui que moi ! Et d’ailleurs, pourquoi appeler à cette heure ? Je l’ai aidé au téléphone comme j’ai pu et j’ai mis fin à la conversation. Une fois l’appel terminé, j’ai tourné mon regard vers Dieu : j’avais compris qu’il allait m’utiliser à travers mon métier de toiletteur, et qu’il ne fallait pas que je pleure, car Dieu nous utilise quand il le désire. Cette réponse si immédiate de la part de Dieu m’a remplie de joie et m’a fortifiée. « Waouh ! me suis-je dit, Dieu est vraiment rapide. Comment il m’a cloué le bec ! »

Dieu était vraiment un bon Père pour moi, avec de vraies réponses.

Mon baptême. Les épreuves commencent

Mon baptême a été une vraie épreuve, car je devais témoigner devant tout le monde de la raison pour laquelle je voulais donner ma vie à Dieu, et comment j’en étais arrivée là. Mon mari m’a accompagnée car il acceptait mes choix. Même s’il ne partageait pas la même foi, il comprenait ma démarche. Une fois baptisée, une personne est venue me dire qu’il ne fallait pas que je m’inquiète si j’allais me sentir « attaquée ». Elle m’a expliqué que le diable n’est, en effet, jamais content quand quelqu’un vient à Jésus-Christ.

Effectivement, cela n’a pas raté. À peine dans la voiture pour rentrer à la maison, entre la fatigue des émotions et les paroles de la personne, une petite voix dans ma tête m’a dit : « Ça y est, tu es baptisée, et tu crois que ça va tout arranger ? Tu crois que tu ne vas plus déprimer ? … »

Mon Dieu ! Quelle douleur dans mon cœur ! Quelle tristesse d’entendre cela ! Et si c’était vrai que tout ce que je croyais, tout ce qu’on m’avait appris, n’était que du vent ? J’ai décidé de garder foi en Christ malgré les tentations du diable.

Je venais de terminer mon traitement contre la dépression, après huit mois de traitement et trois années de rechute. J’avais terriblement peur de faire encore une rechute, de replonger dans les abîmes de l’enfer et de peiner mon entourage. Mais Dieu m’avait guérie. Il fallait juste que j’en prenne conscience et que cela soit ancré en moi.

J’avais beaucoup de hauts et de bas, je priais beaucoup, je pleurais pour être délivrée de toutes sortes d’anxiétés, je priais Dieu qu’il chasse toutes ces angoisses, cette tristesse, ces peurs de la maladie. J’avais tellement souffert, durant ces trois dernières années, que j’avais perdu toute confiance en moi. Dieu, lui, me disait de lui faire confiance, qu’il était venu à mon secours, que tout avait été permis pour que je lui donne ma vie aujourd’hui. Alors je me suis accrochée à des paroles de la Bible, et j’ai compris que Dieu connaissait bien « les projets qu’il avait formés pour moi, projets de paix et non de malheur, afin de me donner un avenir et de l’espérance » (Jérémie 29.11).

Mais j’avais peur de moi-même, de mes émotions, de mes pensées. Cela pouvait me donner un mal-être terrible. C’était parfois comme si l’on voulait me tuer. J’ai beaucoup prié durant ces périodes, me remettant dans les bras de Christ, lui demandant de me délivrer du mal. Je faisais aussi des actes de foi en affirmant que Dieu m’aurait délivré le lendemain du « filet de l’oiseleur » dont parle le Psaume 91. Et souvent le matin je me sentais en paix, je remerciais alors Dieu de son action dans ma vie et je reprenais courage.

Retraite spirituelle. Dieu avait tout préparé

Malgré les craintes, les doutes sur ma santé mentale, j’ai compris que Dieu me demandait d’effectuer une retraite spirituelle. C’était à un moment où j’étais très mal dans ma peau. Je vivais à cette époque avec une douleur dans mon cœur, comme si quelqu’un me donnait des coups. Malgré tout, je restais fervente, car la Bible nous dit de « tenir ferme dans la tentation » (Éphésiens 6.11) contre les ruses du diable. Alors j’ai décidé de vivre une retraite spirituelle de trois jours chez les Diaconesses de Versailles((Il s’agit d’une communauté religieuse protestante d’inspiration monastique, qui vit la vie fraternelle, la louange et l’accueil. Pour plus d’info : www.diaconesses-reuilly.fr/)). Je recommande vivement à tout le monde d’aller dans ce lieu, c’est incroyable de voir comment ces sœurs vivent entre elles, remplies de l’Esprit de Dieu.

Je me rappelle mon mari qui, en voyant ma détresse, m’a dit : « Comment vas-tu tenir seule trois jours, dans ton état ? »

Franchement, je ne le savais pas, mais une chose était certaine pour moi : il fallait que je fasse cette retraite pour Dieu.

J’ai été reçue par une toute petite sœur d’un âge avancé. Elle m’a accueillie chaleureusement et m’a fait découvrir les alentours : un parc parsemé de très grands arbres, avec une chapelle en forme de coque renversée supportée par des lamelles de bois. Je n’avais jamais vu une chapelle comme cela, très nature, très écolo. Puis, dans le renfoncement du parc, plusieurs maisonnettes en bois dans lesquelles il n’y avait qu’un lit, une table, un espace de prière avec des livres et des bougies. Les sanitaires étaient plus loin. C’était assez rudimentaire, juste ce qu’il faut pour se retrouver seul. Les diaconesses avaient un emploi du temps rythmé par les offices, les chants à la chapelle dès 8 h du matin jusqu’à 17 h. Le petit-déjeuner se tenait dans ma maisonnette et le déjeuner chez les sœurs. J’étais très impressionnée. Nous mangions dans le silence et l’une des sœurs lisait le journal à voix haute. C’était à la fois convivial et austère.

Je me levais très tôt le matin, pour suivre les sœurs à la chapelle où elles priaient et chantaient des cantiques. Je levais...

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#51 - Février 2019

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