NULL
Étienne Lhermenault et Christophe Paya, selon vous, quels sont les ingrédients d’une bonne formation en vue du ministère pastoral ?
C.P. : Une bonne formation au ministère pastoral est nécessairement biblique et théologique. Il faut d’ailleurs tout de suite noter que théologique ne signifie pas théorique. Il y a résolument dans la théologie des dimensions pratiques ou techniques, mais disons que l’ossature du ministère pastoral est théologique. C’est sa spécificité : elle doit donc être au premier plan. Culture théologique large, maîtrise des outils de l’exégèse, compréhension des pratiques chrétiennes et compétence dans leur utilisation (une compétence qui s’approfondira, bien sûr, avec les années) : voilà ce qui me paraît essentiel.
Pour avoir fait moi-même des études dans un tout autre domaine que la théologie, et pour observer attentivement ce qui se passe dans les universités et dans les écoles, je pense qu’un socle théorique solide, accompagné d’une mise en pratique croissante, est une très bonne voie de formation.
E.L. : Le « nécessairement biblique et théologique » souligné par Christophe Paya s’explique, il me semble, par la source de la révélation. Sans l’Écriture, nous n’aurions qu’une connaissance très limitée de Dieu et de son œuvre de salut. Plonger nos regards dans le texte inspiré, nous en imprégner, tenter de le comprendre correctement est donc la tâche de tout croyant, et plus encore de ceux et celles qui sont appelés à conduire et à nourrir le peuple de Dieu. Faire l’économie de cet apprentissage exigeant, c’est comme vouloir bâtir un pont sans avoir jamais appris l’architecture et donc sans avoir aucune notion quant à la résistance des matériaux. Certes, l’intuition peut réserver une bonne surprise de-ci ou de-là, mais la plupart du temps elle mènera à l’échec. Mais comprenons-nous bien, si la formation biblique et théologique est absolument nécessaire pour exercer un ministère pastoral, elle n’est pas suffisante en soi. Si l’étudiant n’a pas reçu, par ailleurs, d’appel au ministère, ou s’il ne fait pas un minimum de travail sur lui-même, il pourra certes acquérir une belle érudition sans pour autant être en mesure de conduire ses frères et sœurs en Christ dans les verts pâturages du Seigneur. La formation au ministère est donc un subtil mélange entre l’acquisition de connaissances bibliques et théologiques, la mise en pratique de ce qui a été appris dans l’Église et le cheminement vers la maturité sur un plan personnel. C’est pourquoi à l’Institut Biblique de Nogent, nous insistons sur le rôle de la vie communautaire à cet égard.
Qu’observez-vous des tendances qui se dégagent dans la formation des ministres du Culte évangélique aujourd’hui ?
C.P. : Je dirais qu’il y a diverses tendances : certaines sont propres à la préparation au ministère, mais d’autres sont, tout simplement, liées aux évolutions de la pédagogie ; certaines sont récentes, d’autres sont présentes depuis longtemps.
En matière de préparation au ministère, l’une des questions qui se posent est celle de la proportion de formation théorique et de formation de terrain. Ces dernières décennies, on s’est aussi posé parfois la question de la nécessité d’une formation théorique. Cette dernière question est cependant en voie de règlement et c’est une tendance intéressante : un peu partout dans le monde, l’immense majorité des Églises de toutes dénominations estiment que leurs pasteurs doivent avoir suivi une formation formelle solide.
En fait, les débats sur la formation suivent aujourd’hui les débats sur le ministère. Qu’est-ce qu’un pasteur au fond ? Selon la réponse que l’on apporte à cette question, on envisagera de telle ou telle manière la formation nécessaire.
Je relève quatre tendances en particulier, mais il y en aurait d’autres :
- Globalement, la tendance est à...
Cet article est réservé à nos abonnés
Commandez votre exemplaire ou abonnez-vous pour
poursuivre votre lecture !