Je suis née une deuxième fois – Une nouvelle vie commence

Témoignage
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Dieu a en effet mis sur mon chemin un « ange », comme je l’appelle, une femme médecin qui remplace régulièrement mon médecin traitant. Très belle et toujours très bien habillée, avec une douceur chaude dans la voix et dont les yeux perçants rappellent ses origines iraniennes. 

Je l’avais consultée déjà plusieurs fois alors que j’étais en pleine crise d’angoisse et que j’étais à la limite de mes forces psychiques. Je voulais qu’elle me prescrive un antidépresseur plus fort, car ça n’allait toujours pas malgré ma médication. Elle avait fait son travail et m’avait prescrit le même antidépresseur à plus forte dose.

Alors que j’étais en arrêt-maladie depuis quelque temps déjà, et que mon directeur des ressources humaines m’avait proposé un licenciement à l’amiable si je ne me sentais pas la force de revenir travailler, elle m’a encouragée à le faire patienter. Moi-même ne voulais pas de ce licenciement car il n’était pas question pour moi d’être, en plus de mes difficultés, sans travail et sans ressources. Je savais aussi trop bien comment ça se termine dans ce cas. De plus, mes enfants me forçaient à sortir, à ne pas rester dormir, pleurer ou broyer du noir à la maison. 

Pendant mon arrêt-maladie, j’avais pris l’habitude d’attendre mon mari au parc sur un banc avec les enfants. Les journées sont bien longues quand on est dépressif ! Je comprends mieux aujourd’hui ce que peuvent ressentir les personnes seules, en mal de vivre, sans personne pour les aider à garder un minimum la tête hors de l’eau. J’en suis même arrivée à comprendre le geste désespéré de mon amie et des centaines de personnes qui passent à l’acte.

Le tournant

Un soir, mon « ange » qui connaissait mes habitudes, m’a surprise en venant s’assoir à côté de moi sur le banc. Nous avons eu une conversation qui a été pour ma part des plus étranges…

Elle m’a demandé si j’étais chrétienne car je portais une croix en bijou. Je lui ai expliqué que c’était compliqué avec Dieu car il ne m’aimait pas, je lui ai raconté aussi les histoires des voyantes, des malédictions… 

Avec beaucoup de sensibilité, elle m’a dit qu’elle aussi avait été déprimée mais que Dieu l’avait guérie. Franchement je la prenais pour une illuminée. Elle m’a expliqué qu’en tant que médecin elle voyait des gens souffrir ou déprimer ; d’autres lui parlaient de leurs problèmes d’argent ou de couple… Elle m’a dit aussi que nous étions, en France, les plus grands consommateurs d’antidépresseurs, mais que ceux-ci ne sont souvent que des béquilles. Tant que notre âme n’est pas guérie, les psychologues peuvent certes nous aider à mieux comprendre d’où viennent nos problèmes, mais sans l’aide de Dieu, notre âme peut rester en souffrance. Ça ne me rassurait pas du tout, moi qui avais vu un psy et pris des antidépresseurs… C’est alors qu’elle m’a parlé de son église évangélique. J’ai alors pensé : « Non, mais ! Je ne vais pas quand même aller dans sa secte, il ne manquerait plus que ça ! Ma mère m’a toujours dit que les gens faibles se font avoir et terminent dans des sectes ! »

Un jour où j’étais seule à la maison et où je sentais l’angoisse m’envahir, je me suis rappelée qu’elle m’avait dit de l’appeler si jamais je ne me sentais pas bien. Pourquoi ne pas le faire alors ? J’ai pris mon téléphone. Nous avons parlé de Dieu. Je lui demandais pourquoi Dieu me laissait autant souffrir, pourquoi il ne m’aidait pas. Elle m’a expliqué que Dieu permettait certaines souffrances mais jamais au-delà de nos limites, qu’il voulait m’aider, qu’il m’aimait.

J’ai pensé : « Alors pourquoi je suis comme ça ? Pourquoi je ne vois pas les résultats de son aide ? »

Elle m’a demandé : « Est-ce que tu veux bien que je prie pour toi ? »

Je me suis dit : « Pourquoi pas ? Ça ne peut pas me...

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#35 - 4ème trimestre 2013

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