« Réveille-toi, toi qui dors, relève-toi d’entre les morts et Christ t’éclairera. » Éphésiens 5.14
L’histoire du christianisme est rythmée par des périodes de renouvellement spirituel qui assurent un dynamisme à l’Église grâce à des hommes et des femmes qui se sentent poussés à proclamer avec ferveur le message de l’Évangile à leurs concitoyens. L’expression « Réveil religieux » en anglais «Awakening » s’applique aux mouvements spécifiques du 18e et du 19e siècle. Il décrit un renouveau spirituel dans les Églises issues de la Réforme protestante du 16e siècle.
Commencé en Allemagne avec Philipp Jacob Spener, le renouveau religieux s’est poursuivi avec le piétisme morave développé par le comte de Zinzendorf. Les frères Wesley très marqués par le piétisme germanique deviennent, avec George Whitefield, le fer de lance du réveil anglo-saxon. Leur but est de « réveiller » l’Église anglicane jugée trop inerte et dépourvue de toute ferveur spirituelle((Laurent GAMBAROTTO, Réveil, in Pierre GISEL, ss dir., Encyclopédie du protestantisme, op. cit.)).
Lauric Hanneton analyse le « premier Grand Réveil » évangélique comme étant :
« une combinaison variable et hautement volatile de calvinisme, et notamment de puritanisme, à la mode de la Nouvelle-Angleterre… Il ne s’agissait pas tant d’une innovation radicale en matière théologique que d’une importance nouvelle accordée à l’expérience de la conversion, qui devenait la clé de voûte de l’ordo salutis, la condition sine qua non du salut. »(( Lauric HANNETON, Histoire religieuse des États-Unis, Paris, Éditions Flammarion, 2012, p.145.))
Cependant, le premier grand réveil se produit en Nouvelle-Angleterre sous l’impulsion de Jonathan Edwards (1703-1758). Ce dernier succède à son père comme pasteur d’une Église congrégationaliste de Northampton dans le Massachussetts. Son parcours intellectuel et spirituel est impressionnant. Personnalité très cultivée, polyglotte, il rapporte son expérience de conversion dans ses Mémoires :
« Le 12 janvier 1723, je fis solennellement don de moi-même à Dieu, par écrit ; me donnant à Dieu, avec tout ce que je possédais ; m’engageant, pour l’avenir, à ne plus m’appartenir, à agir comme quelqu’un qui n’a aucun droit sur lui-même. Je m’engageai solennellement à ne m’attacher qu’à Dieu seul, ne cherchant nulle part ailleurs mon bonheur, et faisant comme si rien d’autre n’existait, prenant la Loi pour règle constante de mon existence ; m’engageant à combattre contre le monde, la chair et le diable jusqu’à mon dernier souffle. »(( Howard SAINTSBURY, Jonathan Edwards, in Guide illustré de l’histoire du christianisme, op. cit., p.438.))
Sa prédication est basée sur la justification par la...
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