
Nous passons le quart de notre vie à rêver. « Que de temps perdu ! » me dira-t-on. Pourtant, les psychanalystes et les scientifiques s’accordent à dire qu’il est très utile de rêver. Cela permet :
LA MÉMORISATION
• Trier et consolider ses souvenirs : lors du sommeil lent, on trie et on consolide les souvenirs des faits, des idées, des événements ; tandis que, pendant le sommeil paradoxal, on trie et on consolide plus particulièrement les souvenirs chargés émotionnellement.
• Digérer les souvenirs désagréables : ce sont les souvenirs les plus ancrés dans la mémoire et ressassés dans nos rêves pour pouvoir être « digérés ». La zone cérébrale de la mémoire (l’hippocampe) est très active pendant le sommeil et très connectée à la zone des émotions intenses et désagréables (l’amygdale).
L’ANTICIPATION ET L’ENTRAÎNEMENT
• Imaginer les pires scénarios pour mieux les affronter : cela permet d’expérimenter les multiples scénarios possibles et de choisir celui qui est le plus opportun.
• Régler des conflits en discutant dans nos rêves avec les personnes concernées.
• S’entraîner à des activités techniques que l’on a déjà un peu pratiquées.
L’IMAGINATION
• Booster la créativité : les personnes créatives utilisent très souvent leurs songes dans leurs productions, que ce soit dans leur vie professionnelle ou dans leurs activités artistiques (peindre, écrire, composer de la musique).
• Comprendre ce que l’on ne vivra jamais : changer d’âge, de sexe et même d’espèce devient possible… Les aveugles voient dans leurs songes et les sourds-muets entendent et parlent…
LES RELATIONS SOCIALES
• Mieux comprendre les autres : on peut se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre pour mieux le comprendre, car nous expérimentons ses pensées, ses émotions et ses sensations directement.
• Se rapprocher de sa famille ou de ses amis : parler de ses songes avec son conjoint ou ses proches peut augmenter le sentiment d’intimité et la satisfaction dans le couple.
UNE MEILLEURE CONNAISSANCE DE SOI
• Révéler notre personnalité : par exemple, les songes sont d’autant plus bizarres que l’on est ouvert aux nouvelles expériences, et d’autant moins que l’on est introverti et consciencieux. Les personnes ayant un haut névrosisme (c’est-à-dire souffrant d’une grande instabilité émotionnelle) font davantage de cauchemars et de songes désagréables.
• Repérer des idées et des souvenirs refoulés : les idées et les souvenirs refoulés étant présents dans l’inconscient, on sait qu’ils peuvent s’exprimer dans nos rêves, notamment à travers des thèmes ou des schémas récurrents. Cela peut même faire l’objet d’une psychothérapie si cela devient gênant.
• Comprendre nos pulsions inconscientes : la région du contrôle de soi (le cortex préfrontal) est désactivée, tandis que les zones des émotions et des instincts sont hyperactives. Résultat : nos pulsions sont en roue libre ! Mais attention, notre identité profonde n’est pas uniquement faite de pulsions inconscientes…
Nous sommes avant tout ce que nous choisissons d’être !
Pour aller plus loin
Guillaume JACQUEMONT, La science des rêves, 2020, Éditions Flammarion.