Ennéagramme et communication

Formation

Le présent article est issu d’une formation donnée dans le cadre de l’École pastorale : « Ennéagramme et communication ». Il s’agissait d’utiliser l’outil de connaissance de soi pour améliorer la communication, lieu où les différences entre les personnalités s’expriment le plus. Après une première partie rappelant les principes essentiels de l’ennéagramme, l’auteure expose les façons de communiquer de chaque type de personnalité.

Il y a vingt ans j’assistais à une formation à l’accompagnement spirituel dispensée à l’époque sous l’égide de l’École pastorale. Le programme, centré en première année sur la découverte des différentes formes de spiritualité chrétienne au long des siècles, comprenait en deuxième année des aspects plus personnels. Outre une exploration des différentes formes de piété, un module sur la connaissance de soi nous était proposé. Parmi les outils qui nous étaient présentés, l’un m’a littéralement bouleversée, pointant une faille en moi dont je n’étais absolument pas consciente. C’était mon premier contact avec l’ennéagramme, un puissant outil de connaissance de soi, de bienveillance envers les autres et, pour les croyants, d’ouverture à une vision de Dieu plus juste et moins limitée par les biais personnels.

L’ennéagramme, un outil de connaissance de soi

Qu’est-ce que l’ennéagramme ?

Le mot ennéagramme vient du grec et signifie neuf (ennéa) signes (gramma). Il désigne une typologie de personnalités qui décrit neuf points de vue sur le monde et sur les autres, neuf manières d’envisager les relations, les actions ou les raisonnements.

Aucun de ces points de vue n’est meilleur ni pire qu’un autre. Les neuf se valent, mais chacun ne voit qu’une partie de la réalité, celle qui correspond à sa vision particulière du monde et qui le conforte dans ses croyances et ses comportements. Chaque point (ou type) va développer des habiletés particulières, un domaine d’excellence, il apporte au monde une contribution essentielle et développe ainsi sa personnalité authentique.

Tous les types peuvent contribuer au monde par ces apports, mais l’un d’entre eux les exprime plus particulièrement. Et comme aucun être humain n’est semblable à un autre, chacun incarne à sa manière, avec son histoire et son vécu, l’une des neuf facettes représentées dans la figure 1.

Apport au monde, désir profond et image de soi

Consciente qu’elle excelle dans un domaine, la personne en est fière et va avoir tendance à surjouer son rôle et à avoir une vision déformée d’elle-même. Elle aspire à pouvoir apporter au monde sa qualité intrinsèque, mais se perd dans cette quête qui la conduit à ne considérer souhaitable qu’un seul état. Chaque type va avoir un désir profond qui le conduit à se cantonner à une personnalité de façade et à perdre ainsi de son authenticité.

Pour arriver à satisfaire ce désir, la personne se crée une image de soi à laquelle elle se doit de se conformer. Cette image devient une sorte de caricature de sa qualité essentielle, de son apport au monde, car la personne se concentre sur ce rôle de manière excessive.

Pour pouvoir maintenir cette image de soi, il lui faut éviter d’être confrontée à une situation qui la mettrait à mal. Les qualités particulières de chaque type vont être utilisées à mauvais escient, afin de pouvoir garder son image intacte et rester dans sa zone de confort. Pour y parvenir, la personne va développer un « évitement » particulier basé sur une motivation profonde. C’est l’angle mort de son champ de vision, la situation qu’elle ne peut accepter de voir et à laquelle elle refuse d’être confrontée.

Si nous étudions cette liste d’évitements ou de peurs, certaines nous parleront alors que d’autres nous sembleront parfaitement surmontables, voire incompréhensibles.

Nous pouvons aussi penser que ces peurs sont normales et que tout le monde craint la souffrance ou l’échec, par exemple. Cependant, il ne s’agit pas ici d’une simple peur mais d’une peur existentielle. Si mon image de moi est « je réussis, je suis efficace », ma construction personnelle va rendre insurmontable la perspective d’un échec. De même, si ma conviction est « je suis différent, je suis sensible », je me dois de fuir la banalité car, qui suis-je si je ne suis pas unique et différent ? Nous voyons combien ces disparités peuvent nous rendre incompréhensibles aux yeux des autres ou nous empêcher de tenir compte de ce qui met en mouvement ou bloque une personne.

L’ennéagramme apporte ainsi une précieuse grille de lecture et de compréhension de soi et des autres, particulièrement importante pour la construction communautaire. Cet outil mérite d’être mieux connu et appliqué par des personnes exerçant des responsabilités dans nos Églises.

Neuf types de personnalités

Les trois moteurs de la personnalité

L’être humain est décrit depuis des siècles comme animé par trois grandes fonctions : l’action, l’émotion et la pensée. L’ennéagramme s’appuie sur ces grandes catégories, qu’il appelle « centres » et postule que ce qui distingue les personnalités est la préférence pour une de ces fonctions. Il suffit de nous observer et d’observer notre entourage pour reconnaître que certaines personnes sont plus à l’aise dans l’action et la mise en œuvre, d’autres dans l’expression des émotions et leur partage alors que d’autres ont besoin d’un temps de réflexion avant d’agir ou d’entrer en relation avec leur entourage. Ce sont les trois centres ou « moteurs » de la personnalité auxquels sont rattachés trois types.

  • Les types 8-9-1 privilégient l’action pour s’exprimer et exister dans le monde. Ils cherchent à avoir un impact concret sur eux-mêmes ou sur les autres et supportent mal quand ils n’y parviennent pas. Ils sont confrontés à une réalité qui n’est pas celle qu’ils attendent et cela les remplit d’une colère qu’ils vont extérioriser, refouler ou accumuler mais qui va être en toile de fond de leur personnalité.
  • Les types 2-3-4 cherchent à percevoir les émotions de leur entourage et les leurs pour ajuster leur comportement en conséquence et à un instant précis. Ils vivent dans le présent qui est, par définition, un environnement mouvant. Leur identité évolue au fil des émotions et au rythme des sollicitations extérieures et de l’image d’eux-mêmes qui leur est renvoyée ou qu’ils ont générée. Cette image et l’attention qu’on leur porte ou qu’ils portent aux autres est la préoccupation autour de laquelle s’articule leur personnalité.
  • Les types 5-6-7 cherchent en premier à comprendre le monde et à le rendre prévisible pour pouvoir y évoluer en sécurité. Ils anticipent, planifient, imaginent en espérant ainsi ne pas être confrontés à une situation ou réaction à laquelle il faudrait s’adapter sans avoir pu s’y préparer. Cette capacité à se...

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Article publié dans

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#140 - 2026-09-01

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