Vous avez dit « prophétie » ?
Avant de parler de sa gestion, il convient de préciser ce que l’on entend par « prophétie ». Au terme d’un ouvrage consacré à la prophétie chrétienne d’après le Nouveau Testament, voici la définition que je propose : « La prophétie chrétienne consiste en la transmission, par un membre du corps du Christ, d’un message intelligible inspiré par le Saint-Esprit((Timothée MINARD, La prophétie chrétienne d’après le Nouveau Testament, coll. Théologie biblique, Charols, Excelsis, 2022, p. 449.)). »
Si l’on s’en tient à cette définition large, il me semble que tous les éléments courants d’un culte évangélique peuvent – et même doivent – avoir une dimension prophétique. Si nous croyons que le Saint-Esprit est à l’œuvre dans l’Église, qu’il conduit nos réflexions, nos paroles et nos chants, alors c’est tout le culte qui devrait être « prophétie » ! Dans cet article, je me focaliserai sur les interventions qui se présentent plus explicitement comme prophétiques. Il s’agit généralement de prises de paroles relativement courtes qui sont introduites par une formule telle que : « j’ai une image », « j’aimerais partager avec vous une pensée », « je crois que le Seigneur veut nous interpeller » ou, plus directement, « le Seigneur te dit ce matin ».
Définir un protocole pour la pratique de la prophétie lors du culte
Le chapitre 14 de la première épître aux Corinthiens constitue l’enseignement biblique le plus développé sur la manière dont il convient d’encourager et d’encadrer la pratique de la prophétie lors des rencontres de l’Église. L’apôtre Paul propose notamment des principes très concrets (v.26-40) : tout doit se faire « en vue de la construction », dans l’ordre, chacun son tour, sans monopoliser la parole. Il doit aussi y avoir la place pour le discernement et l’évaluation de la prophétie par l’assemblée (v.29). Ce passage des Écritures montre qu’il est légitime, en Église, d’imposer un certain cadre à la pratique de la prophétie.
Sur cette base, il me semble judicieux que l’Église locale prenne le temps de réfléchir à un protocole pour accompagner la pratique de la prophétie. Quelques Églises ont décidé de le mettre par écrit((Voir, par exemple, le « Protocole pour l’exercice des dons prophétiques » que l’on trouve sur le site de l’Église vie abondante (Québec) : https://eva-quebec.com/wp-content/uploads/2020/11/Protocole-officiel-revise-nov_2020.pdf, consulté le 01.10.2025.)). Qu’il soit écrit ou oral, le plus important est qu’il soit clairement défini et régulièrement rappelé.
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