En prison, Dieu a réveillé ma foi
En 2015, je viens d’accoucher de triplés. Deux sont encore en pouponnière, tandis que la troisième est en couveuse. C’est alors que je suis arrêtée, puis incarcérée à la maison d’arrêt de Corbas pour proxénétisme aggravé.
Le cœur laissé dehors
En entrant, j’ai l’impression que mon cœur reste dehors. Je pleure sans arrêt. Je n’ai pas la paix, une pensée me pousse vers le suicide. Je crois avoir perdu ma famille, mon foyer.
Pourtant, à seize ans, j’avais choisi de suivre Jésus dans mon pays en République Dominicaine. Mais depuis mon arrivée en France, j’avais mis Dieu au placard et j’étais retournée à une vie de délits qui me garantissait de gros revenus. En cellule, je me demande sans cesse pourquoi Dieu permet cela. Un verset me revient qui parle d’envoyer quelqu’un relever ceux qui sont tombés, d’annoncer la Bonne Nouvelle aux captifs*. Sur le moment, je ne comprends pas que ce verset me parle à moi.
Une lumière dans la cellule
Une aumônier vient régulièrement dans ma cellule. Elle ne me promet rien de facile : elle reste, écoute, me prend dans ses bras quand je pleure ; elle m’encourage et prie avec moi. Le directeur de l’hôpital mère-enfant écrit plusieurs fois à ma juge pour un placement sous bracelet électronique, à cause de mes triplés. Rien n’aboutit. Je comprends aujourd’hui que ce n’était pas un hasard : je devais traverser cette épreuve jusqu’au bout pour rompre avec mon ancienne vie. Comme une drogue, ce monde-là me retenait par l’argent et le mensonge.
Dieu me donne un but
En cellule, j’écris et je remplis jusqu’à quatorze cahiers où je me livre. C’est dans ce silence forcé que Dieu me parle : « Tu sortiras d’ici ; tu auras une mission, une Église. » Je n’ai alors qu’un petit terrain et n’y crois pas vraiment.
À ma sortie, un an plus tard, je retrouve mon compagnon et mes sept enfants. Je retourne en République Dominicaine où je me marie, et me fais baptiser. J’hypothèque ma maison pour construire cette petite Église que Dieu m’a promise.
Dix ans après
Je prêche encore dans cette Église. J’ai un foyer stable, la société me regarde autrement. Mon fils est aujourd’hui triple champion de France de boxe et champion d’Europe. Je vis en France où je dirige une association caritative qui fait des maraudes dans le centre-ville de Lyon. Et quand je retourne en prison, c’est pour y apporter mon témoignage.
Ce que je retiens de ces années, c’est que Dieu n’a pas attendu que je sois digne pour venir me chercher. Il m’a trouvée là où j’étais tombée, et c’est précisément là qu’il a commencé à me relever.
Alejandra
Le saviez-vous ?
L’aumônier de prison assure un soutien spirituel et moral auprès des personnes détenues qui le demandent. Cela passe par des visites individuelles en cellule, des cultes et des partages bibliques.
Pour aller plus loin
- Ésaïe 61.
- À paraître d’ici la fin de l’année son livre-témoignage « Chaîne brisée par la puissance du Saint-Esprit ».