Dans le n°33 des Cahiers, Randy Harrison, pasteur de l'Église libre de Meulan présentait, sans cacher ses propres préférences, l'état du débat sur la question de la plénitude de l'Esprit. Ce texte a suscité la réaction de Joël Richerd, pasteur de l'Église libre de Lyon. C'est son texte que vous lirez, suivi de la réponse de R. Harrison. Nous qui sommes soucieux du dialogue entre diverses sensibilités sur la question dite "charismatique" sommes heureux de cet échange dont la qualité théologique (rare en ce domaine) n'empêche pas le caractère "franc et fraternel".
LA CRITIQUE DE JOËL RICHERD
D’abord, bravo d’oser relancer le débat (qui de fait ne s’est jamais tari). Et bravo de le faire de manière brillante et sympathique. De mon humble point de vue, c’est ce que j’ai lu de mieux depuis longtemps comme écrit « charismatique » sur la question.
Ensuite, un immense oui pour l’écoute mutuelle (j’essaie de pratiquer cette écoute à l’intérieur de moi-même aussi car je suis un ancien pentecôtiste qui a pas mal bourlingué dans des milieux charismatiques divers). A propos, et toi ? Quel rôle joue ton expérience dans ta théologie ?
Sur la question du respect, elle mérite d’être précisée ; j’ai du respect pour mes frères d’autres persuasions, mais pour leurs idées, c’est selon. Je veux en tout cas les considérer attentivement (c’est peut-être du respect) et débattre s’il le faut, sans animosité (c’est peut-être aussi du respect). Quant aux attitudes, il y a des attitudes de supériorité ou d’exclusion que je ne souhaite pas vraiment respecter ; j’en dirai un mot à la fin.
Alors, j’ose tenter une réponse ; ça te permettra de dire si tu as l’impression d’avoir été écouté, compris, et de re-débattre à ton tour. J’espère que malgré la polémique, j’arriverai à garder le ton qui convient à un dialogue vraiment fraternel. Je dis j’espère, parce que, dans nos milieux évangéliques qui n’ont guère l’habitude du débat, le simple fait de débattre est souvent vécu de part et d’autre comme désagréable et agressif. On y va !
1) Un premier mot sur les (supposées) faiblesses des deux positions
Tu as l’air de te présenter en arbitre non partisan de deux positions à peu près équivalentes en respectabilité exégétique et théologique (cf. ton introduction). Or, tu es très critique vis-à-vis de « La réponse non-charismatique », alors que tu donnes visiblement ton accord à « La réponse charismatique » qui te semble trancher nettement la question. Même si à la fin, tu parles des faiblesses de ta position (p. 13, col. 2), on ne voit nulle part un endroit où tu les reconnaisse précisément ; on trouve...
Cet article est réservé à nos abonnés
Commandez votre exemplaire ou abonnez-vous pour
poursuivre votre lecture !