Mourir, une porte ouverte… Consolation

Des mots pour dire la foi

Lorsque l’on connaît la tristesse, la maladie ou le deuil, on constate à quel point le chagrin et la peine isolent. Le monde «des autres» se fait étrange, lointain. La souffrance lamine, chaque geste requiert une énergie monumentale.

Le premier besoin est celui du respect, pas de consolation trop facile. Telle mère, nous dit la Bible, «refuse d’être consolée sur ses enfants, car ils ne sont plus» ((Jérémie 31.15)): impitoyable réalité dont il faut éprouver la terrible blessure avant d’envisager d’en être guéri. La consolation ne peut pas faire l’économie de la perte.

La présence consolante sera celle qui accepte d’aborder cette rive étrange où se trouve la personne affligée. Pour le croyant, la certitude que Dieu connaît ce qu’il vit, et y est sensible, est une vraie force. Cela permet de lui présenter sa douleur, comme un livre ouvert: «Tu me sondes et tu me connais…» ((Psaume 139)).

Dieu toujours présent

Le réconfort se vivra ensuite en découvrant que, malgré tout, Dieu n’abandonne pas. Parfois, c’est en regardant en arrière que l’on mesure son soutien silencieux: «Le Seigneur était là, et je ne le savais pas» ((Genèse 28.16)). Souvent, la fidélité de Dieu se révèle par des bontés qu’il sème dans nos vies: ainsi le livre de Ruth décrit-il la consolation de Naomi après la perte de son mari et de ses deux fils, par les petites touches du soin de Dieu pour elle et sa belle-fille. À l’échelle du peuple de Dieu, le modèle de la consolation est donné par l’expérience de l’exil: Jérusalem pense être oubliée de Dieu, mais c’est pour découvrir la générosité de son consolateur, qui se manifeste comme le Dieu des «encore» ((Jérémie 31.1-5)). «Consolez, consolez mon peuple!», résonne comme la parole bienfaisante de Dieu face aux fragilités humaines les plus douloureuses ((Ésaïe 40.1-11)).

C’est en Jésus que se dévoile pleinement le visage du Dieu consolateur. «L’Esprit du Seigneur est sur moi pour guérir ceux qui ont le cœur brisé» ((Luc 4.18)). Tout au long de son ministère, Jésus dévoile des ressources de consolation par sa présence attentive, sa compassion, et ses actions puissantes, culminant avec sa résurrection. L’ancre de l’espérance et de la consolation se trouve désormais jetée de l’autre côté de la mort vaincue. Elle assure de la présence du Dieu «qui nous réconforte dans toutes nos détresses» ((2 Corinthiens 1.4)); elle ouvre, par-delà la mort et ses séparations douloureuses, la magnifique promesse d’une éternité de consolation pour tous les fidèles: «Une joie éternelle couronnera leur tête… car c’est moi, le Seigneur, qui vous console»((Ésaïe 51.11-12)).

Article précédent

Camping

Lecture libre
Article suivant

Amour

Lecture libre

Article publié dans

Croire & Vivre

#51 - Novembre 2006

Voir le magazine

À lire dans Des mots pour dire la foi