Une prédication pour le deuxième dimanche de l’Avent : Mt 24.36-44

Texte de prédication

Ce sermon et les notes qui suivent ont été présentés dans le cadre du cours d’homilétique de la Faculté de Théologie Évangélique de Vaux sur Seine. Tout prédicateur imaginera facilement la difficulté technique à rendre compte du travail d’élaboration d’une prédication. Ceci n’est qu’une tentative complétée par un échange avec les étudiants.


LA PRÉDICATION

Référence aux constats de la disparition des projets collectifs, des visions de l’avenir. Le thème de l’espérance est une dimension vitale de l’anthropologie. Elle est à la base de bien des progrès sociaux. La perte de l’espérance referme le temps sur le présent. Jouir du temps présent prive de la puissance d’investissement de soi dans l’avenir et pour le collectif. Ce temps présent est propice à une vie égoïste.

Les observateurs de la vie politique constatent la disparition des utopies sociales, et des projets collectifs.
Nos sociétés ne sont plus portées par des visions collectives de l’avenir, ni par aucun projet mobilisateur.

Certes certaines utopies ont conduit au pire. Celles qui ont recherché le pouvoir par la violence en croyant que du mal pourrait surgir le bien, et du mensonge la vérité. Mais n’oublions pas que d’autres utopies ont apporté des bienfaits considérables à la vie sociale : le mutualisme, l’idée coopérative ; la sécurité sociale ; la mutualisation des risques ; les congés payés, etc.
Aujourd’hui, c’est fini. D’utopie, il n’y a plus. Le monde est darwinien : tu t’adaptes… ou tu disparais ! Le summum du projet social semble de préserver les avantages acquis.
L’avenir ne s’éclaire que de l’espérance de la consommation, omniprésente et omnipotente. La consommation réglera les problèmes de la société. On nous offre une divinité toute puissante, laquelle nous commande de posséder le tout dernier modèle. De quoi ? Aucune importance ! Finalement ce qui compte, c’est que « moi » je tire mon épingle du jeu. Si toi, ça ne va pas, c’est vraiment dommage, mais tant que moi je m’en sors, tant que mon pouvoir d’achat se maintient, ça va.

La similitude entre ce que la sociologie nomme « projet collectif » ou « utopie » et le thème de l’espérance biblique permet de s’interroger quant à un mécanisme d’abandon similaire dans la vie chrétienne à ce qu’il est dans la vie sociale. Sommes-nous si loin du monde de la foi ?

Y-a-t-il une relation entre...

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Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#70 - 4e trimestre 2008

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