La médiation n’est pas toujours la solution

L'Église dans tous ses états
Très prisée dans une société qui manque de repères et de structures intermédiaires efficaces, la médiation se décline de multiples manières. Pénale, judiciaire, scolaire, familiale, culturelle, citoyenne, la médiation peut aussi être « ecclésiale » et s’adapter au groupe humain qu’est une Église locale. Il faut toutefois veiller à ne pas l’investir d’attentes excessives et croire qu’elle est la panacée en matière de résolution des conflits. Elle comporte, en effet, des limites auxquelles il convient d’être attentif avant d’y avoir recours.

La médiation fait partie des modes alternatifs de régulation des conflits (Marc) et vise « à réduire, apaiser, résoudre des situations de conflits ou de différends entre des personnes((Philip Milburn, Panorama des formes et des pratiques de médiation en France, Informations sociales, 2012/2, n°170, p. 52.)) » au niveau collectif ou interindividuel. Elle a connu un véritable engouement à partir des années 1980 au point que l’offre, aujourd’hui foisonnante, appelle quelques clarifications.

Un seul mot, plusieurs réalités

Tout ce qui se nomme médiation ne recouvre pas, loin s’en faut, la même réalité. L’une des distinctions éclairantes tient à l’objet même de la médiation. On parle de médiation verticale quand il s’agit de traiter des demandes ou réclamations de citoyens vis-à-vis de l’État ou des services publics (ils font alors appel, selon les cas, au Médiateur de la République, au Médiateur de Radio France…). Il y a bien généralement un conflit à la base de la consultation du Médiateur, mais la médiation, qui concerne des parties inégales par nature (l’État et le citoyen, une administration publique et un usager…), vise plutôt à résoudre un problème de fonctionnement. Par contre, on parle de médiation horizontale quand il s’agit de traiter des demandes de régulation ou de résolution de différends entre des personnes (physiques ou morales) considérées comme en position d’équivalence relationnelle, au moins le temps que la médiation s’opère. Il y a donc bien un différend ou un conflit à la base de cette demande, et l’issue recherchée est celle d’un agrément qui ne lèse aucune des parties.

Un processus de communication librement consenti

Sauf cas particulier, c’est bien du côté de la médiation horizontale que se situe la médiation « ecclésiale » : entre deux membres ou deux familles de l’Église, entre un groupe et le conseil, entre le pasteur et un membre du Conseil, entre deux Églises locales… Il n’est pas inutile à ce stade d’être plus précis dans la définition de ce type de médiation. Selon Fahti Ben Mrad, il s’agit d’un :

<p style="padding-left:...

Cet article est réservé à nos abonnés

Commandez votre exemplaire ou abonnez-vous pour poursuivre votre lecture !

Article précédent

L’émotion dans la prédication

Réservé abonnés
Article suivant

Prédication sur le Psaume 3 : lancer un S.O.S. à Dieu

Réservé abonnés

Article publié dans

Les cahiers de l’École Pastorale

#108 - Juillet 2018

Voir le magazine

À lire dans L'Église dans tous ses états