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Ma démarche homilétique est résolument celle de la « prédication textuelle », selon le mot qui s’est imposé peu ou prou dans le jargon évangélique francophone. Autrement dit, je prêche (presque) toujours sur un extrait biblique et non sur un thème transversal. L’objectif de cette démarche est de mettre en évidence le sens du texte dans son contexte et sa portée pour le lecteur/auditeur d’aujourd’hui. En d’autres termes, il s’agit d’expliquer et proclamer le texte biblique en cherchant à ce que « l’agenda » du message soit fixé par le texte inspiré, plutôt que par « ce que j’ai envie de dire » à l’Église. La prédication ci-dessous a été rédigée dans le cadre d’une série de l’Avent portant sur les deux premiers chapitres de la lettre aux Hébreux. J’ai toutefois, par souci de concision, supprimé la plupart des références explicites à l’Avent dans cette version écrite.
Prédication
Lecture
Hébreux 2.1-4 (Traduction Semeur 2015)
« Puisqu’il en est ainsi, nous devons prendre encore plus au sérieux les enseignements que nous avons reçus afin de ne pas être entraînés à la dérive. En effet, la parole transmise à nos ancêtres par des anges est entrée pleinement en vigueur et chaque transgression, chaque désobéissance, a reçu la sanction qu’elle méritait. Alors, comment pourrons-nous échapper nous-mêmes au châtiment si nous négligeons un si grand salut ? Car ce salut a tout d’abord été annoncé par le Seigneur lui-même, ceux qui l’ont entendu en ont ensuite confirmé la validité pour nous et Dieu a authentifié leur témoignage en y ajoutant le sien, c’est-à-dire, en accomplissant toutes sortes de signes miraculeux, d’actes extraordinaires, de manifestations diverses de sa puissance et en accordant à ces témoins, selon sa propre volonté, de recevoir chacun sa juste part de l’Esprit saint. »
J’ai eu la chance de grandir en faisant un peu de voile. Presque chaque été. J’ai une maman passionnée qui possède un petit dériveur, un 420.
Et quand j’ai commencé à prendre la barre, une des premières choses que ma mère m’a apprises a été de choisir et garder un cap. On essaie de trouver un point au loin et on reste dans l’axe par rapport à ce point. Il faut constamment ajuster pour garder le cap. Il n’y a pas de pilote automatique : si on ne fait rien, le bateau va inévitablement commencer à partir à la dérive.
Dans notre texte, l’auteur de la lettre aux Hébreux utilise précisément cette image d’un bateau qui part à la dérive. Et il met en garde ses lecteurs contre une dérive spirituelle.
Dans ces quatre versets, il tire les conséquences de sa présentation magistrale de Jésus-Christ au premier chapitre : Jésus, Fils éternel de Dieu, sauveur et Seigneur, au-dessus de toute la création.
D’ailleurs, ce début du chapitre 2 peut nous surprendre et même nous déstabiliser parce que, jusque-là, en lisant le chapitre 1, on pouvait éventuellement rester un peu détaché. Confortablement installé sur son canapé, ou peut-être sur son banc de la salle de culte, on pouvait être tenté de simplement s’émerveiller du développement grandiose de l’auteur à propos de Jésus, mais ne pas se sentir directement concerné.
Mais brusquement, au début de ce deuxième chapitre, le propos de l’auteur devient très direct et personnel. Comme quelqu’un qui filmerait un paysage et se retournerait brusquement pour demander à la personne à côté de lui : « Et toi, comment est-ce que tu réagis à ça ? »
L’auteur de l’épître aux Hébreux vient de déployer devant nous ce portrait saisissant du Fils de Dieu, et il se retourne brusquement et nous demande à chacun : « Si Jésus est vraiment ce Seigneur tout-puissant, qu’est-ce que ça change pour toi ? »
Je vous suggère qu’il nous interpelle dans ce texte par un triple appel.
1. Un appel à la vigilance (v.1)
2. Un appel à la prise de conscience (v.2-3a)
3. Un appel à la confiance (v.3b-4)
1. Un appel à la vigilance (v.1)
Au verset 1, l’auteur commence par faire le lien avec ce qu’il a écrit au précédent chapitre.
« Puisqu’il en est ainsi, nous devons prendre encore plus au sérieux les enseignements que nous avons reçus afin de ne pas être entraînés à la dérive. » (v.1)
À quoi fait référence ce « ainsi » ? Eh bien, à tout ce que nous lisons dans le premier chapitre. Jésus-Christ est celui par qui Dieu nous a adressé « son dernier mot », celui en qui il s’est pleinement et parfaitement révélé.
Nous avons découvert dimanche dernier ce « CV » glorieux du Fils de Dieu, décrit en particulier au chapitre 1 verset 3 :
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